France : pour vaincre la déprime générale, Hollande tente de faire croire qu’il maitrise la situation mais en réalité il fait peur à tout le monde

Après l’échec calamiteux de l’émission « Capital » sur M6 en juin dernier qui a connu l’une de ses plus mauvaises audiences, après maintes hésitations, François Hollande a finalement profité du 14 juillet pour renouer avec la traditionnelle interview du chef de l’Etat et tenter de reconquérir son électorat aujourd’hui très fortement déçu par les 14 premiers mois de mandat.

En effet, jamais un président de la République n’était descendu aussi bas, en si peu de temps, dans les enquêtes d’opinion. Il est vrai que les déceptions sont immenses au sein même de son électorat qui a perdu toute confiance en celui qu’il avait élu en mai 2012. Il est vrai qu’après avoir longtemps nié la crise qui sévissait ces dernières années et accusé son prédécesseur de conduire une politique d’austérité, il a pris un certain nombre de mesures catastrophiques qui ont largement contribué à freiner l’activité économique et à décourager les plus entreprenants, tout en accentuant le chômage.

Plutôt que de réduire massivement les dépenses publiques, pour des raisons idéologiques et électoralistes, Hollande a au contraire augmenté celles-ci dans des domaines où il n’y avait aucun besoin en créant par exemple plus de 60 000 postes dans l’éducation nationale, tout en augmentant sensiblement les impôts et cotisations sociales qui pèsent sur les classes moyennes. Plus grave, aujourd’hui, les français ont l’impression qu’il n’y a plus de capitaine à la tête du navire France qui vogue sans cap précis, au gré des vents. Ce manque de cohérence et de vision claire de l’avenir a fini par rendre les français très pessimistes sur leur propre avenir et celui de leur pays.

Dans ce contexte, l’intervention télévisée de Hollande du 14 juillet depuis l’Elysée n’a pas davantage rassuré et éclairé les français sur leur avenir. On est d’ailleurs en droit de se demander si les interventions publiques à répétition de Hollande, sans aucun véritable message de fond, ne contribuent pas à déprimer un peu plus les français.

Au contraire, le nouveau président du Medef, Pierre Gattaz a déclaré au lendemain de cette intervention : « J’ai entendu le président de la République. Il m’a fait un peu peur, […] en annonçant une sortie de crise que je ne vois pas personnellementNous voyons toujours des entrepreneurs très angoissés, avec des carnets de commandes très faibles. » En poste depuis le 3 juillet dernier, Pierre Gattaz a «… compris qu’il risquait d’y avoir des augmentations d’impôts ; ce qui [leur] fait extrêmement peur… Nous avons déjà des taxes et des charges extrêmement élevées, ce qui fait que nos entreprises n’ont plus les moyens d’investir, d’innover, d’embaucher… ».

Une fois de plus, Hollande a persisté à affirmer que le chômage allait baisser en France d’ici la fin de l’année 2013. Comment peut-on inspirer confiance avec de tels propos alors que la majorité des français, sans être de grands experts économiques, ont bien compris qu’il n’en sera rien avant 2014 et peut-être même 2015 ? Il suffit pour cela de voir le nombre d’entreprises aujourd’hui en difficultés, les dépôts de bilans qui s’accélèrent et les licenciements qui en découlent. Manifestement ces réalités semblent échapper au locataire de l’Elyséee. D’ailleurs, comme l’OCDE l’a rappelé cette semaine, tous les experts économiques convergent aujourd’hui pour affirmer que l’emploi ne reprendra pas en France avant la fin de l’année 2014 dans le meilleur des cas.

C’est dans ce contexte, qu’après les agences de notation Standard and Poor’s et Moody’s voici plus d’un an, la dernière grande agence Fitch Rating (à capitaux français), a elle aussi fini par dégrader la note AAA de la France en AA+ avec perspectives stables. La perte définitive du triple A par la France, largement passée sous silence par les médias français, ne fait hélas que confirmer que le gouvernement français n’a pas réussi à rassurer les marchés sur sa réelle volonté à s’attaquer aux dépenses publiques et à la réduction de sa dette.

Si pour l’instant, les conséquences financières restent limitées et permettent à notre pays d’emprunter à des taux relativement bas, c’est notamment grâce au fait que la France reste encore dans le sillage de l’Allemagne très bien notée. Mais ne nous y trompons pas, le gouvernement français n’y est pour rien et cela ne va pas durer si le pays ne fait pas rapidement les efforts demandés. Si la France n’engage pas dés cet automne les réformes de structures qui s’imposent (réformes des collectivités et du millefeuille administratif, réduction des effectifs de la fonction publique, réforme du financement des retraites…), la confiance en la qualité de la dette française va se trouver considérablement affaiblie et le pays risque alors de devoir emprunter à des taux bien plus élevés qu’aujourd’hui. Ce qui serait alors tout simplement dramatique pour l’ensemble des français.

L’automne 2013 devrait donc être décisif pour la crédibilité et l’avenir de la France. Gageons que le gouvernement socialiste de M. Ayrault trouvera enfin le courage et la cohérence qui lui manquent pour engager le pays dans les réformes qui s’imposent aujourd’hui. La France est au pied du mur et M. Hollande ne peut feindre de l’ignorer, sous peine de conduire directement notre pays à la faillite.

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