Rodez : Le bilan en tout point négatif de Teyssèdre

L’idée semble répandue que Teyssèdre aurait « embellie » la ville.

Avec une affirmation corollaire : elle en avait bien besoin compte tenu de l’insuffisance de ses prédécesseurs. Rappelons tout d’abord que les prédécesseurs en question lui ont laissé un ensemble de projets qui lui ont épargné tout effort d’imagination. Certains déjà en phase de réalisation comme le musée Pierre Soulages, l’ilot Combarel avec le transfert du centre hospitalier à Bourran et celui de la maison d’arrêt à Bel-air,  l’ilot Balard-Bonald, la rénovation de la place Foch et de son parking souterrain, la rue Béteille, la maison de l’emploi…etc. D’autres à l’état de projet, faisaient déjà l’objet de délibérations du conseil municipal ou du conseil communautaire selon le cas. Il en était ainsi de l’aménagement du foirail avec trois constructions accolées, pour d’évidentes raisons de synergie, la salle des fêtes, un centre de congrès et un multiplexe de cinéma.

En arrivant aux affaires, Christian Teyssèdre a remis en cause en un premier temps l’ensemble de l’héritage et annulé ou retardé des opérations. Sont ainsi passés à la trappe, le centre de congrès, la rue Béteille, l’ilot Balard-Bonald et la place de la cité, la place Emma Calvet et la rue Frayssinous, sans oublier l’extension du centre universitaire dont la remise en cause de l’implantation à Burloup a annulé de facto le projet et son financement.

Pourquoi ces choix? Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la sélection répondait à un critère éminemment politique: agir sur la vitrine au détriment de l’utile ou de l’urgent.  Après deux ans de quasi immobilisme il fallait coute que coute en mettre plein la vue aux ruthénois. La précipitation est mauvaise conseillère, elle explique des erreurs manifestes qui conduisent à s’interroger sur le véritable bilan de Christian Teyssèdre et de son équipe.

Commençons par la place d’Armes. Il suffit de faire le test avant-après en rapprochant les photos correspondantes, pour constater l’ampleur du désastre. Certes les pavés justifiaient une remise à niveau, mais fallait-il envoyer le tout à la décharge, pour remplacer le projet de l’architecte Jean-Paul Salvan par un désert de pierres blanches venues du Portugal? On se souvient de l’émission de Ruquier qui ne trouva personne à Rodez, pas même le maire, pour se rappeler la couleur de la cathédrale. Pas étonnant dans ces conditions que l’on ait choisi un matériau si peu en harmonie avec la façade de gré rose du monument construit par la foi de nos ancêtres.

Le Foirail accumule les erreurs d’aménagement et d’architecture. Les architectes Catalans du musée Pierre Soulages, ont eu l’intelligence d’implanter leur ouvrage en valorisant la pente Nord de l’ancien talus du  jardin public, laissant intacts aussi bien le jardin que l’esplanade. A elle seule, cette dernière représentait prés de 3 hectares. Cette superficie a été consommée par un seul bâtiment, le multiplexe de cinéma! Comment justifier un tel gâchis? Loin d’accuser l’architecte montpelliérain que personne n’a empêché de prendre ses aises, c’est au maitre d’ouvrage, c’est-à-dire au maire qu’il faut demander des comptes. C’est lui qui a modifié le cahier des charges et autorisé l’architecte à s’étaler non seulement sur le Foirail mais également sur le plateau Paul Lignon. Ces terrains représentaient une valeur à la fois stratégique et patrimoniale il convenait de les respecter et de réfléchir avant de les consommer d’une façon aussi absurde. Que les ruthénois soient séduits en un premier temps par la nouveauté, on peut l’admettre, gageons qu’ils ne tarderont pas à prendre conscience de l’énormité de l’erreur d’aménagement qu’ils doivent à leur premier magistrat.

Des goûts et des couleurs dit-on, on ne discute pas. Pourtant l’unanimité s’est faite au sein du conseil municipal contre le revêtement clinquant de la nouvelle salle des fêtes. Par une délibération du 14 juin 2010, les élus unanimes ont décidé de: « végétaliser les façades Sud et Nord de l’ouvrage » et voté pour ce faire une dépense supplémentaire de 266 300 euros. Il aurait été infiniment plus simple et beaucoup moins couteux de prévoir dès l’origine un matériau plus adapté au voisinage des deux tours rondes de l’ancienne chartreuse qui flanquent le nouvel ouvrage en acier inoxydable. En tout cas cacher sous la végétation un bâtiment nouvellement construit est une façon explicite de reconnaître une erreur d’architecture.

Quant au multiplexe de cinéma on aurait attendu de la part de l’architecte Néboud un peu plus de modestie vis-à-vis de la relative discrétion du musée Soulages. Au lieu de limiter la hauteur de l’ouvrage à trois mètres comme cela était prévu à l’origine, ses masses cubiques surplombent le panorama lorsqu’on rentre dans Rodez par boulevard du 122èmeR.I., ou que l’on arrive de Bourran. Cette présence envahissante a été, là encore, rendue possible par une délibération du conseil municipal qui a décidé de « s’affranchir définitivement de la limite de hauteur », pourtant inscrite dans le cahier des charges d’origine, sur préconisation des architectes du musée Soulages. Résultat, le multiplexe vu depuis l’avenue Victor Hugo, apparait plus important que le musée Pierre Soulages, lui-même limité dans sa hauteur au dessus de l’esplanade.

Les pavés de la rue Neuve,  de la rue du Touat et du carrefour Saint Etienne, ont fait l’objet d’une rénovation dont se glorifie à juste titre le maire sortant. Soit, on peut bien lui accorder ce satisfécit. Mais il ne s’agit de rien d’autre que de travaux d’entretien, près de quarante ans après la décision de faire des espaces piétonniers. Ce qui au début des années 1970  représentait une innovation aussi courageuse que controversée, n’était plus en 2010 qu’une opération nécessaire d’entretien. Il aurait été au moins aussi opportun de réaménager la place de la cité et ses environs à l’instar de ce qui a été réalisé place du Bourg.

Pour compléter ce tableau il faudrait aborder le cout de ces investissements ainsi que certains montages financiers particulièrement hasardeux, l’explosion de la dette, l’augmentation de la fiscalité…  Autant de thèmes qui aggravent lourdement l’aspect négatif de l’héritage Teyssèdre.  Décidément, quand on passe au tamis les six ans de mandat il faut les yeux du maire sortant pour y trouver les motifs de son autosatisfaction.

Libre expression de RodezNews

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