Rodez : les vrais raisons qui ont poussé la majorité socialiste à différer le vote du budget 2014 aprés les élections municipales

Le conseil municipal de Rodez s’est réuni le 20 décembre dernier. Même si certains s’y attendaient quelque peu, la majorité socialiste a décidé de ne pas soumettre de budget primitif 2014 au vote du conseil municipal. Une première à Rodez. La réunion a principalement été consacrée au vote d’une décision modificative suite au budget primitif modifié en juin 2013 et au vote du transfert du musée Denys Puech à l’agglomération du Grand Rodez où il intégrera le nouveau pôle muséal dirigé par Benoît Decron.

Jusqu’à ce jour, y compris l’année des élections municipales, la municipalité sortante avait toujours présenté le budget primitif de l’année à venir en fin d’année. Ceci permettant à chacun de connaître plus précisément la situation financière de la commune, tout en autorisant l’éventuelle nouvelle municipalité sortie des urnes courant mars de revoir et affiner le budget à son gré.

M. Teyssèdre et les siens ont décidé qu’il en serait autrement à Rodez pour 2014, profitant du fait que la loi permet l’année des élections municipales, de différer le vote du budget primitif au 15 avril N au plus tard, au lieu du 31/12 N-1. Pour le maire, il s’agit là d’une décision démocratique qui vise à laisser les mains libres à la municipalité qui sera élue en mars 2014 de voter un budget selon ses choix. Ce qui n’a pas empêché le conseil municipal de voter d’ores et déjà un certain nombre de dépenses de fonctionnements, et notamment les subventions aux associations.

Cette décision de ne pas voter le budget, il ne faut pas se le cacher, ne peut avoir qu’un seul et unique but : ne pas faire apparaître la dégradation des finances locales de la ville de Rodez au cours de l’année 2013. Sinon pourquoi se priver de proposer un budget faisant état d’une seine gestion des finances locales ?

Régine Taussat, pour l’opposition, s’est étonnée que le budget ne soit pas voté en décembre comme il est de coutume, mais après les élections municipales, alors que les subventions aux associations pour l’année 2014 sont soumises au vote. Elle s’est aussi interrogée sur le fait de savoir si cette décision ne visait pas à cacher une mauvaise gestion des finances municipales et a demandé au maire de lui communique l’encours de la dette de la commune à fin 2013.

Comme d’habitude lorsqu’il se sent attaqué, M. Teyssèdre s’est lancé dans l’une de ses diatribes favorites n’hésitant pas à affirmer sans vergogne qu’il avait dû assumer la dette laissée par ses prédécesseurs, tout en assurant que la ville de Rodez était extrêmement bien gérée depuis son arrivée aux affaires… S’il en est vraiment ainsi, pourquoi différer le vote du budget 2014 ???

S’il a avoué une augmentation de la dette, il s’est bien gardé d’en préciser le montant, même s’il conteste le fait que celle-ci ait pu atteindre les 30 millions d’euros à fin 2013 (contre 20 millions d’euros en 2007), chiffre que lui imputent ses détracteurs, soit une augmentation de l’ordre de 50% en 6 ans. Un beau record national !

Au final, le maire de Rodez a avoué son incapacité à préciser le montant de la dette au 31/12/2013, arguant du fait que les calculs étaient complexes et les comptes non encore arrêtés.  Une fois encore, le maire ne répond pas aux questions posées et se contente de botter en touche. Les ruthénois apprécieront !

Il est de notoriété publique que ces derniers mois, la commune de Rodez n’a de cesse de reporter un maximum de dépenses de l’année sur l’année 2014. Il en est probablement ainsi des emprunts qui seront tirés, autant que possible sur l’année à venir pour en atténuer l’impact sur 2013. Preuve que la situation financière est tendue, M. Delpuech, adjoint aux finances de Rodez, n’a-t-il pas regretté lors du dernier conseil d’agglomération que la commune de Rodez doive emprunter pour financer le retard dans le versement par cette dernière de la dotation de solidarité communautaire qui s’élève à un peu plus de 1 millions d’euros pour 2013 ?

La décision de reporter le vote du budget ne fait que  confirmer la forte dégradation de la situation financière, et donc une envolée de la dette probablement de l’ordre de 50% par rapport à 2007. Voilà qui promet une campagne électorale animée et une gestion pour le moins délicate des finances locales pour les années à venir.

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