La France qui pleure et l’Allemagne qui rit !

Comme chacun s’y attendait, en ce début septembre 2014, le gouvernement socialiste de Manuel Valls a finalement reconnu que la France, contrairement à ses engagements, n’attendrait pas ses objectifs de réduction des déficits publics à 3% du PIB en 2015. Au final, les déficits publics devraient se situer à 4.4% du PIB en 2014 et 4.3% en 2015, soit très au dessous des objectifs prévus. Déjà, certains élus socialistes et même ministres doutent sérieusement que cet objectif puisse être atteint. C’est dire l’état de notre pays.

Rappelons que la France, pays fondateur de l’UE et membre de la zone euro, s’était engagée voici plusieurs années déjà à contenir ses déficits publics à moins de 3% du PIB dés 2013 et à terme, de retourner à l’équilibre de ses comptes publics. Par manque de volonté, incapable de procéder aux indispensables réformes de structures et à réduire drastiquement ses dépenses publiques, aujourd’hui sans croissance, les finances publiques de la France sont aujourd’hui au plus mal et la France ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Combien de temps va-t-elle pouvoir tenir sans engager les réformes indispensables que la plupart des pays de la zone euro ont engagées depuis plusieurs années, volontairement ou par la force des choses ?

Difficile de le dire ! Une chose est certaine, la France est aujourd’hui l’enfant malade de l’Europe et tend à entraîner les autres pays dans la spirale de la décroissance et de la désinflation. Tout cela parce que les dirigeants socialistes français ont feint d’ignorer l’importance de la crise de 2008/2009 et refusé de s’engager dans une politique de rigueur budgétaire comme l’ont fait la plupart des pays de la zone euro, préférant céder à la facilité de l’augmentation des impôts à la réduction des dépenses publiques.

Alors qu’à l’image du président Hollande (PS), la France pleure, nos amis allemands rient.

L’Allemagne, dirigée de main de fer par la chancelière Angela Merkel (CDU-CSU) récolte les fruits d’une saine gestion des finances publiques qui ont dopé l’économie du pays depuis prés de 10 ans. Le grand mérite, il faut le dire, en revient au chancelier Gerhard Schröder (SPD) qui avait engagé d’importantes réformes de structures dans son pays dés 2003 pendant que la France, dirigée par le socialiste Lionel Jospin, regardait passer le train des réformes, sans la moindre réaction et réfléchissait à la manière de dépenser sa petite cagnotte.

Pendant que l’Allemagne s’imposait un régime de choc pour retrouver la compétitivité, la France jouait la cigale. Les résultats sont aujourd’hui à la hauteur des sacrifices consentis par les allemands.

En 2015, l’Allemagne devrait dépenser 300 milliards d’euros pour son fonctionnement et collecter en même temps 300 milliards d’euros de recettes. L’équilibre parfait du budget qui lui permettra de cesser d’émettre, pour la première fois depuis 1969, de nouvelles dettes. Ce que préconisait d’ailleurs la fameuse règle d’or adoptée par la plupart des pays de la zone euro, dont la France. Cette performance est d’autant plus méritoire que l’Allemagne a encaissé l’énorme coût de la réunification ; ce qui n’est pas le cas de la France.

RodezNews ne résiste pas à rappeler quelques extraits du récents discours de Wolfgang Schäuble, le respecté ministre allemand des finances, devant le Bundestag qui traduisent bien la détermination allemande faite de rigueur et de bon sens face à l’ampleur du mal français.

« C’est une erreur de penser qu’un relâchement de la discipline budgétaire peut générer de la croissance. Nous avons prouvé ces dernières années qu’une politique budgétaire solide était la meilleure politique pour la croissance et l’emploi. Et nous ne dévierons pas de notre chemin ! »

Et d’expliquer, en pendant probablement à la France : « Tabler sur la politique de la BCE ne suffira pas à créer de la croissance et de l’emploi. L’abondance de liquidités ne se traduira par l’investissement et la croissance que si les européens innovent et s’attaquent aux réformes structurelles, le tout dans le respect des principes budgétaires en vigueur. On ne crée pas de la croissance avec de l’argent public…  Ce n’est pas une forme d’obstination ou d’orgueil, mais simplement une condition nécessaire à la stabilité de notre monnaie commune. Faire ce que l’on dit, tenir ses promesses, cela implique aussi de s’en tenir aux règles européennes. Tout le monde devrait s’en tenir aux règles européennes car nous les avons décidées ensemble… »

Ces prescriptions, l’Allemagne entend continuer à les respecter scrupuleusement en maintenant son budget en équilibre au moins jusqu’en 2020. A cette date, espérons que la France aura réussi à limiter ses déficits à 3% du PIB. Mieux vaut tard que jamais en attendant l’équilibre budgétaire. Ce qui n’est pas gagné côté français au train où vont les choses. Ah, si Wolfgang Schäuble était à tête des finances dans notre pays, nous n’en serions pas là aujourd’hui !

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