Rodez : après la démission du président de l’agglomération, quel avenir pour le Grand Rodez ?

L’affaire couvait depuis de longs mois déjà, pour ne pas dire depuis son élection en 2008 à la tête de la communauté d’agglomération du Grand Rodez. Ludovic Mouly, simple conseiller municipal de Rodez et sans grand expérience politique et professionnelle, avait été élu à ce poste non sans surprise. Il annonce aujourd’hui sa démission pour rejoindre un poste au sein du groupe GDF-Suez, en charge de la conduite des projets de territoires.

Depuis son élection, M. Mouly était régulièrement l’objet d’attaques à son égard ; beaucoup le jugeant comme n’étant pas à la hauteur du mandat qui était le sien, incapable de prendre les décisions qui s’imposent et de définir une véritable politique de l’agglomération. A tel point que, vu de l’extérieur, les habitants de l’agglomération ont souvent eu l’occasion qu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion et que c’était plutôt la foire d’empoigne entre les élus des diverses communes pour tenter d’arracher un budget et faire avancer ses propres dossiers, plutôt que ceux de l’agglomération.

On est aujourd’hui bien loin de la politique d’intérêt communautaire qui régnait du temps où Marc Censi présidait l’agglomération, avec un projet global et équilibré entre les diverses communes. Aujourd’hui, c’est plutôt la politique de gribouille du côté de l’agglomération et force est de constater que les choses n’ont guère avancé au niveau du Grand Rodez.

Si Ludovic Mouly n’était manifestement pas l’homme de la situation, il est vrai que la tache ne lui a pas été facilitée par Christian Teyssèdre, le maire de Rodez, qui était en réalité le véritable président de l’agglomération et qui n’avait de cesse de privilégier avant tout sa ville. Bien que la majorité de l’agglomération soit aujourd’hui politiquement à gauche, les tensions entre certains élus n’ont jamais été aussi grandes ces dernières années.

Malgré les tensions et les crises, M. Mouly aura tout de même tenu cinq ans pendant lesquelles l’agglomération a fonctionné cahin-caha, plutôt mal que bien. A part la réalisation du musée Soulages engagé par l’équipe précédente, on peut s’interroger sur le véritable bilan de l’agglomération. En somme, cinq années de perdues pour l’agglomération du Grand Rodez qu’il va falloir rattraper d’une manière ou d’une autre. Une chose est d’ores et déjà acquise, les réalisations d’intérêt communautaire restent limitées et les finances de l’agglomération apparaissent pour les moins exsangues, pour ne pas dire franchement mauvaises, notamment au regard de la forte augmentation de la dette.

Espérons que l’on y verra plus clair dans les prochains mois. En attendant, à moins d’un an des élections municipales, personne ne semble prêt à se lancer dans une bataille politique pour la présidence de l’agglomération. Aussi, nul doute que dans les prochaines semaines, Christian Teyssèdre, maire de Rodez, devrait être élu président. A moins que …

Voilà qui ne va pas manquer de donner des ailes à M. Teyssèdre, à moins que le piètre bilan de l’agglomération ne s’avère finalement un fardeau lourd à porter !

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