France : Gouvernement Valls II – Véritable virage social-libéral ou simple poudre aux yeux ?

Quelques jours avant sa nomination au ministère de l’économie et de l’industrie, dans une interview au magazine Le Point, Emmanuel Macron l’ancien conseiller de M. Hollande avait préconisé d’« autoriser les entreprises et les branches à déroger aux règles de temps de travail et de rémunération… dans le cadre d’accords majoritaires » avec les syndicats. Ses propos laissaient ainsi entendre qu’il était favorable à la suppression progressive des 35 heures mises en place voici plus d’une décennie par le gouvernement socialiste de M. Jospin. Hélas, fausse alerte, il n’en est rien !

Ces propos ont aussitôt attiré les foudres du Premier ministre, mais aussi des leaders socialistes et des syndicats. Matignon s’était empressé de calmer le jeu et de rappeler qu’Emmanuel Macron s’était exprimé « avant sa nomination et à titre personnel » et assurait que « le gouvernement n’avait pas la moindre intention de revenir sur la durée légale du travail à 35 heures ». Fausse alerte !

Bien étrange attitude alors que l’on sait depuis longtemps que les 35 h ont pénalisé lourdement la compétitivité des entreprises sans pour autant créer d’emplois. La preuve : la France a aujourd’hui l’économie la moins compétitive des grands pays développés et son taux de chômage y est le plus élevé. Et pourtant, les socialistes, enfermés dans leurs dogmes, refusent de faire marché arrière.

Malgré les réprobations des socialistes, quelques jours plus tard devant les adhérents du Medef, le Premier ministre a pourtant semblé sur la même longueur d’onde que son ministre en tenant un discours très favorable aux entreprises. Duperie, double langage… Va savoir avec les socialistes ?

Comment ne pas s’interroger sur le prétendu virage social-libéral des socialistes français qui, par delà les discours, font montre d’un conservatisme pur et dur lorsqu’il s’agit de libérer l’économie et de la rendre plus efficace et concurrentielle. Une fois encore, il y a un monde entre les discours et les réalités.

Tout récemment, c’est le ministre du Travail, François Rebsamen qui a affirmé sur la chaîne d’information iTélé : « La nécessité de renforcer les contrôles des chômeurs pour vérifier qu’ils cherchent bien en emploi » en rappelant fort justement que 350 000 emplois sont actuellement non pourvus. Ces propos de bon sens qui ne font pourtant que rappeler une règle de base, à savoir que toute prestation versée de quelque nature que ce soit, doit faire l’objet d’un contrôle pour s’assurer de son bien fondé, ont provoqué un véritable tollé à gauche et chez les syndicats.

A croire que la lutte contre la fraude en matière de chômage ou de prestations sociales, serait inacceptable alors qu’elle serait bienvenue en matière fiscale. Ce qui prouve à quel point notre pays est malade et à besoin de profondes réformes de structures de son système d’aides sociales où la fraude est de plus en plus importante et coûte excessivement cher aux entreprises et aux quelques 48% de contribuables qui voient leur impôt sur le revenu augmenter régulièrement. Combien de temps va-t-on devoir payer sans rien dire ?

Dans ces conditions, affirmer que les propos du ministre du Travail stigmatisaient les chômeurs est tout simplement grotesque et révèle de l’escroquerie pure et simple. Même le prétendu réformiste leader de la CFDT y est allé de son couplet digne des leaders de l’extrême-gauche, se disant : « atterré par des propos scandaleux et stigmatisants pour les chômeurs ». Vous avez dit « syndicat réformiste » ?

N’est-t-il pas normal que dans un Etat de droit, des contrôles rigoureux soient effectués y compris en ce qui concerne l’attribution des prestations sociales dont la forte croissance est largement responsable de nos déficits publics ? Est-il normal d’accorder des prestations sans véritable contrôle ? Est-il normal d’indemniser aussi longtemps et sur des bases aussi importantes les chômeurs alors que de beaucoup d’offres d’emplois ne sont pas pourvues et que nombre d’entre eux travaillent régulièrement au noir ? Ne devrait-on pas revenir, comme dans la plupart des pays de l’Union européenne, vers une durée d’indemnisation de l’ordre de 6 mois avec plafonnement des prestations ?

Les socialistes français sont encore loin du virage social-libéral que certains voudrait voir dans le gouvernement Valls II. Pourquoi continuent-ils à tromper les français en leur laissant croire que le pays pourra continuer à distribuer gracieusement et sans le moindre contrôle des dizaines de milliards d’euros d’aides et de prestations sociales alors que les déficits publics et la dette explosent, que la croissance chute et que le chômage atteint des sommets ? Jusqu’où quand va-t-on cacher la réalité aux français ?

Que cela plaise ou non, les français ne pourront longtemps continuer à se comporter en cigales et vont devoir tôt ou tard passer à la caisse. Eh oui, elles sont vides ! Rappelons au passage que l’Union européenne n’est en rien responsable des problèmes budgétaires et du manque de compétitivité de la France qui vit depuis longtemps au dessus de ses moyens ; bien au contraire, si la France avait suivi ses recommandations, nous n’en serions pas là.

Si les français veulent préserver leurs acquis et leur avenir, ils vont devoir faire des sacrifices. Plus la France attendra, plus l’addition sera lourde et longue à résorber.

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