Rodez : sous tension, le conseil municipal de fin d’année adopte finalement le budget et une subvention exceptionnelle au SRA

La réunion du conseil municipal du 20 décembre dernier devait être consacrée à l’examen du budget primitif 2013. Au final, une grande partie des débats a été dédiée à l’examen de la subvention exceptionnelle de 60 000 € demandée par le SRA rugby pour sortir de l’impasse financière actuelle. Cette dernière réunion de l’année aura également été l’occasion de vifs débats entre le maire et quelques membres de sa majorité.

Le budget primitif tel que prévu pour l’année 2013 s’établit à 57 millions d’euros, soit 33 millions d’euros pour le fonctionnement et 24 millions d’euros pour l’investissement. Les investissements seront financés à hauteur de 39% par l’emprunt. Côté recettes, l’adjoint aux finances a rappelé que les taux d’imposition de la taxe d’habitation et de la taxe foncière resteraient inchangés par rapport à 2012, même si la base imposable faisait l’objet d’une revalorisation annuelle par l’Etat. Ce qui au passage, permet une augmentation sensible des rentrées fiscales à taux constant. Rappelons au passage que lorsqu’il était dans l’opposition, ceci faisait dire à M. Teyssèdre que la municipalité augmentait les impôts tous les ans alors qu’il n’en était rien !

Le maire a d’ailleurs rappelé que la municipalité avait tenu ses engagements en baissant le taux de la taxe d’habitation de 5%, soit 1% par an. En fait, compte-tenu de la revalorisation annuelle des bases d’imposition d’un peu plus de 1% ; la baisse d’impôt promise de la taxe d’habitation n’a jamais été effective pour les contribuables. Au contraire, en dépit de la promesse de M. Teyssèdre de ne pas augmenter les impôts, du fait de la réduction de l’abattement général à la base de 15% à 10% opéré par la municipalité socialiste, abattement qui bénéficiait à prés de 80% des contribuables jusqu’alors, une majorité de contribuable a vu sa cotisation de taxe d’habitation augmenter sensiblement ces dernières années. C’est une réalité qui ne plaît guère à M. le maire, car la mise en place parallèle d’autres abattements comme celui réservé aux handicapés, ne viennent pas, loin s’en faut, limiter la hausse d’impôt subie par la majorité des contribuables ruthénois.

Contrairement aux années précédentes, la baisse de la dotation globale de fonctionnement versée par l’Etat n’a pas fait l’objet de débat et a été actée sans commentaire, contrairement aux autres années. Il est vrai qu’aujourd’hui c’est un gouvernement de gauche qui impose le régime minceur aux collectivités et c’est plus difficile de critiquer. En réponse aux inquiétudes formulée par l’opposant Bernard Saules quant au montant de la dette qui s’établirait officiellement à 22.5 millions d’euros à fin 2012, le maire s’est une nouvelle fois emporté en affirmant qu’il n’avait pas de leçon à recevoir du conseiller général de Rodez-Est au vu de la situation du Conseil général. Il a réaffirmé que la dette de Rodez était parfaitement maitrisée avec moins de 800 € par habitant, la plus basse des villes de Midi-Pyrénées. On ne demande qu’à le croire en ce qui concerne la ville de Rodez en espérant qu’il n’y aura pas de surprise en fin de mandat ! Pour ce qui est de l’agglomération, dont la dette a explosés depuis 2008, on aimerait que le maire de Rodez soit plus explicite et rassurant.

Une fois de plus, l’opposition n’est pas venue de la droite, mais des rangs de la majorité. Claudine Bonhomme (EELV), qui représentait Bruno Bérardi, également EELV, a fait preuve d’un certain courage en s’attaquant à la gestion municipale conduite par M. Teyssèdre. Elle a dénoncé les pratiques de management des personnels municipaux, parlant du « népotisme dans la politique d’embauche », l’absence de tarification des prix pratiqués pour l’eau et le défaut de coordination des investissements entre l’agglomération et la ville de Rodez, mettant à mal l’agglomération du Grand Rodez. Des propos qui ne font que reprendre ce qui se dit tout bas ici et là mais qui ont profondément irrité Christian Teyssèdre qui a parlé de « propos scandaleux et de contre-vérités » !

A prés d’un an des prochaines élections municipales, ces règlements de compte incessants au sein de la municipalité sortante ne font que s’accélérer ; promettant une campagne municipale pour le moins animée à gauche.

L’autre grand sujet de ce conseil, était l’examen de la demande subvention exceptionnelle de 60 000 € demandée par le SRA rugby. Rappelons pour mémoire que cette demande de subvention au SRA avait été rejetée par l’agglomération du Grand Rodez la veille. Pour autant, M. Teyssèdre, maire de Rodez,  s’était publiquement empressé d’annoncer que la ville de Rodez voterait cette subvention dés le lendemain. D’ailleurs, juste avant la réunion du conseil municipal, l’ensemble des élus de la majorité municipale avait été réunis en présence de ce dernier qui n’avait pas manqué de les briefer sur le sujet, en demandant aux élus de la majorité de défendre le principe de la subvention et de voter en sa faveur.

Les choses étaient donc claires dés le départ pour les supporters et dirigeants du SRA présents en force dans les tribunes. Petite faveur supplémentaire, le maire a demandé que cette demande de subvention soit évoquée en priorité, juste aprés le vote du budget, pour ne pas imposer aux supporters du SRA une longue soirée d’attente comme la veille à l’agglomération où les débats s’étaient achevés vers 22 h 00.

Comme la veille lors du conseil d’agglomération, le maire de Rodez s’est longuement exprimé en marquant son entier soutien au SRA et à ses nouveaux dirigeants, en minimisant les erreurs de l’équipe précédente qui est à l’origine des difficultés actuelle du club de rugby de Rodez. Il en a même rajouté une couche, allant jusqu’à affirmer que cette subvention avait pour vocation à venir en aide au maintien de la formation des jeunes au sein du club. Ce qui est tout à fait inexact puisque la subvention demandée a pour unique vocation à combler le déficit et les dettes du club afin de lui permettre de poursuivre son activité.

De nombreux élus de la majorité municipale et notamment Ludovic Mouly, mis en minorité la veille à l’agglomération, ont abondé dans le sens de Christian Teyssèdre, en soutenant le vote en faveur d’une subvention d’exploitation exceptionnelle de 60 000 € pour permettre au club d’échapper à la liquidation. Rappelons que la ville de Rodez verse annuellement 75 000 € au SRA à titre de subvention ; ce qui en l’espère, représentera la coquette somme de 135 000 € au titre de 2012. Même en admettant que la nouvelle équipe dirigeante sera à la hauteur et s’engagera dans une gestion saine et transparente, peut-on être certain de sauver définitivement le club ?

En ces temps de vaches maigres pour les collectivités, comme pour les citoyens, peut-on se permettre de cautionner une gestion pour le moins opaque de certains clubs ? A cet égard, Sarah Vidal a exprimé une position courageuse et réaliste qui n’a hélas pas été retenue par sa propre majorité. Sa contre-proposition visait à allouer au SRA la subvention exceptionnelle de 60 000 € sous la forme d’une avance sur subvention à venir, à raison d’une imputation de 15 000 € sur chacune des 4 prochaines années. La benjamine du conseil municipal ne sera pas suivie ; la priorité de la majorité municipale étant avant tout de sauver le SRA à tout prix.

Pour sa part, Michel Bouchet, fidèle à ses convictions affirmées la veille, a réitéré son opposition au versement de cette subvention dés lors que les comptes présentés ne lui paraissaient pas sincères. Il a demandé en vain que soit réalisé un audit indépendant sur la situation financière du club et que soit présenté un état des lieux précis de la billetterie depuis 5 ans. En effet, chacun sait que la billetterie présenterait  certaines anomalies et que les chiffres publiés quant-à la fréquentation du stade n’auraient rien à voir avec la réalité.  Lors des récentes réunions publiques, le maire de Rodez a régulièrement affirmé qu’au cours des derniers moins, la fréquentation du rugby serait de l’ordre de 3 000 à 4 000 spectateurs par match alors que selon certains, elle n’aurait guère dépassé les 2 000 spectateurs. Ce qui n’est pas la même chose !

Finalement, la majorité municipale de gauche a largement suivi le maire de Rodez et voté en faveur de la subvention exceptionnelle de 60 000 € au SRA, en dépit d’un vote négatif et d’un certain nombre d’abstention. Espérons que celle-ci suffira à sauver durablement le club de rugby de Rodez et qu’en contrepartie, ce dernier fera preuve d’une gestion des plus rigoureuse et transparente.

Dans un souci de saine gestion des fonds publics, reste aussi à espérer que la municipalité ruthénoise mettra quelques exigences dans l’organisation et le financement des clubs sportifs et assortira ses subventions à venir à la présentation de comptes probants et certifiés qui ne souffrent pas de contestations. Il faut maintenant espérer que d’autres clubs ne viendront pas frapper à la porte de la ville de Rodez !

Les contribuables ruthénois apprécieront-ils ces largesses à l’encontre d’associations sportives pour le moins peu rigoureuses avec les fonds publics alors que les mêmes élus de l’agglomération ont refusé de revoir à la baisse les fortes augmentations des bases d’impositions à la CFE qu’ils ont eux-mêmes votées en faveur des commerçants les plus modestes ?

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