Grand Rodez : 3 mois après son ouverture, l’audacieux pari du musée Soulages est en bonne voie

Le musée Soulages à Rodez est une longue histoire ! Entre l’inauguration du musée en mai 2014 et les premières approches entre l’artiste-peintre Pierre Soulages et Marc Censi, maire de Rodez et président de l’agglomération du Grand Rodez, plus d’une décennie s’est écoulée. Il fallait en effet convaincre Pierre Soulages, au premier abord peut enclin à voir un musée porter son nom. Ce n’est qu’aux termes de nombreuses années de discussions et de rapports de confiance entre l’artiste et l’ancien maire de Rodez que le projet a pris corps, lentement mais sûrement. La patience de l’ancien maire a finalement porté ses fruits et le projet a pu aboutir.

Sans ce long travail préalable, jamais le musée Soulages n’aurait pu voir le jour. Le mérite en revient d’autant plus à Marc Censi que le projet était fortement critiqué ; la plupart des élus d’alors ne voyaient dans ce projet qu’un investissement de prestige qui serait un véritable gouffre financier.

Si l’ancien maire de Rodez tenait plus que tout à l’aboutissement de ce projet, c’est avant tout en raison de l’opportunité qu’il présentait sur un plan touristique et économique. S’il ne fait aucun doute que les retombées d’un musée national dans une agglomération de 60 000 habitants constituent une chance pour la ville, elles n’en sont pas moins difficiles à évaluer tant les paramètres sont nombreux et complexes. Toujours est-il que Marc Censi, le visionnaire, a eu du flair et cela personne ne peut le contester. Il a su convaincre un artiste ruthénois de renommée internationale (même si inconnu des aveyronnais jusqu’alors) très attaché à sa ville natale en construisant patiemment un projet culturel de haut niveau pour renforcer l’attractivité de sa ville et développer un véritable pôle touristico-économique.

Il ne fait aujourd’hui guère de doute que dans les années à venir, le musée Soulages donnera tort aux plus sceptiques et confirmera le succès enregistré dés les premiers mois. Au fil des ans, le musée Soulages devrait s’avérer un formidable outil de développement économique et un gisement d’emplois indirects durables. Et ce n’est pas l’actuel maire de Rodez qui s’en plaindra, lui qui était pourtant au départ, peu enthousiaste pour le projet. Quoi qu’il en soit, il a eu le mérite de porter le projet à son terme. Ce qui, au final, est le plus important.

Construit sous le forme de 5 cubes en acier Corten par le jeune cabinet d’architectes catalans RCR Arquitecte (Ramon Vilalta, Carme Pigem et Rafael Aranda), son architecture originale et innovante constitue à elle seule une attraction par son intégration parfaite dans la pente du jardin du foirail. Au total, l’ensemble représente une superficie de 6 000 m2. Le musée est mis en scène par le talentueux conservateur en chef du musée : Benoît Decron qui a réalisé un travail remarquable de mise en valeur des œuvres de Pierre Soulages. L’une des ailes du musée abrite le nouveau « Café Bras », une brasserie gastronomique qui a ouvert ses portes à l’initiative de Michel et Sébastien Bras, les célèbres chefs étoilés de Laguiole (3 étoiles au guide Michelin).

Le coût total du musée s’établit à 22 millions d’euros hors-taxe, auquel il fait ajouter 3 millions pour le jardin public attenant. La communauté d’agglomération du Grand Rodez a financé le musée à hauteur de 12 millions et les 10 autres millions par l’Etat, la région Midi-Pyrénées et le Conseil général de l’Aveyron. Pour faire vivre le musée, le budget de fonctionnement prévu pour le seul musée Soulages est de l’ordre de 1,5 millions d’euros.

Le musée Soulages s’inscrit au sein du pôle muséal du Grand Rodez qui regroupe les deux autres musées existants : les musées Fenailles (statues-menhirs) et Denys Puech (beaux-arts). A noter que le prix d’entrée de 7 € seulement est valable pour l’ensemble des 3 musées ; un tarif imbattable qu’il conviendra probablement de revoir à la hausse. Le budget prévisionnel de fonctionnement du pôle muséal (incluant les 3 musées) a été fixé à 2 millions d’euros, mais pourrait bien s’avérer sensiblement supérieur. Au total, prés d’une quarantaine de personnes sont employées par les musées ruthénois en pleine saison.

Le musée Soulages a été inauguré le 30 mai 2014. A la surprise générale, les prévisions de fréquentation les plus optimistes sont en passe d’être largement dépassées. Benoît Decron, le conservateur en chef du musée Soulages tablait sur 150 000 visiteurs la première année. Or, à fin août, en à peine trois mois seulement, les 100 000 visiteurs auraient été atteints (1 200 entrées en moyenne par jour). Même si certains ont bénéficié d’une entrée gratuite, il faut bien l’avouer, la fréquentation est exceptionnelle et plus qu’encourageante pour l’avenir du musée, même s’il faudra attendre quelques années pour y voir un peu plus clair.

Il suffit d’avoir arpenté le centre-ville de Rodez cet été pour constater l’importance de la fréquentation touristique française et internationale. Jamais la ville n’avait connu pareille affluence et ce sans discontinuer. S’il est vrai que les conditions météo exécrables y ont contribué, les retombées sont inespérées et ce n’est pas les commerçants du centre-ville qui vont se plaindre, notamment du côté des cafés-bar-brasseries et autres hôtels et restaurants qui ont connu une belle affluence, preuve s’il en est de l’attractivité du musée Soulages.

Manifestement, Rodez est en passe de devenir une ville-étape incontournable dans le domaine culturel en France. Autre satisfaction, prés de la moitié des visiteurs sont originaires de la région Midi-Pyrénées ; le reste se répartissant entre le reste de la France et les visiteurs étrangers.

Si certains étaient sceptiques au départ, il ne fait aujourd’hui aucun doute que le musée Soulages participe activement à l’attractivité du Grand Rodez et au développement de l’industrie touristique régionale. Reste maintenant aux élus ruthénois à transformer l’essai et à terminer au plus vite le réaménagement du centre-ville qui en a bien besoin, que ce soit du côté de la rue Béteille, de la place de la Cité, de la place et du parking Foch ou du quartier Combarel. Il y a urgence à transformer l’essai pour faire de Rodez un pôle touristique et culturel incontournable en favorisant les longs séjours dans notre région.

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