Rodez : Le loupé magistral de la place d’Armes

Osons le dire la rénovation de la Place d’Armes est un loupé magistral. « Tout ça pour ça« ! Tel est le cri du cœur des ruthénois navrés par un aussi inutile gaspillage.

Si personne ne contestait la nécessité de travaux d’entretien des pavés après quarante années de circulation intense et de travaux mal compactés en sous sol, nul ne souhaitait remettre en cause un parti architectural que l’on devait à deux éminents architectes.

En effet, Jean-Paul Salvan architecte ruthénois avait bénéficié du concours de l’architecte en chef des monuments historiques en charge des abords de la cathédrale. Le parti architectural choisi par les deux hommes de l’art  s’inspirait de la place du Palio de Sienne.

Une conque incurvée, en pente douce vers le bas de la place, soulignée par des marches de faible hauteur donnant un rythme au dessin. Le matériau, du grès rose en harmonie avec la façade de la cathédrale, venait des Vosges pour la partie soumise à la circulation. Cette pierre présente en effet une forte résistance à l’usure que confirmait d’ailleurs l’état des pavés, certes dénivelés mais toujours intacts après quatre décennies de bons et loyaux services. Une question vient à l’esprit: où sont passés ces pavés d’une qualité exceptionnelle et d’un coût en rapport avec cette qualité ?

L’ensemble présentait une indéniable harmonie dont attestent les cartes postales qui gardent la mémoire de l’esthétique de ce projet. Le Maire de Rodez se targue de s’être passé d’architecte pour la conception de la nouvelle place. Il en a confié la maîtrise d’œuvre aux services techniques de la ville, lesquels ont bien fait ce qu’ils savent faire : un projet routier. Ou plus exactement un rond-point qui se trouve comme par hasard au pied d’un monument prestigieux auquel rien ne le rattache, ni la forme, ni les matériaux utilisés.

Des pavés de granit blanc au pied de la majestueuse falaise de grès rose de la cathédrale, il fallait oser! Ne parlons pas du bitume qui a remplacé les pavés des Vosges. Comment l’architecte des bâtiments de France a-t-il pu laisser faire un tel sacrilège architectural ?

Quant au coût final de cet investissement iconoclaste, impossible d’en trouver la trace dans les comptes rendus des réunions du Conseil municipal. Sans doute parce qu’il est inavouable. Quel gâchis !

Tribune libre de RodezNews

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