Rodez : Un début d’année franchement mauvais pour le commerce en centre-ville

Les aveyronnais et visiteurs qui se rendent régulièrement en centre-ville ces derniers mois ne peuvent que constater une bien triste réalité : le commerce ne s’y est jamais aussi mal porté.

Depuis la fin de l’année 2013, un nombre important de commerces et non des moindres, ont mis la clef sous la porte (prés d’une quarantaine pour le seul hyper-centre). Pour l’essentiel, il s’agit d’arrêt d’activité et de fermetures définitives, et non de simples cessations d’activité ou transferts d’établissement.

Pourtant pas très nombreuses, c’est l’ensemble des rues piétonnes de l’hyper-centre sont lourdement touchées. Il y a bien sûr la rue du Bal, bien mal en point ces dernières années où une dizaine de commerces ont fermé, mais aussi les rues piétonnes les plus centrales telles la place du Bourg, la rue Neuve, la rue du Touat, la rue de Bonald pour ne citer que les principales. Cette évolution n’est pas sans inquiéter l’association Corum qui fédère les commerçants ruthénois.

Dans le même sens, le tribunal de commerce de Rodez confirme l’augmentation du nombre de fermetures, et notamment des procédures collectives qui traduisent l’ampleur des difficultés que rencontrent les commerces du centre-ville. Même si Rodez n’est pas la seule ville à connaître une telle évolution, cette disparition des petits commerces de proximité demeure très inquiétante pour l’avenir.

Les commerces du centre-ville ont nécessairement été impactés par le fort développement des zones commerciales qui ont connu un essor considérable ces dernières années, notamment sur les communes d’Onet-le-Château et Sébazac-Concourés. Une part importante de la clientèle a été captée durablement par ces nouvelles zones commerciales au détriment du centre-ville.

Le nombre important de fermetures de commerces traduisent indiscutablement le manque d’attractivité du centre-ville, même si cette réalité déplaît à M. Teyssèdre, le maire de Rodez. S’il est vrai que certains commerçants peuvent avoir quelques responsabilités en ce domaine (manque de dynamisme, horaires, prix, accueil…), il est indéniable que l’actuelle municipalité porte sa part dans cette évolution.

En premier lieu, la municipalité n’a pas su trouver la formule idoine qui aurait permis de faciliter le stationnement en hyper-centre, en proposant des tarifs suffisamment attractifs pour les automobilistes. Ensuite, la circulation telle qu’elle est aujourd’hui organisée en centre-ville ne permet pas d’irriguer correctement l’hyper-centre. Et ne parlons pas de la situation désastreuse du parking souterrain Foch, le plus proche de l’hyper-centre, aujourd’hui inadapté et en très mauvais état, à tel point que la sécurité et la propreté y sont aujourd’hui en cause. Une bien mauvaise image pour les visiteurs du centre-ville.

L’actuelle municipalité socialiste porte une lourde responsabilité dans le manque d’attractivité du centre-ville, sans parler des augmentations d’impôt et notamment de la CFE qui ont contribué à fragiliser certaines entreprises. Rappelons que lorsqu’il était encore dans l’opposition (jusqu’en 2008), M. Teyssèdre ne manquait pas une occasion de reprocher à l’ancien municipalité le peu de dynamisme et d’attractivité de ce même centre-ville. Force est de constater qu’après 6 ans de gestion socialiste, la situation du centre-ville de Rodez n’a fait qu’empirer et se dégrader pour atteindre aujourd’hui un seuil hautement critique.

Alors que les grands travaux de rénovation du centre-ville devaient être engagés dés 2008, l’actuelle municipalité a laissé à l’abandon la place de la Cité et l’Îlot Bonald, tout comme la place Foch et le parking souterrain qui constituaient pourtant des chantiers prioritaires pour rendre le centre-ville plus agréable et attractif. De la même manière, la rue Béteille, voie majeure pour accéder en centre-ville, est toujours dans un état lamentable. Un peu plus loin, le plateau Combarel qui devait relier le centre ancien aux nouveaux quartiers du Foirail et de Bourran (les travaux devaient démarrer en 2010), est toujours à l’état de friche à quelles dizaines de mètres du nouveau musée Soulages. Pour l’attractivité, on fait mieux !

La municipalité socialiste a, par contre, dépensé sans compter pour des équipements lourds qui n’apportent pourtant pas grand-chose à l’hyper-centre : la salle des fêtes, le multiplexe de cinéma et même la place d’Armes, rénovée à grands frais pour un résultat jugé globalement négatif, sauf pour les automobilistes.

Malgré cela, la première adjointe de la ville de Rodez persiste à se dire résolument optimiste. Pour elle, le commerce en centre-ville n’est pas perdu à condition d’ « évoluer et de savoir prendre le virage ». Cette dernière va même jusqu’à considérer que la ville de Rodez et l’agglomération ont « enclenché la redynamisation du centre-ville avec le multiplexe et le musée Soulages ». On peut toujours rêver ! Au fait, n’était-ce pas l’actuel maire de Rodez qui lors de la campagne de 2008 avait promis l’arrivée d’enseignes « locomotives » en centre-ville du type « H&m, et c… » ?

Si personne ne conteste les chantiers réalisés ces dernières années, pas sûr que cela soit de nature à revitaliser le centre-ville. En effet, les retombées du cinéma sur le centre-ville restent à démontrer et pour ce qui est du musée Soulages, il faut bien reconnaître que le pari de retenir les visiteurs sur la ville et aux alentours n’est pas gagné. Outre le fait que l’aménagement du centre-ville visant à l’embellir n’a pas été réalisé (place de la Cité, place Foch et parking, rue Béteille, îlot Combarel, Palais des congrés…), les retombées touristiques tant attendues ne seront au rendez-vous que si le centre-ville est aménagé avec soin et si au plan commercial, il existe un ensemble d’enseignes commerciales susceptibles de proposer une offre suffisamment attractive et variée.

En d’autres termes, aux côtés des commerçants, plutôt que de gesticuler comme à l’accoutumée, les élus socialistes de Rodez seraient mieux inspirés de faire leur travail pour améliorer l’attractivité du centre-ville aujourd’hui exsangue.

2 commentaires pour Rodez : Un début d’année franchement mauvais pour le commerce en centre-ville

  1. Merci pour cet article. Chez nous, à Albi, le problème est autre. Il y a certes de nombreux fonds de commerce vides (10%), mais le plus inquiétant est la part outrancière occupée par les boutiques de vêtements (40%) au détriment de l’alimentaire (6% à peine, marché couvert compris)!
    La politique municipale, axée sur le tourisme, y est pour beaucoup, à laquelle il faut ajouter la concurrence déloyale des zones commerciales périphériques (4 à Albi!).
    Plus d’infos en cartes ici :
    https://albicentreville.wordpress.com/les-cartes/

    • Rodez News dit :

      Pour la bonne compréhension, il doit être précisé que l’article relatif à Rodez auquel vous faites référence, date de mai 2014, soit prés de 2 ans déjà. L’article se voulait alarmiste car effectivement ces dernières années, la situation du centre-ville s’était fortement dégradée (fermeture de nombreuses boutiques avec un taux de vacance de prés de 17%, fréquentation en baisse…).
      Fort heureusement, cette situation s’est améliorée à partir de l’été 2014 où le centre-ville de Rodez a connu une fréquentation record, très probablement due à l’effet d’ouverture du nouveau musée Soulages.
      Ce dernier a en effet connu une fréquentation record de prés de 250 000 visiteurs la première année ; fréquentation qui se poursuit et qui promet d’être encore forte cette année.
      D’ailleurs, début 2016, selon les chiffres de la ville de Rodez, le taux de vacance des commerces serait retombé aux alentours de 8% ; ce qui n’est pas si mal sachant que la moyenne en centre-ville comparable est de l’ordre de 10%. Effectivement, on peut toutefois regretter le peu de commerces de bouche et le grand nombre de magasins d’habillement comme un peu partout ailleurs ! Enfin, le centre-ville de Rodez n’échappe pas à l’explosion des centres commerciaux en périphéries comme partout en France, notamment au nord de l’agglomération avec les importantes zones commerciales du Comtal sur les communes de Sébazac-Concourés et Onet-le-Château qui sont encore en cours d’extension…
      Même si la fréquentation du centre-ville en ce début d’année reste modérée, on peut penser que 2016 connaitra à nouveau une bonne évolution.
      Pour autant, il est primordial de conforter l’attractivité du centre-ville de Rodez en renforçant sa partie piétonne (réaménagement de la place de la Cité, pourtour de la cathédrale…) tout en intégrant au mieux le projet de futur hôtel 5 étoiles du Palais épiscopal.
      Le centre-ville de Rodez, comme celui d’Albi, a encore de belles cartes à jouer même si Albi à l’avantage considérable d’avoir été classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

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