France : n’en déplaise à M. Hollande, la pause fiscale n’est pas pour demain. Les contribuables particuliers sont en train de le constater à leurs dépens et il risque d’en être ainsi en 2014 et peut-être au-delà !

Depuis leur arrivée au gouvernement en juin 2012, les socialistes français, probablement par pure idéologie, n’avaient eu de cesse de montrer du doigt le monde de l’entreprise qui était, à les entendre, à l’origine de tous les maux de notre pays. Les mesures fiscales et sociales qui ont été prises, ont malheureusement sensiblement alourdi les charges pesant sur les entreprises et contribué à les rendre moins compétitives au regard de nombreux pays européens, pénalisant ainsi un peu plus la croissance et l’emploi.

Pourtant, chacun le sait, y compris les socialistes, le manque de compétitivité des entreprises françaises est un fait indiscutable qui constitue un lourd handicap. Ce n’est donc pas en augmentant les impôts et les taxes que les choses vont s’arranger ! Selon le dernier classement, la France a encore perdu des places en matière de compétitivité et se trouve aujourd’hui à la 23ème place mondiale alors que nos amis allemands sont remontés à la 4ème place.

Autre évolution inquiétante pour notre pays, selon les propres données de Bercy, fin 2013, le niveau de dépenses publiques devrait atteindre 57.1% du PIB alors que les prélèvements obligatoires devraient culminer aux alentours de 46.1% du PIB. Des niveaux record qui restent les plus élevés des grands pays de l’OCDE.

Tout cela parce que le gouvernement français refuse de s’attaquer à la racine du mal. Comme l’ont fait de nombreux pays, la solution réside pour la France dans de profondes réformes de structures et la réduction massive des dépenses publiques qui atteignent des proportions alarmantes. A ce jour, en dépit des discours, le gouvernement français s’y oppose et préfère augmenter massivement le nombre de fonctionnaires dans l’éducation nationale,  pourtant déjà pléthorique et bien moins efficace que dans la plupart des pays développés.

Le gouvernement socialiste français privilégie les augmentations d’impôts et taxes plutôt que réformer durablement. C’est tellement plus facile ! Une politique à très court terme qui risque de coûter très à la France dans les années à venir. Face à la montée au créneau des entreprises en général, le gouvernement semble enfin avoir compris qu’il fallait cesser de pénaliser ces dernières au risque de tuer la poule aux œufs d’or.  A défaut de s’attaquer aux dépenses publiques, ce sont maintenant les particuliers, y compris les plus modestes, qui sont dans le collimateur du gouvernement.

Il y avait eu la remise en cause de l’exonération des heures supplémentaires pour les bas salaires, soit entre 50 € et 100 € de moins par mois pour certains salariés. Par delà la symbolique de la taxation des plus hauts revenus à 75% qui, au final, ne va toucher qu’un nombre limité de personnes disposant de revenus conséquents, ce ne sont pas que les plus aisés qui sont en passe de devoir passer à la caisse. Comme le confirme les avis d’imposition à l’impôt sur le revenu que reçoivent actuellement les français pour l’année 2012, beaucoup de personnes modestes sont impactées par les augmentations d’impôt décidées par le gouvernement socialiste.

Après l’abaissement du plafond du quotient familial pour certains revenus et la fiscalisation des majorations de pensions de retraites pour familles nombreuses, dans son projet de loi de finances pour l’année 2014, le gouvernement de gauche prévoit de supprimer quelques menus avantages dont bénéficient les ménages pour la scolarisation de leurs enfants au motif qu’il s’agit de niches fiscales « exorbitantes » au dire de certains socialistes. Ainsi, en l’état, les réductions d’impôts sur le revenu jusque là accordées de 61 € par enfant au collège, 153 € par enfant inscrit dans un lycée et 183 € pour un enfant inscrit dans l’enseignement supérieur seraient supprimées. Manifestement avoir des enfants, pour la gauche, n’est pas constitutif de dépenses supplémentaires, y compris pour les classes moyennes qui sont déjà lourdement taxées. Gain estimé pour les finances publiques 445 millions d’euros.

Mais ce n’est pas tout. Pour 2014, le projet de loi de finances prévoit de supprimer purement et simplement une partie de la déduction fiscale dont bénéficient actuellement plus de 13 millions de salariés du privé qui ont souscrit une complémentaire santé au sein de leur entreprise. Le gain net attendu par le gouvernement est ici de l’ordre de un milliard d’euros, soit un complément d’impôt à acquitter de l’ordre de 77 € par contribuable.

A cela, viendra s’ajouter début 2014, l’augmentation non négligeable des taux de TVA. Le taux normal passant de 19.60% à 20%, le taux intermédiaire de 5.5% à 10% et le taux réduit de 5.5% à 5% auquel s’ajoutera l’augmentation des cotisations de retraite décidée récemment. Sans oublier quelques autres « menues » augmentations à venir. Pas sûr que dans ce contexte, le moral des français soit au plus haut en cet automne 2013.

De telles décisions nuisent gravement au retour de la croissance en France qui, dans le meilleur des cas, devrait s’établir entre 0% et 0.3% seulement, bien loin des 1.5% à 2% nécessaires à la création d’emploi et à la réduction des déficits publics. Immanquablement, cela va se traduire par une persistance du chômage dans notre pays pour quelques temps encore. On est encore bien loin du reflux du chômage promis par un certain François Hollande, quelques mois après son élection, en dépit de la création des emplois jeunes davantage destinés faire baisser artificiellement les statistiques qu’à proposer un emploi durable et pérenne aux jeunes.

Venant d’un gouvernement de gauche, on a beaucoup de mal à comprendre la logique qui abouti à la mise en œuvre de telles mesures fiscales qui pénalisent les français les plus modestes alors que subsistent de nombreuses niches fiscales bien plus importantes et peu justifiées qui servent à de riches contribuables à « optimiser » en toute légalité leurs impôts ! Nul doute que certains électeurs se sentent aujourd’hui « cocus ».

M. Hollande lui-même, dans une interview télévisée récente, n’annonçait-il pas une pause fiscale en France immédiate ? Il est vrai qu’il était démenti quelques jours plus tard par son propre Premier ministre qui affirmait que la pause fiscale n’interviendrait pas, au mieux, avant 2015. Ce qui est plus en phase avec la réalité. Face à cette nouvelle cacophonie au plus haut niveau de l’Etat, on comprend que 80% des français ne partagent pas cette vision pour le moins fantaisiste de la réalité présente et future.

Espérons que l’année 2015 sera enfin celle d’une véritable pause fiscale pour tous ! En attendant, les électeurs auront l’occasion de donner leur avis lors des prochaines élections de mars 2014, même si elles ne sont que municipales !

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