France : Discrédité, inexistant et à bout de souffle, à quoi sert Hollande ?

A l’occasion du deuxième anniversaire de son élection à la présidence de la République, François Hollande avait récemment accordé une interview à une chaîne d’information en continu. Or, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas enchanté les foules. Bon nombre de grands médias n’en ont même pas parlé, et pour cause. En dépit de l’ampleur des sujets (déficits publics, chômage, croissance en berne, Europe, Ukraine…), la nouvelle a été que le chef de l’Etat envisageait de reporter les élections régionales prévues au printemps 2015, prétextant des difficultés dans la mise en place de la réforme en cours.

Une déclaration qui prête à sourire lorsque l’on sait qu’à peine parvenu au pouvoir en 2012, M. Hollande s’était empressé d’annuler la réforme réalisée en 2010 par ses prédécesseurs, visant à rapprocher les départements des régions en vue de leur fusion à terme. A la place, à la va-vite et sans réelle concertation, son gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme des départements en les renforçant par un redécoupage total des cantons. Deux ans plus tard, le nouveau gouvernement nommé en avril dernier, a stoppé cette réforme absurde et proposé de supprimer purement et simplement les départements qui seraient dorénavant intégrés dans des régions élargies, dont le nombre, pour l’occasion, serait réduit de moitié. Quelle cacophonie et quel gâchis ! Pourquoi avoir annulé la réforme prévue par le gouvernement de M. Fillon qui prévoyait de supprimer en douceur les départements, sans que cela pose de réelles oppositions, pour une nouvelle réforme qui va nécessairement se heurter à de nombreuses résistances ?

Voilà la méthode Hollande : raser par principe et par idéologie tout ce qui a été fait au cours de la présidence de Nicolas Sarkozy. Résultat, aujourd’hui, la France revient à la case départ dans sa réforme des collectivités territoriales au risque de nombreux blocages. Tout d’abord, la suppression pure et simple des départements nécessite une réforme constitutionnelle. Alors que rarement un gouvernement aura disposé d’une si courte majorité en raison de ses divergences internes, ce n’est assurément pas demain la veille que la réforme va être engagée.

En fin tacticien, à défaut d’être un gestionnaire avisé et clairvoyant, alors qu’il vient de rencontrer le plus grand revers électoral depuis plus de 30 ans lors du dernier scrutin municipal, voilà que Hollande suggère de différer les élections régionales de mars 2015, histoire probablement d’éviter une nouvelle déroute électorale. Et tant pis si les réformes importantes doivent attendre de longues années supplémentaires.

Voilà le vrai Hollande : beaucoup de gesticulations, de promesses et autres manipulations, mais surtout ne rien faire de peur de la contestation. Le verdict des français est aujourd’hui sans appel. Avec seulement moins de 18% des français qui lui font encore confiance (jamais dans l’histoire un président n’était descendu si bas – Mitterrand en 1995 n’était descendu qu’à 33% et Chirac à 36% quelques années plus tard), qu’a-t-il pourtant à craindre ? Pas grand chose et pourtant le statu quo persiste au plus haut niveau de l’Etat pour le plus grand drame de la France.

Preuve de ce désamour croissant pour Hollande, lors de la cérémonie commémorative du 8 mai 1945 sur les Champs-Elysées à Paris, le public très présent sous Nicolas Sarkozy, était totalement absent. Ce qui est souvent le cas lors de ses déplacements, y compris dans des fiefs socialistes comme récemment à Carmaux, la patrie de Jean-Jaurés. Un comble ! Ce qui en dit long sur le désenchantement des français alors que le pays doit aujourd’hui engager des réformes importantes pour préserver son avenir et les générations futures. Difficile d’être crédible et de réformer dans un tel contexte.

En matière budgétaire, après que le gouvernement socialiste ait sollicité en 2012 un délai supplémentaire de deux ans auprès de la Commission européenne pour atteindre l’objectif fixé pour ramener les déficits publics à moins de 3% du PIB, la France est aujourd’hui au pied du mur. Selon de nombreux experts et de l’avis même de la Commission, la France ne sera probablement pas en mesure de respecter cet objectif pour l’année 2015, notamment en raison d’une croissance bien faible que prévue.

Alors que la France ne s’était pas trop mal sortie de la grave crise financière et budgétaire de 2008 et 2009 et qu’elle semblait en passe d’atteindre ses objectifs en matière de déficits publics, l’arrivée de Hollande à la présidence a tout remis en cause. Aujourd’hui, la plupart des pays européens, y compris du sud, s’inquiètent des dérives françaises et de l’absence d’engagement de réelles réformes structurelles. Eh oui, du courage il en faut et ce n’est manifestement pas le fort du chef de l’Etat français et de certains de ses amis socialistes !

Nos amis allemands, bien que discrets par politesse, sont aussi très inquiets concernant notre pays. C’est dans ce contexte, qu’en dépit de relations quasi-inexistantes au plus haut sommet des deux Etats depuis le départ de Nicolas Sarkozy, la chancelière Angela Merkel s’est sentie obligée de faire un pas vers le président de la République française en l’invitant pour une visite privée dans son fief électoral en ce début mai. C’est dire le piètre état des relations franco-allemandes qui sont pourtant indispensables à la construction européenne. Aujourd’hui, la France est politiquement et économiquement à la traîne face à une Allemagne dominante. Pas sûr que sur les bords de la mer baltique, M. Hollande et son pédalo, se soit montré à la hauteur des ambitions de Mme Merkel avec son gros hors-bord surpuissant !

Le couple franco-allemand, jadis moteur de l’Europe, est aujourd’hui aux abonnés absents alors que l’Union européenne doit faire face à d’importants défis : négociations commerciales Europe/USA, élections européennes et désignation de la Commission, conflit Ukrainien, relations avec la Russie… L’Union européenne donne l’impression d’être un bateau ivre qui ne cesse de voguer d’une urgence à l’autre, sans direction et priorité, en se contentant de colmater les brèches apparaissant ici et là. Une dérive pour le moins inquiétante pour l’ensemble des européens dont la France est la principale responsable.

Plutôt que de vouloir s’occuper de dossiers qui ne relèvent pas de la compétence de l’Etat (SFR, Alstom…), Hollande et son gouvernement seraient mieux inspirés de se concentrer sur les importants problèmes que doit affronter notre pays : réduction massive des dépenses publiques et de la dette, engagement des réformes de structures attendues, allègement de la fiscalité et des charges sociales pesant sur les entreprises…

Après deux ans de gestion Hollande et de nombreuses promesses non tenues, la France n’a jamais été dans un si mauvais état de découragement et de désenchantement. Il appartient au chef de l’Etat et au gouvernement d’engager les réformes indispensables pour redonner confiance aux français avant que tous ne quittent le navire de peur qu’il coule.

Pour cela, encore faut-il avoir un cap et une vision pour notre pays. En dépit des discours encourageant de Manuel Walls, le nouveau premier ministre, on peut craindre que le passage aux actes s’avère pour le moins délicat au vu du peu de crédibilité du chef de l’Etat. A moins que Walls ne finisse par s’imposer à Hollande ?

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