France : les artisans du bâtiment expriment leur ras le bol face aux contraintes qui leurs sont imposées

« Attention, demain çà va péter ! »

Tel était le message affiché un peut partout sur les routes et ronds-points du département ces dernières semaines, en prélude à leur journée nationale d’action de ce vendredi 13 septembre.

En Aveyron, ils étaient un milliers d’artisans du bâtiment à manifester à Rodez. Au plan départemental, cette manifestation de protestation était organisée par la CAPEB 12 (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment), présidée par Patrick Bounhol. Elle a consisté en de nombreux barrages filtrants sur de nombreux ronds-points de la communauté d’agglomération du Grand Rodez et en diverses manifestations devant divers bâtiments publics pour terminer par un sitting place d’Armes avec diverses interventions.

Au final, cette manifestation s’est fort bien déroulée sans le moindre incident à déplorer, même si certains automobilistes ont été parfois retardés dans leurs déplacements.

Selon le président de la CAPEB 12, cette manifestation (plutôt rare de la part de la CAPEB) avait pour objectif d’exprimer les nombreuses difficultés auxquelles ont à faire face aujourd’hui les artisans qui sont en « grand danger » notamment au vu des projets gouvernementaux actuels tels l’augmentation de la TVA, l’écotaxe sur les véhicules de plus de 3.5 tonnes et le statut d’auto-entrepreneur actuellement en discussion au Parlement.

Par delà cette manifestation de ras le bol, force est de constater que les artisans du bâtiment souvent situés dans des zones rurales, doivent faire face à de nombreuses contraintes, à commencer par le fort ralentissement de l’activité économique, notamment dans le bâtiment où les collectivités publiques donneuses d’ordre sont en train de réduire sensiblement leurs investissements pour faire face à la baisse des aides et subventions de l’Etat.

Par ailleurs, pour les artisans employant du personnel, les charges et contraintes liés à l’emploi de salariés se sont sensiblement accrues ces dernières années, sans parler des lourdeurs administratives qui monopolisent beaucoup de temps au détriment de leur activité. Enfin, il faut reconnaître qu’ils sont rudement concurrencés par des micro-entreprises qui ont peu de charges (exonération de TVA, charges sociales réduites…), sans parler du « travail au noir » qui reste un fléau dans le secteur du bâtiment.

Dans ce contexte, l’augmentation du taux de TVA de 5.5% à 10% pour certains travaux ne peut que conduire à fragiliser leur situation parfois précaire, en les rendant encore moins compétitifs, tout en contribuant à favoriser le travail non déclaré.

On ne peut qu’espérer que certaines revendications des artisans seront entendues par les pouvoirs-publics, au même titre que celle des entreprises de taille intermédiaire et au-delà qui ont réussi, sur certains points, à infléchir la politique gouvernementale.

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