Rodez : L’aménagement du foirail en question

Le ratage de l’aménagement du Foirail 

Depuis des temps immémoriaux « le Foirail » offrait à Rodez un espace libre de deux hectares et demi à deux  cent mètres du centre historique et plus récemment à une distance équivalente du nouveau quartier de Bourran. De facto, le foirail occupait donc le cœur de la cité ruthénoise.

Lancé par Communauté d’Agglomération à la veille de l’an 2000 un concours d’urbanisme remporté par un grand professionnel: André Vaxélaire, proposait un aménagement adopté par le conseil communautaire qui devait en assurer la réalisation. Il est intéressant d’en rappeler le principe. Le musée Pierre Soulages, la salle des fêtes-centre de congrès et le multiplexe de cinéma devaient occuper le versant Nord du Foirail le long du Boulevard du 122 ème RI. Afin de mettre en valeur l’architecture du Musée, les autres établissements ne devaient pas dépasser trois mètres de hauteur au dessus de l’esplanade. A l’instar de ce que démontre aujourd’hui le bâtiment du musée qui empiète très peu sur le jardin, le multiplexe et la salle des fêtes consommaient à peine un demi-hectare le long du boulevard. Restait donc disponible sur le foirail un espace de deux hectares!

En arrivant aux affaires, Christian Teyssèdre a dessaisi la Communauté d’Agglomération de l’aménagement de cet ensemble, ne lui laissant que la maîtrise d’ouvrage du Musée Pierre Soulages. Outre le fait que la commune de Rodez en assumerait seule désormais le financement, le maire choisit de modifier les implantations du cinéma et de la salle des fêtes, supprimant au passage le centre de congrès. Le voilà désormais responsable d’un irréparable gâchis : la consommation de plus de deux hectares pour implanter un cinéma et comme si ça n’était pas suffisant, sept ou huit milles mètres carré supplémentaires pour la salle des fêtes sur le plateau Paul Lignon, de l’autre côté du boulevard. Les ruthénois qui trouvent « merveilleusement moderne » cet ensemble ont-ils conscience que l’espace du Foirail qui recevait les fêtes foraine, les cirques de passage, les grands rassemblements de foule…et, entre temps, un stationnement gratuit, ont-ils consciences ces ruthénois bluffés par les mégalomanies associées d’un maire et d’un architecte montpelliérain, que ce foirail là n’est plus qu’un souvenir à jamais révolu ?

Les auteurs de ce saccage, sont d’autant plus impardonnables qu’un autre choix existait qui préservait les fonctions de l’ancienne esplanade et le potentiel du plateau Paul Lignon.  Qu’est ce qui a bien pu pousser les détenteurs du pouvoir municipal à sacrifier sans aucune concertation un espace de centre ville d’une valeur inestimable? L’aménagement du val des sports ouvrit en son temps des nouveaux terrains à l’urbanisation, le musée Pierre Soulages a été implanté dans la pente d’un talus inoccupé, le déménagement du centre hospitalier Combarel et de la Maison d’arrêt, ouvrent trois hectares à de futures réalisations…le multiplex de cinéma à lui seul en consomme deux. C’est plus que ce que l’on aurait prévu en périphérie de ville sur des terrains valant dix ou vingt fois moins cher.

S’il faut faire un bilan du mandat Teyssèdre, l’aménagement du Foirail est assurément à  inscrire dans la colonne du passif.

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