Rodez : L’opposition sur tous les fronts lors de la dernière réunion du Conseil municipal (1)

Le dernier conseil municipal de Rodez du 11 juin dernier était principalement consacré à l’approbation du compte administratif 2013 (budget principal et annexes) ainsi qu’au budget supplémentaire 2014.

L’opposition s’insurge contre le manque de respect de ses droits

L’opposition a commencé par dénoncer le fait que certains comptes-rendus de conseils municipaux ne reflétaient pas l’exactitude des débats et des votes qui s’en étaient suivis. Le maire s’est engagé à faire rectifier les documents en question et à veiller à ce qu’à l’avenir, soient retranscrits au plus juste les débats et les résultats des votes.

Un long débat s’est instauré sur la notion de « vote à l’unanimité ». M. Teyssèdre considérant pour sa part que les abstentions n’avaient pas à être prises en comptes ; ce qui dans ce cas permettrait d’affirmer qu’il y avait vote à l’unanimité. Plutôt que de porter la mention équivoque « vote à l’unanimité », y compris lorsque l’opposition s’est abstenue, les membres de l’opposition ont manifesté leur souhait d’une mention claire, et moins équivoque pour relater les votes, en indiquant distinctement les votes « pour », « contre » et les « abstentions », comme cela se pratique dans la plupart des collectivités. Sera-t-elle entendue ?

La majorité socialiste redouterait-elle à ce point de faire apparaître clairement l’existence d’une opposition municipale à Rodez depuis mars 2014 ? Ce ne sont pas les ruthénois qui s’en plaindront après 6 ans de relative discrétion de celle-ci.

M. le maire de Rodez semble avoir oublié que le rôle de l’opposition, par nature, c’est de s’opposer à la majorité lorsque cela est nécessaire pour défendre les intérêts de la ville. A-t-il oublié ses interventions et attaques virulentes et incessantes à l’encontre de la majorité municipale lorsqu‘il était lui-même dans l’opposition ? A l’entendre, il semble que oui !

Au final, le conseil s’est quelque peu enlisé dans des débats sans fin, pour le moins houleux sur des sujets pour le moins marginaux. Ainsi, les débats sur le règlement intérieur, approuvé en commission, a généré d’âpres discussions sur nombre de points. Au final, en l’état, les oppositions ont voté contre celui-ci dans la mesure où la minorité n’a pas été entendue sur nombre de ses demandes.

Liberté de la presse et prise en charge des frais de procédure engagés par le maire

Le débat s’est fortement animé quand fut abordée la délibération demandant aux élus de donner leur accord en vue de la prise en charge par la ville de Rodez des frais de procédure engagés par le maire de Rodez contre un journal local pour des propos jugés diffamatoires.

Il s’agit d’un article publié par le Petit Journal pendant la campagne électorale des municipales 2014, qui visait M. Christian Teyssèdre en particulier. Cet article qui s’inscrivait dans le cadre de la campagne, ne mettait nullement en cause la ville ou ses élus en particuliers. Pour les élus d’opposition, cette délibération visant à faire supporter par la ville les frais de procédure engagés par le maire à titre personnel n’avait aucune raison d’être, s’agissant ici d’une affaire strictement personnelle. L’opposition a massivement voté contre.

Ce débat fût aussi l’occasion de revenir sur la liberté de la presse en général, en rappelant la loi du 29 juillet 1881 qui définit les libertés et les responsabilités de la presse. L’opposition n’a pas manqué de rappeler que M. Teyssèdre, depuis qu’il est maire de Rodez et à plusieurs reprises semble-t-il, aurait menacé de poursuivre certains journalistes ou journaux. Il y a quelques mois, n’a-t-il pas été jusqu’à exiger de certaines distributeurs de presse ruthénois d’enlever des affiches de journaux annonçant des publications le concernant ?

Manifestement, lorsque la presse ne lui est pas favorable ou le dérange (ce qui est plutôt rare, il faut bien le reconnaître), le recours à la justice ou la simple menace de la saisir est une forme de pression et d’atteinte à la liberté de la presse. Est-ce bien digne d’un élu ?.

Quand l’augmentation de 56% de la dette passe à la trappe du débat sur le compte administratif 2013

Autre épisode « chaud » de ce conseil municipal, celui de la présentation du compte administratif 2013 et du budget supplémentaire 2014. Ici aussi, le discours habituel a été servi aux membres du conseil municipal : rassurez-vous, tout va bien ; la ville est la mieux gérée de France, rien moins que çà !. S’il est vrai que certains ratios de gestion sont plutôt satisfaisants, ce n’est hélas pas le cas de tous, loin de là !

Outre, certaines dépenses de fonctionnement qui ne paraissent pas totalement maîtrisées, comment ne pas être abasourdi par le fait que l’évolution de la dette, qui constitue pourtant un critère de bonne et saine gestion ô combien important pour une collectivité, n’ait tout simplement pas été évoquée dans cette longue présentation ? C’est dire le parti pris et le manque d’objectivité manifeste dans la présentation des comptes en général, surtout de la part du maire. Celui-ci aurait-il honte à ce point de cette dégradation pour ne pas oser assumer la forte augmentation de la dette de Rodez depuis son arrivée aux affaires ?

Comme cela été dénoncé durant la dernière campagne électorale, Yves Censi pour le groupe d’opposition de la droite et du centre a rappelé que la dette officielle consolidée de la commune au 31/12/2013 (budget principal + annexes tels qu’elle figure au compte administratif), s’établissait à 32,775 millions d’euros contre seulement 20,800 millions d’euros au 31/12/2007. En d’autres termes, en un seul mandat, et principalement depuis 2012, la dette de Rodez a donc bel et bien augmenté de 12 millions d’euros, soit de 56% environ. Cette réalité là est incontournable.

Pour sa défense, le maire de Rodez est reparti sur sa litanie habituelle rappelant qu’il s’agit d’une dette uniquement liée aux investissements, que c’est l’une des villes les mieux gérées de France. Pour lui, cette dette serait en réalité insignifiante et celle relative au budget annexe « parcs de stationnement » de 6 millions ne compte pas…Voilà une singulière façon de présenter les comptes !

Après avoir affirmé durant des années que la dette n’avait pas augmenté durant son mandat, difficile de passer sous silence cette vérité cruelle qui est l’augmentation de 56% de la dette en 6 ans.

(à suivre)

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