Union européenne : Plaidoyer pour une Europe forte

Ce 9 mai est la journée de l’Europe. Dans quelques jours, le 25 mai, à l’instar de la plupart des pays de l’Union européenne, la France votera pour renouveler les 74 députés qui siégeront au Parlement européen.

Le Parlement européen qui siège à Strasbourg se compose de 751 députés désignés par les 28 pays membres de l’Union européenne, représentant 504 millions d’habitants (390 millions d’inscrits). Ce qui en fait la plus grande démocratie du monde.

Malgré ses faiblesses dues à un manque de convergence des politiques économiques, fiscales, financières et sociales, l’Union européenne demeure un géant économique incontournable dans le monde. L’Europe est aujourd’hui une vaste zone de paix et de prospérité en pleine mutation que beaucoup de pays envie en dépit d’une croissance aujourd’hui moins importante. Pour autant, l’influence politique de l’Europe dans le monde n’est pas à la hauteur de ce qu’elle devrait être. Elle souffre de la lourdeur et de la rigidité de ses institutions, qu’il s’agisse notamment de la Commission ou du Conseil qui président aux destinées de l’Union. Seul instance élue démocratiquement, le Parlement européen doit être le moteur du renouveau de l’Union européenne.

C’est la raison pour laquelle les prochaines élections au Parlement européen sont très importantes. Elles doivent donner aux partisans d’une Europe forte et démocratique la majorité qui lui permettra de s’adapter aux contraintes d’aujourd’hui et de faire évoluer les institutions pour une Europe au service des citoyens.

Contrairement à ce que laissent entendre certaines formations politiques situées sur les extrêmes, l’Europe et sa monnaie ne sont en rien responsables des difficultés rencontrées par certains pays de l’Europe du sud et de la France en particulier. Bien au contraire, depuis 50 ans, l’Europe a été pour les pays qui la composent un facteur de cohésion, de développement et de bien-être. Si certains pays comme la France rencontre aujourd’hui des difficultés, c’est uniquement parce que ce pays n’ont pas eu le courage de se réformer face aux nombreux changements, liés à une concurrence plus forte et à la mondialisation des échanges.

Les pays européens, même les plus importants et les plus anciens qui jadis régnaient sur le monde, n’ont individuellement aucune chance de s’affirmer dans le monde globalisé d’aujourd’hui face aux nouveaux géants qui sont en train de s’imposer, notamment la Chine, l’Inde, le Brésil et c. La seule chance pour les pays européens de peser sur le monde et de faire entendre leur voix est l’Union européenne. Pour cela, il faut aujourd’hui que l’Europe se réforme et s’adapte à ces changements majeurs, mais encore faut-il que les responsables politiques des principaux Etats, dont la France, s’investissement sur le dossier européen et portent un vrai projet ; ce qui n’est hélas plus le cas aujourd’hui. L’avenir passe exclusivement par une Europe plus forte et plus efficace, mieux organisée politiquement, économiquement et socialement.

Nier les avancées de l’Europe et tenter de lui imputer les difficultés de certains pays est non seulement faux mais surtout purement et simplement suicidaire. Laisser croire aux français que la sortie de l’euro et le rétablissement des frontières du pays serait la solution à nos problèmes actuels est une hérésie et un mensonge éhonté de personnes totalement irresponsables. En pleine globalisation des échanges, laisser croire qu’il faudrait rétablir une ligne Maginot, dont on connaît le résultat désastreux, relève d’un processus d’aveuglement qui conduit inéluctablement à l’échec et à autodestruction. Peut-être est-ce le but recherché par certains groupes extrémistes !

Mais la majorité des citoyens européens et français ne sont pas dupes. Le mode de scrutin proportionnel de ces élections permet à des groupuscules politiques, souvent peu représentatifs, de présenter des candidats pour tenter d’en faire élire certains ; ce qui est impossible avec la plupart des scrutins en vigueur pour élire les parlements nationaux. Comment expliquer autrement la présence de 193 listes aux prochaines élections européennes en France, dont 25 pour la seule région Sud-ouest (Aquitaine, Languedoc-Roussillon & Midi-Pyrénées) qui doit élire 10 députés seulement ? Au mieux, pour les petites formations parmi les plus radicales, c’est pour elles le moyen d’exister, même avec peu de députés. Mais l’aspect financier est loin d’être négligeable pour les partis, y compris les plus modestes, qui peuvent voir leurs dotations doublées s’ils arrivent à constituer un groupe parlementaire (25 députés au minimum répartis sur au moins 7 pays). De quoi améliorer substantiellement et en toute légalité les finances du parti.

Par delà les discours anti-européens de certains partis marginaux, ces petits partis sont le plus souvent candidat d’bord pour encaisser une indemnité non négligeable et financer leur parti plutôt que pour siéger au Parlement et participer activement aux débats sur l’avenir de l’Europe. Parmi ces élus des extrêmes, on peut citer Jean-Marie Le Pen ou Marine Le Pen qui ont figuré parmi les députés européens les moins présents au Parlement lors de dernier mandat. Pourquoi élire des parlementaires qui ne défendent aucun projet européen sérieux et crédible et qui plus est, ne siègent que très rarement au Parlement sauf pour se faire remarquer de temps à autres ?

L’avenir de l’Europe passe par l’élection de députés qui croient en son avenir et qui entendent défendre activement ses intérêts et ceux de ses concitoyens. Le 25 mai prochain, par delà les sensibilités politiques, il est fondamental que les français apportent leurs suffrages aux seuls candidats qui défendront activement l’Europe vers plus de convergence, de cohérence et de transparence.

Grande nouveauté 2014, pour la première fois de son histoire, le nouveau Parlement européen issu des élections désignera le président de la Commission européenne, le véritable animateur de l’Union. En d’autres termes, le groupe parlementaire le plus important emportera la présidence de la Commission. A l’heure actuelle, c’est le PPE (Parti Populaire Européen) auquel est rattaché l’UMP en France qui domine le Parlement devant le PSE (Parti Socialiste Européen) auquel appartient le PS en France. Logiquement, le résultat final devrait se jouer entre le luxembourgeois Jean-Claude Juncker (PPE) et l’allemand Martin Schulz (PSE).

Plus d’Europe, c’est la garantie d’une meilleure gestion de l’avenir, d’une plus grande transparence dans le fonctionnement et d’encore plus de démocratie. L’avenir de la France et des pays européens réside plus que jamais dans l’Union européenne.

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