Grand Rodez : l’élection de Christian Teyssedre à la présidence de l’agglomération risque de laisser des traces

Un conseil d’agglomération du Grand Rodez s’est tenu le mardi 09 juillet en vue de procéder à l’élection du nouveau président, suite à la démission de Ludovic Mouly parti rejoindre le groupe GDF-Suez.

Si Christian Teyssèdre, le maire de Rodez n’avait pas caché qu’il serait candidat, s’estimant aujourd’hui le candidat légitime (contrairement à 2008) en tant que maire de la principale ville de l’agglomération, à la surprise générale, un candidat a osé l’affronter : Bruno Bérardi, conseiller municipal de Rodez et élu EELV. Ce qui semble-t-il a quelque peu irrité le maire de Rodez.

Pourtant, à moins de neuf mois de mars 2014, date des prochaines élections municipales, n’avait pas de réels enjeux. Mais compte-tenu des tensions apparus ces dernières années au sein des élus socialistes de l’agglomération, cette élection reste un bon indicateur. Au final, ce scrutin a révélé quelques surprises à commencer par le score de Bruno Bérardi.

Comme à son habitude, M. Teyssèdre s’est félicité du travail, qui selon lui, a été réalisé par l’agglomération depuis 2088, se prévalant d’importants investissements et refusant toute idée de surinvestissements et d’échec dans la gestion de l’agglomération. Il a aussi regretté les difficultés rencontrées pour étendre le périmètre de l’agglomération. En effet, le Grand Rodez ne compte toujours que 8 communes seulement (11 en janvier 2014  avec Baraqueville, Manhac et Camboulazet, cette dernière devant rejoindre le Grand Rodez contre son gré) alors que la plupart des agglomérations comparables telles Albi, Castres, Montauban, Aurillac, Cahors ou Tarbes… en comptent souvent prés d’une trentaine.

Compte-tenu des politiques mises en œuvre depuis 5 ans par l’Etat pour encourager le rapprochement des communes au sein de communautés de communes ou d’agglomérations, on ne peut que regretter que le Grand Rodez, à l’instar des unités urbaines voisines, n’ai pas été capable d’œuvrer à une véritable politique de rapprochement avec les communes voisines. Voilà cinq années de perdues qui risques de coûter très cher à l’agglomération du Grand Rodez aujourd’hui réduite à une population de 60 000 habitants alors qu’elle anime une région de plus de 120 000 habitants. Et ce n’est pas l’arrivée en force de Baraqueville, Manhac et Camboulazet qui ont brutalement quitté la communauté de communes du Pays Baraquevillois formée de 11 communes, qui est de nature à favoriser l’entrée de nouvelles communes. Les remous engendrés dans le Pays Baraquevillois par le départ des trois communes vers le Grand Rodez ne font que commencer puisque les élus des 9 autres communes contestent l’adhésion de Baraqueville et de Manhac au Grand Rodez devant le tribunal administratif et menacent même de démissionner. De ce point de vue, la politique suivie par le Grand Rodez est un échec sur toute la ligne. L’extension du périmètre de l’agglomération risque hélas d’être bloquée pour de longues années à moins que les élections municipales de 2014….

De son côté, plus humble et réaliste, le candidat Bruno Bérardi a reconnu quelques avancées du Grand Rodez notamment sur les transports urbains, mais a regretté un certain immobilisme et une gestion au jour le jour, sans ambition, un manque de transparence dans les décisions et l’absence de mise en œuvre d’un véritable projet d’agglomération. En quelques mots, il n’a pas hésité à parler d’échec à propos de la politique menée par l’agglomération du Grand Rodez ces dernières années. Ce qui n’a été du goût du maire de Rodez, pourtant habitué aux critiques de l’un de ses seuls opposants.

Juste avant le vote, Fabrice Geniez, le maire d’Onet-le-Château a souhaité intervenir pour annoncer qu’après avoir rencontré Teyssèdre à plusieurs reprises et reçu des engagements précis de sa part, sa commune apporterait ses voix au maire de Rodez dans cette élection. Juste un petit arrangement entre ennemis en attendant les prochaines municipales.

Le vote à bulletins secrets qui s’en est suivi a donné 27 voix à Christian Teyssèdre sur un total de 44 voix, et 17 à Bruno Bérardi.  Au final, on constate que ce dernier a finalement recueilli un grand nombre de suffrages et aurait même pu mettre Teyssèdre en difficulté si les élus d’Onet-le-Château, ne lui avaient apporté leurs suffrages. Nombre de communes de l’agglomération ont ainsi confié leurs suffrages à M. Bérardi qui à tout de même obtenu un score inattendu, preuve des tensions entre les élus de l’agglomération dont un nombre grandissant semble contester le rôle du maire de Rodez au sein de l’agglomération.

Un seul candidat était présent pour le poste de 1er vice-président :  Fabrice Geniez. Le maire d’Onet-le-Château  a été élu par 33 voix avec 11 bulletins blancs ou nuls. Si la plupart des vice-présidents, candidats uniques ont été aisément élus dés le premier tour, tel n’a pas été le cas de tous.

Ainsi, Monique Bultel-Herment, première adjointe au maire de Rodez, n’a finalement été élue qu’au troisième tour de scrutin, à la majorité relative. Au premier et deuxième tour, elle n’avait recueilli que 22 voix au lieu des 23 requises, contre 18 votes « blancs » et 4 votes « nuls ». Voilà qui en dit long sur les tensions et règlements de comptes qui ne font que commencer au sein de l’agglomération.

Le treizième vice-président candidat n’était autre que Daniel Rozoy, élu PRG de Rodez et devait être élu sans difficultés puisqu’il semble que son parti avait négocié le poste préalablement. Au dernier moment, un autre candidat s’est cependant déclaré en la personne de Gilbert Gladin, élu PS et adjoint à Rodez et proche de M. Teyssèdre. A la surprise générale, M. Gladin a été élu par 24 voix contre 14 à Daniel Rozoy. Finalement le PRG n’aura pas eu gain de cause et n’aura pas de vice-président à l’agglomération du Grand Rodez ; le PS ayant trusté la plupart des postes à sa portée au risque de mécontenter fortement son allié PRG.

Voilà qui risque fort d’accentuer les tensions au sein des élus de Rodez. Comme l’a dit en conclusion Daniel Rozoy : « demain est un autre jour… » ). Voilà qui promet des élections municipales très animées en mars prochain à Rodez.

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