Grand Rodez : Le président de l’agglomération en campagne lors du dernier conseil d’agglomération

Ce mardi 07 janvier, se tenait un Conseil d’agglomération du Grand Rodez consacré principalement au débat d’orientation budgétaire pour 2014.

Il s’agissait du premier Conseil d’agglomération auquel participaient les 3 nouvelles communes ayant rejoint l’EPCI au 01/01/2014 : Baraqueville, Manhac et Camboulazet. A noter que cette dernière commune n’a pas voté de délibération en ce sens et a été rattachée d’office à la communauté d’agglomération du Grand Rodez (CAGR) par décision préfectorale. Dorénavant, la CAGR compte 11 communes et prés de 60 000 habitants. Les conseillers d’agglomération sont désormais au nombre de 51 dont 15 vice-présidents. Pas un de moins !

Un budget 2014 de transition

Au final, chacun l’a reconnu, le budget 2014 qui sera voté en février prochain ne devrait pas avoir de grandes ambitions, notamment en raison de l’année électorale, mais surtout pas nécessité de faire un pause, de digérer les investissements et tenter de stabiliser la dette qui a atteint un niveau dramatiquement élevé. La dette consolidée (budget principal + budgets annexes) qui était de 41 millions d’euros à fin 2007, a atteint 73 millions d’euros fin 2012 et devrait probablement atteindre les 80 millions d’euros au 31/12/2013, soit prés de 100% d’augmentation en 6 ans.

Le cadrage du budget 2014 reposera sur des principes visant à garantir les grands équilibres financiers de l’agglomération, à savoir notamment :

  • Maitriser l’évolution des dépenses de fonctionnement,  (n’est-ce pas là reconnaître qu’elles sont loin d’avoir été maitrisées !)
  • Contenir les investissements à moins de 10 millions d’euros,
  • Stabiliser et réduire la dette sur les exercices à venir, (ici aussi, on reconnaît enfin que la situation de la dette est explosive !)
  • Assurer la stabilité des impôts des ménages et des entreprises. (en espérant qu’il ne s’agit pas d’un simple vœu)

Des objectifs certes modestes mais ô combien réalistes au vu de la précarité de la situation financière de la CAGR, alors même que le dynamisme des recettes fiscales s’est considérablement estompé et que les dotations de l’Etat et autres taxes tendent à rester stables, voire à diminuer.

Le coup de gueule de M. Teyssèdre

Une fois de plus, la petite surprise est venue du président de l’agglomération Christian Teyssèdre. A peine la séance ouverte (on le sentait pour le moins irrité et remonté), il s’est étonné devant une salle accoutumée aux frasques du président, qu’un candidat à la mairie de Rodez (devinez ???) ait annoncé des chiffres complètement fantaisistes concernant l’évolution des frais de personnels de l’agglomération qui auraient augmenté de 45%. Selon lui, depuis 2008, ils auraient augmenté d’à peine plus de 10%. Et d’accuser son adversaire à la mairie de Rodez de mettre en cause le travail et le sérieux des personnels de l’agglomération ! Les grands maux habituels reviennent comme un refrain…

Au cas particulier, chacun l’a bien compris, s’il y a défaut de maitrise des dépenses, ce n’est certainement pas la faute aux personnels qui exécutent les consignes mais plutôt celle des élus et du président de l’agglomération, M. Teyssèdre en particulier. Pourquoi vouloir s’exonérer à tout prix des responsabilités qui sont les siennes ?

Aussitôt après avoir fait part publiquement de son indignation, M. Teyssèdre s’est rendu devant les journalistes présents pour leur présenter les « vrais chiffres » selon lui. La presse (ou plutôt une certaine presse) serait-elle devenue l’instrument de propagande du candidat Christian Teyssèdre et l’arbitre de la campagne électorale à venir ? Tout cela est quelque peu affligeant et en dit long sur les pratiques du maire de Rodez. Quelque peu irritée, Régine Taussat n’a pas manqué de relever que ces propos de campagne n’avaient rien à faire en ce lieu d’exercice de la démocratie locale.

Les chiffres qui n’ont pas fini d’irriter M. Teyssèdre

En réalité, chacun peut aisément vérifier que les comptes consolidés de la CAGR pour le dernier exercice clos le 31/12/2012, font apparaître des dépenses de fonctionnement de 44, 560 M€ contre 35,370 M€ en 2007, soit une augmentation de 25.64% en 5 ans seulement. S’agissant des frais de personnels, c’est encore plus significatif puisqu’ils ont augmenté de 47.08% entre 2007 et 2012, passant de 5,626 M€ à 8.275 M€.

Le chiffre avancé de 45% d’augmentation des frais de personnels entre 2007 et 2012 est donc conforme à la réalité des comptes publiés par la communauté d’agglomération

100 millions, 200 millions… Qui dit mieux ?

En conclusion du débat d’orientation budgétaire, Christian Teyssèdre a loué l’importance et la qualité des investissements réalisés depuis 2008 par l’agglomération en évaluant ces derniers à 200 millions d’euros. Pas moins !

Nombre d’élus ont parus surpris et perplexes mais n’ont pas osé demander plus de précisions ! Quels sont donc ces investissements colossaux en si peu de temps ? On cherche encore… Le musée Soulages : 28 millions, la tristement célèbre maison commune emploi-formation : 10 millions, les aménagements des zones industrielles 10 millions, la prison : 4 millions… On est bien loin des chiffres annoncés… Une fois encore le maire de Rodez balance des chiffres à tout va sans que personne ne bronche. Il est vrai que pour lui, plus c’est gros, plus çà passe.

La ville de Rodez votera-t-elle le budget primitif 2014 avant les élections ?

Lors de la dernière réunion du conseil municipal de Rodez, la majorité socialiste n’a pas voté de budget primitif pour 2014, comme il est de coutume, arguant du fait que la prochaine municipalité élue en mars serait mieux à même de le voter selon ses propres orientations. Beaucoup de ruthénois, et pas que des opposants, ont vu là une manière pour la municipalité socialiste de Rodez de cacher la réalité de la situation financière de la ville, et notamment l’importance de la dette. Un sujet qui risque fort de faire grand bruit durant la campagne électorale.

Aux dernières nouvelles, le maire de Rodez aurait revu sa position et envisagerait maintenant de convoquer un prochain conseil municipal en vue de voter le budget 2014  ! A moins de deux mois du premier tour de scrutin, voilà qui en dit long sur la fébrilité des élus socialistes de Rodez. Quoi qu’il en soit, nul doute qu’au final la dette consolidée au 31/12/2013 approchera les 30 millions d’euros, soit une augmentation de prés de 50% en 6 ans.

Vote du budget 2014 ou pas, contrairement à ce qu’il a toujours affirmé, il sera bien difficile à M. Teyssèdre de soutenir que la dette n’a pas augmenté sous son mandat.

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