Rodez : le périple ruthénois de Hollande pour rien ?

Ce mercredi 29 mai, François Hollande était de passage à Rodez. Accompagné de forces de l’ordre comme jamais on en avait vu à Rodez, même sous son prédécesseur, c’est sous une pluie battante qu’il a visité l’usine Robert Bosch France d’Onet-le-Château, puis le musée Soulages de Rodez.

Même si au final, la majorité des syndicats ont signé l’accord d’entreprise qui va permettre de maintenir des investissements importants pour pérenniser le site en concurrence directe face à d’autres pays, on ne peut oublier les difficultés rencontrées pour aboutir à un accord d’entreprise à Robert Bosch Rodez. On se rappelle en effet que les élus socialistes ruthénois, et notamment le maire de Rodez, M. Teyssèdre, n’avaient pas hésité à prendre à partie la direction du site de Rodez, en prenant fait et cause pour les syndicats les plus contestataires. Heureusement, la direction a réussi à ramener le calme en mettant en garde les syndicats quand aux dégâts irréversibles sur l’emploi que n’aurait pas manqué de générer un échec des négociations.

Finalement la raison l’a emporté et l’on ne peut que s’en réjouir lorsque l’on sait qu’outre les 1 600 emplois directs de Bosch, c’est autant d’emplois qui sont préservés dans la sous-traitance locale. Au moment où le nombre de chômeurs ne cesse de battre des records en Aveyron, comme en France, alors que l’ensemble de l’industrie automobile est en pleine crise, cet accord reste un excellent résultat pour toutes les parties. On peut regretter la relative froideur du chef de l’Etat à l’occasion de cette visite ; il est vrai que les salariés étaient précédés d’une cohorte d’élus de gauche qui s’étaient réservé les meilleures places ! Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour être aux premières loges, même si c’est pour être en face du chef de l’Etat le plus impopulaire que le République n’ait jamais eu. On ne sait jamais !

Les ruthénois auront remarqué la présence au premier rang des élus du Grand Rodez du président de l’agglomération et du maire de Rodez, eux qui jusqu’alors n’avaient pas daigné rencontrer les dirigeants du site Robert Bosch de Rodez, si ce n’est par presse interposée. Il est vrai que nos petits élus socialistes ruthénois n’ont aucune connaissance réelle du fonctionnement et des difficultés des entreprises aujourd’hui. Espérons que ce contact, bien que rapide et tardif, contribuera à faciliter les échanges avec cette entreprise clef pour l’avenir de agglomération et le département de l’Aveyron.

Contrairement à ce qu’à laissé entendre le chef de l’Etat, le gouvernement n’est strictement pour rien dans cet accord d’entreprise. Peut-être était-ce là aussi pour Hollande, en grand froid avec la chancelière Angela Merkel, l’occasion d’envoyer un petit signal d’entente cordiale entre les deux pays ? Pas sûr que cela suffise, surtout après ses critiques à l’encontre de la Commission européenne qu’il fera un peu plus tard depuis Rodez.

Dans une brève intervention ruthénoise, François Hollande a en effet vertement commenté les exigences formulées par la Commission européennes envers la France, en contrepartie du délai supplémentaire de 2 ans qui lui a été accordé pour ramener ses déficits à moins de 2.8% du PIB en 2015. Le président français a purement et simplement déclaré : « La Commission n’a pas à nous dicter ce que nous avons à faire » oubliant au passage qu’il avait lui-même signé, il y a un peu moins d’un an, le traité prévoyant la convergence des critères budgétaires au sein de l’Union européenne. Une déclaration pour le moins irresponsable de M. Hollande qui n’a pas du manquer de choquer la Commission et nos amis allemands qui doutent de plus en plus de la capacité et de la volonté du gouvernement socialiste français de respecter ses engagements.

Il s’agit d’ailleurs là d’une nouvelle contradiction au vu des objectifs affichés quelques semaines plus tôt par Hollande lui-même. On se rappelle en effet que lors de sa visite au congrès des 150 ans du SPD allemand à Leipzig, ce même Hollande avait déclaré : « On ne construit rien de solide en ignorant le réel ». Lors de son discours devant le SPD, il a même enfoncé le clou, donnant enfin l’impression de vouloir quitter son manteau socialiste pour endosser celui d’une social-démocratie moderne à l’européenne. Il avait notamment fait l’éloge de Gerhard Schröder, l’ancien chancelier SPD qui, en 2004, avait réalisé des réformes courageuses dans son pays, au travers des lois Hartz, qui avaient largement contribué à la réforme du marché du travail en Allemagne. En accordant beaucoup plus de flexibilité aux entreprises, cette grande réforme avait permis au pays de retrouver sa compétitivité quelques années plus tard.

Hormis quelques mini-réformes en trompe l’œil, il est hélas peu probable que Hollande ait le courage d’engager les réformes de structures nécessaires à la France. Manifestement, une fois de plus, le discours de Hollande devant le SPD en Allemagne n’était rien d’autre qu’une mascarade puisque quelques jours plus tard, face aux réalités françaises, il tient un discours irresponsable qui nie la nécessité de mener au plus vite les réformes structurelles profondes, comme le font ou l’on fait la quasi-totalité des grands pays européens.

Après la visite plus classique du futur musée Soulages, la soirée s’est terminée par une petite réception entre amis à l’hôtel de ville de Rodez, à l’invitation du maire socialiste de Rodez. Pendant que les rues de Rodez avaient été désertées du fait du quadrillage des forces de sécurité et du mauvais temps, tous les élus socialistes, radicaux et autres écologistes s’étaient massés autour de Hollande, au premier rang duquel la député et les sénateurs de gauche. Une belle brochette d’élus de gauche de tous poils, mais pour quel résultats ?

Si cette cérémonie n’avait rien de choquant en soit, on ne peut que s’étonner que les élus socialistes aient manifesté si peu de respect à l’encontre des précédents présidents de la République qui n’étaient pas de leur bord ; eux qui sont habituellement si prompt à donner des leçons de démocratie. En dépit des profondes divergences avec Hollande, nombre d’élus de droite et du centre étaient présents à cette rencontre, à commencer par Yves Censi, le député de la circonscription.

Malheureusement, cette visite n’a strictement rien apporté à l’agglomération du Grand Rodez et à l’Aveyron en général. Aucun dossier local  n’a manifestement été abordé, à commencer par la poursuite de l’aménagement de la RN88 à 2 X 2 voies entre Rodez et Séverac-le-Château ou le chantier du grand contournement autoroutier de Rodez. Un silence coupable des élus ruthénois face à l’urgence du dossier alors même que Mme Anne-Marie Escoffier, ancien sénateur de l’Aveyron, est elle-même ministre déléguée auprès de la ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, chargée de la Décentralisation, depuis le 21 juin 2012.

A quoi servent la ministre et les élus ruthénois s’ils sont incapables de faire avancer ce dossier majeur pour le développement économique de l’agglomération et du département ?

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