France : avec la nomination d’un proche à la tête du CSA, Hollande met l’audiovisuel sous influence et contredit ses engagements

Olivier Schrameck, ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin alors Premier ministre, a été nommé le 9 janvier dernier, président du Conseil du supérieur de l’audiovisuel (CSA) par François Hollande. M. Schrameck, conseiller d’Etat, ancien ambassadeur de France à Madrid, va donc succéder à Michel Boyon à la tête du CSA fin janvier. Il a travaillé plusieurs années aux côtés de Lionel Jospin, d’abord au ministère de l’Education nationale (1988-1991) puis à Matignon (1997-2002). Il avait également siégé dans la commission sur la rénovation de la vie publique présidée par M. Jospin en 2012.

Cette nomination très politique n’a cependant pas choqué grand monde, mis à part certains élus de l’UMP ! Pas de scandale donc. Le choix de Hollande de nommer Schrameck à la présidence du CSA n’a pas suscité la moindre remarque chez les journalistes en charge de l’actualité télévisée, radios et autres médias. C’est peu dire alors que ces derniers avaient, dés 2007, suspecté Nicolas Sarkozy de vouloir mettre au pas l’audiovisuel public en y imposant ses amis… La désignation d’Olivier Schrameck a pourtant de quoi causer bien des migraines aux partisans d’une « République exemplaire » chère à un certain Hollande.

En choisissant Schrameck pour la présidence du CSA, Hollande qui doit une large part de son ascension politique à Jospin, place donc un de ses amis politiques. Ce qui paraissait anormal venant de  Sarkozy, semble tout à fait anodin, voire normal, s’agissant d’une nomination politique par Hollande. Eh oui, la normalité !

Un quotidien de gauche a toutefois eu le courage de s’étonner publiquement de cette nomination. Libération dans  un article daté du 10/01/2013 et rappelle certains engagements aujourd’hui oubliés : « Moi, président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes ». Etait-elle belle l’anaphore télévisuelle déclamée par François Hollande face à un Nicolas Sarkozy … « Des instances indépendantes », ça faisait rêver. Et puis voilà que lui, président de la République, a nommé Olivier Schrameck à la tête du CSA, « l’instance indépendante ». Rien moins que celui qui fut le directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon entre 1997 et 2002 ; plus même qu’un dircab, un quasi vice-Premier ministre qui prenait part à chaque réunion et mijotait chaque décision. Alors que Hollande avait fait de l’indépendance de l’audiovisuel public un argument de campagne scandé à chaque meeting, une telle nomination fait mauvais genre…

Et Libération de poursuivre : « Mais pas du tout, sommes-nous médisants. Sitôt l’annonce faite hier, la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a sorti les rames : il ne s’agit «nullement d’une nomination politique. Vous verrez à l’épreuve des faits », a-t-elle lancé, « on ne peut pas faire de procès d’intention à M. Schrameck.» Et même que sa « compétence est reconnue ». Compétent, l’homme l’est certainement. Mais en matière d’audiovisuel, on ne voit pas. Peut-être a-t-il la télé ! Pour la première fois depuis sa création en 1989, le CSA – où se sont succédé Jacques Boutet (ancien patron de TF1), Hervé Bourges (ancien patron de la Une et de France Télévisions), Dominique Baudis (certes encarté à droite, mais journaliste) et Michel Boyon (qui avait été surtout dircab de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, mais avait tout de même dirigé Radio France) – sera présidé par un homme extérieur au sérail audiovisuel….

Finalement, à l’exception de Libération, une fois de plus, le petit monde journalistique français qui accusait un certain Nicolas Sarkozy de tous les maux et notamment de museler la presse, ferme les yeux face à une nomination très politique par la gauche à la tête du CSA, l’instance de contrôle et de régulation des médias. Il est vrai que l’immense majorité des journalistes ne brillent pas par leur indépendance et leur impartialité et ont trop souvent tendance à se comporter comme des militants, peu regardant vis à vis des politiques de gauche.

A qui les socialistes vont-ils faire croire que la nomination d’un patron de chaîne ou de radio par M. Schrameck, le nouveau président du CSA désigné par M. Hollande, serait un signe d’une plus grande indépendance des médias ? Au final, la nomination des responsables de chaînes publiques par le président de la République voulue par Nicolas Sarkozy présentait probablement la meilleure garantie d’indépendance et de transparence. Avec François Hollande, qui s’appuie sur des proches pour ces nominations, nous sommes bien loin d’une Républiques exemplaire !

Plus d’infos : http://www.atlantico.fr/decryptage/presidence-csa-quand-francois-hollande-nomme-amis-politiques-et-que-cela-ne-choque-personne-david-valence-601846.html#AiPZJ1QRXJH5mV08.99

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