France : en dépit des 800 000 manifestants contre le projet de loi de mariage pour tous, le gouvernement veut imposer son texte au plus vite

Dimanche 13 janvier, avec prés de 800 000 personnes, Paris a probablement connu la plus grosse manifestation depuis plus de 30 ans.

Cette grande manifestation regroupant de nombreux courants de la société française et de toutes les couches sociales se voulait une démonstration de force contre le projet de loi prévoyant la possibilité de mariage pour les couples homosexuels qui devait être soumis au Parlement fin janvier par le gouvernement socialiste.

La mobilisation des opposants à ce projet a été à la hauteur des attentes des organisateurs qui n’en espéraient pas tant. Pour autant, cette démonstration de force n’a semble-t-il pas été suffisante pour faire reculer le gouvernement ou, tout au moins, faire en sorte qu’un véritable débat public s’instaure sur le sujet avant le dépôt d’un projet de loi qui paraît pour le moins précipité et mal ficelé.

Face à une telle mobilisation publique, s’agissant là d’un grand sujet de société pour lequel un grand nombre de français sont aujourd’hui inquiets et partagés, n’aurait-il pas été opportun et responsable pour le chef de l’Etat de différer le projet, au moins momentanément, comme la sagesse l’y aurait incité ?

Dimanche 27 janvier, à leur tour, les partisans du mariage pour tous ont arpenté les trottoirs parisiens pour soutenir le projet de loi du gouvernement qui doit être présenté la semaine suivante à l’Assemblée nationale. Même s’ils ont été moins nombreux, leur nombre a approché les 300 000 personnes.

Ce mardi 29 janvier, comme il s’y était engagé, le gouvernement de M. Ayrault a présenté son projet de loi devant l’Assemblée nationale et indiqué vouloir faire adopter son projet sous 15 jours, au plus. Voilà qui promet des nuits agitées au Parlement !

Dans le climat actuel de tension de part et d’autre, on peut légitimement s’interroger sur l’urgence à vouloir faire adopter une loi, à la va-vite, sans prendre le temps nécessaire au dialogue et à l’apaisement, alors même que la loi envisagée risque de bouleverser profondément notre société. Où est l’urgence dans ce dossier alors que M. Hollande dispose d’un mandat qui ne prendra fin qu’en 2017 ? Pourquoi prendre le risque de diviser profondément la société française en raison de l’impact qu’une telle loi risque d’avoir sur la vie quotidienne de nombreuses familles françaises et des enfants en particulier ?

Compte-tenu de l’ampleur et de la gravité de la crise économique qui frappe la France et qui va perdurer largement en 2013 et bien au-delà ; ce qui va imposer à un certain nombre de nos concitoyens d’importants sacrifices financiers, en quoi l’adoption au pas de charge du projet de loi instaurant le mariage homosexuel revêt une priorité ? En quoi cela va-t-il régler les problèmes actuels que rencontre notre pays ?

Dans un tel contexte où la priorité devrait être aux réformes économiques, sociales et fiscales, pourquoi ce gouvernement qui est parmi les plus impopulaires que le pays ait connu, tente-t-il d’imposer un vote du Parlement à la hâte, sur un sujet dont l’urgence n’est pas établie ? Serait-il à ce point incapable d’affronter les vrais problèmes du pays ? A moins qu’il ne soit à la recherche d’un projet de loi qui fédère son camp politique, aujourd’hui très divisé et au bord de l’implosion ?

Finalement, les socialistes français qui excellent habituellement à donner des leçons de tolérance et de démocratie, n’ont que faire de l’avis de nombreux français. L’essentiel pour ce gouvernement, c’est d’imposer sa propre idéologie aux français au mépris de leur avis, y compris sur des sujets fondamentaux qui engagent durablement l’avenir notre société.

Pas sûr que les français apprécient ce passage en force de Hollande et de son gouvernement. Si tel devait être le cas, on peut penser que cela ne fera que renforcer un peu plus la mobilisation d’une majorité de français qui y verront là l’occasion d’instaurer un rapport de force face à un président et un gouvernement aux abois. Ce qui risque de générer, à terme, une crise politique majeure à un moment où notre pays n’en a pas besoin.

Sans compter qu’une fois encore, le conseil constitutionnel sera l’arbitre. Trouvera-t-il à redire à cette nouvelle loi, votée dans la précipitation ?

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