France : moins d’un an après l’élection de Hollande, les déficits publics explosent et l’image du pays se dégrade fortement

Selon la Commission européenne, les déficits publics de la France devraient atteindre 3.9% du PIB en 2013 et 4.2% en 2014, bien loin des objectifs fixés par l’Union européenne d’un maximum de 3% du PIB en 2013. Pendant ce temps, les déficits publics de l’Allemagne, le bon élève de l’Europe, devraient être proche de 0% à la fin de l’année 2013.

Ce manque de convergence des finances publiques en Europe, notamment au sein des grands pays de l’UE, n’a jamais été aussi important et ne s’explique pas uniquement, comme voudraient le laisser croire certains, par la faible croissance (le taux de croissance de l’économie allemande ne sera que de 0.3.% en 2013 contre -0.1% en France) ou d’un héritage passé (rappelons qu’en dépit de l’importance de la crise, Nicolas Sarkozy avait considérable réduit les déficits de 6.8% du PIB en 2009 à 4.5% en 2011, avec un objectif de 3.5% en 2012 au lieu des 4.8% obtenus).

En dépit de la grave crise de 2008, à fin 2011, Nicolas Sarkozy avait ramené les déficits à un niveau raisonnable, permettant de respecter le seuil maximum de 3% dés 2012 et ce en dépit d’une croissance très modeste, grâce à une bonne maitrise des dépenses publiques. D’ailleurs, à fin 2001, la France était en ligne avec la plupart des pays de l’Europe du nord et de l’Allemagne, même si la réduction était moins marquée. Force est de constater que cette évolution favorable des dépenses publiques a été remise en cause par l’arrivée de la gauche au pouvoir en mai 2012.  Cette situation traduit un réel manque de volonté politique de s’attaquer à la cause réelle des déficits publics qu’est le niveau très élevé et non maitrisé des dépenses publiques.

Face à la dérive des finances publiques en France en 2012 et 2013, la Commission européenne a finalement lâché du lest, en dépit du principe de rigueur imposé par les pays de l’Europe du nord. Au final, la France, qui s’avère incapable de tenir ses engagements de réduction des déficits pour 2013 et 2014, se voit accordée un délai supplémentaire de deux ans pour rentrer dans les clous, c’est-à-dire ramener ses déficits de moins de 3% du PIB au plus tard en 2015.

Une évolution qui n’est pas du goût de tous les allemands, y compris du ministre des Finances,Wolfgang Schäuble, qui s’inquiète publiquement des dérives budgétaires françaises et du manque de détermination à s’attaquer à la réduction des dépenses publiques de l’autre côté du Rhin.  D’autres vont plus loin et ne cachent pas : « C’est un mauvais signal donné … ; allonger les délais, c’est simplement dire continuez comme cela ». En d’autres termes, on verra bien plus tard ! N’est-ce pas là un moyen d’encourager le laxisme en France et au sein de l’Europe du sud, pays qui ont toujours beaucoup de mal à mettre en œuvre des programmes durables de réduction des dépenses publiques ?

De source européenne, au travers de cet assouplissement : « Il n’est pas question d’accorder ce délai sans engagement fort de la France …. Pour Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques : « Il faut que la France dévoile rapidement des mesures précises de réformes structurellesau moins aussi important que la poursuite de l’assainissement budgétaire ».

Pour être clair, au risque de déplaire à l’aile gauche du PS, la France n’en est qu’au début de la rigueur qui devrait se faire sentir rapidement. Pour François Hollande : « Ce serait une vue de l’esprit d’imaginer que la France puisse se dispenser du sérieux budgétaire indispensable. Quelle que soit la liberté que nous donne l’Europe, nous nous sommes fixé un objectif : que la dépense publique n’augmente pas d’une année sur l’autre ».

Rappelons que le niveau de dépenses publiques de la France atteint un record en 2013, soit 57.20% du PIB, le taux le plus élevé de toute l’Union européenne. Pour 2014, ce taux devrait encore sensible croître ; ce qui fait apparaître la France comme le mauvais élève de l’Europe qui s’obstine, seule contre tous les pays de l’Union, à se refuser à engager un véritable programme de réduction des dépenses et mettre en œuvre les réformes de structures qui s’imposent.

Espérons que les bonnes intentions affichées par Hollande et son gouvernement ne sont pas une nouvelle fois des paroles en l’air et que la France va enfin réduire durablement ses dépenses publiques, et pas que dans l’armée. Car à terme, avec une dette qui dépasse mi 2013 les 92% du PIB, contre 85.6% à fin 2011, celle-ci pourrait exploser rapidement et vite devenir insupportable pour le pays. Plus vite la France sera vertueuse, plus vite la dette sera maitrisée et la croissance et l’emploi seront au rendez-vous. Allez, un peu de courage M. Hollande !

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