France : une fin d’année désastreuse pour Hollande et son gouvernement qui annonce une année 2013 plus que délicate !

Il y avait d’abord eu, en cette rentrée 2012, la dégradation de la note AAA affectée à la dette française par Moddy’s, la principale agence de notation mondiale. Elle a finalement confirmé celle prise par Standard & Poors en début d’année, mais en assortissant celle-ci de perspectives négatives pour les prochains mois. Ce qui n’est guère rassurant. Même si pour des raisons purement techniques, la France continue d’emprunter à long terme à des taux bas, inférieurs à 2%, cette décision est un avertissement sérieux au gouvernement qui n’a pas réussi à rassurer les marchés, inquiets de l’absence de réelles mesures destinées à réduire drastiquement les dépenses publiques et à engager les réformes de structures indispensables. A ce rythme, la note de la France risque une nouvelle dégradation dés le 1er trimestre 2013 avec toutes les conséquences que cela implique.

La première révolte a débuté fin septembre avec l’annonce par le gouvernement de son intention de taxer à plus de 60% les plus-values réalisées par les créateurs d’entreprises lors de la cession de leur société. Cela a valu au gouvernement Ayrault une volée de bois vert du monde économique qui a condamné le projet de loi, à l’instar des « pigeons », les jeunes dirigeants d’entreprises de croissance et autres business-angels qui refusaient de voir le fruit de longues et difficiles années de travail et les nombreux sacrifices financiers consentis pour pérenniser leur entreprise, s’évanouir soudainement, privés des éventuels profits générés par la revente de leur affaire en cas de succès. Une grande première dans le monde occidental !

Après quelques semaines de tergiversations, le gouvernement a finalement cédé devant la pression du monde économique pour qui cette mesure était jugée fatale à la création d’entreprises à un moment où celles-ci manquent tant à la France. Au final, la fiscalité des plus-values sur cession de titre sera revue à la baisse mais deviendra un peu plus incompréhensible. Il est vrai que, sous les coups de boutoirs des lobbies de tous poils, la France se singularise par une fiscalité complexe, changeante et illisible. De ce côté-là, les choses ne vont hélas pas en s’arrangeant.

Il y a ensuite eu la décision d’accorder un crédit d’impôt de 20 milliards aux entreprises pour améliorer leur compétitivité. Celle-ci avait été reçue avec soulagement par le monde économique et semblait marquer un sensible changement de cap du gouvernement, vers plus de réalisme économique et d’ouverture sur le monde. En sorte, un premier pas vers la social-démocratie à l’européenne. Hélas, quelques semaines après l’annonce du dispositif, force est de constater que rien n’est acquis. Ce dispositif qui devait initialement n’être soumis à aucune contrepartie pour les entreprises bénéficiaires, sous la pression de l’aile gauche du PS et de la gauche radicale, risque de devenir une nouvelle usine à gaz, d’autant plus que le crédit d’impôt ne sera restituable qu’en 2014 ! De plus, au final, ce dispositif ne fait que remplacer les mesures prises par le gouvernement précédent en matière de TVA sociale pour améliorer la compétitivité des entreprises et pénaliser les importations ; mesures supprimée par l’actuel gouvernement dés sa prise de fonction pour des raisons purement idéologiques. Reste maintenant à annoncer et mettre en place les mesures nécessaires au financement de ce crédit d’impôt : à savoir, les augmentations de la TVA et surtout, les mesures de réduction des dépenses dont on ne sait toujours rien. Voilà qui promet encore quelques débats et bien des réactions à gauche !

Plus récemment, c’est la décision de M. Ayrault, Premier ministre, d’engager les travaux de construction de l’aéroport de Notre Dame des Champs, prés de Nantes, qui a mobilisé de très nombreux opposants qui se sont radicalisés au fil des semaines. En effet, le gouvernement socialiste a expulsé par la force les manifestants qui s’étaient approprié le site pour s’opposer au démarrage des travaux. De la part d’un gouvernement de gauche, l’utilisation de la manière forte en a surpris plus d’un et mobilisé un peu plus les opposants contre ce projet d’aéroport Ayrault. Il est vrai qu’après l’abandon, il y a quelques années, du projet d’un nouvel aéroport toulousain dont l’utilité était probablement davantage justifiée en raison de la forte progression du trafic et l’extension des usines d’Airbus, tel ne semble pas être le cas de Nantes. Ceci est d’autant plus vrai que de nombreux aéroports bretons voisins sont largement sous-utilisés et déficitaires et pourraient accueillir l’éventuel trafic supplémentaire si le besoin s’en faisait sentir demain. Par ces temps de crise des finances publiques, ce projet de nouvel aéroport nantais paraît démesuré et sans fondement. Fort de ce contexte, les opposants sont aujourd’hui en position de force face à M. Ayrault qui devra probablement reculer pour ne pas se mettre à dos une majorité de français de tous bords.

L’autre dossier chaud de l’automne a été introduit par M. Montebourg, responsable du fameux ministère du redressement productif à propos du site Arcelor-Mittal de Gondrange. Les dirigeants du groupe refusaient en effet de relancer le site voué à la fermeture, partiellement condamné en raison, d’une part, de certaines installations vétustes et peu productives et, d’autre part, de la réduction importante de la production d’acier ces dernières années du fait de la crise et des coûts élevés de production. Las des discussions, le ministre avait fini par insulter les dirigeants du groupe en leur indiquant qu’ils n’étaient pas les bienvenus en France et proposé aux 630 salariés la nationalisation pure et simple du site industriel. Face au dérapage du dossier Arcelor-Mittal, groupe qui pèse pas moins de 20 000 salariés en France, et aux conséquences sur l’image du pays à l’extérieur, le gouvernement et M. Hollande lui-même ont finalement repris le dossier en main.

Finalement, après avoir reçu M. Mittal à l’Elysée, M. Hollande a fini par accepter les propositions du groupe Arcelor-Mittal d’investir prés de 180 millions d’euros sur 5 ans, soit environ la même somme qu’il avait initialement prévu pour maintenir l’outil industriel. Un bien faible résultat qui ne règle pas le problème de fond et qui mécontente grandement les salariés et syndicats. Au passage, notons que selon un sondage paru ce 8 décembre, prés de 75% des français pensent que sur ce dossier, le gouvernement et François Hollande se sont fait rouler dans la farine par les dirigeants d’Arcelor-Mittal. Voilà donc un dossier qui n’a pas fini de faire des vagues… d’autant que le site industriel de Gondrange est condamné depuis de longues années et plus encore depuis 2011. Dommage que le gouvernement et le chef de l’Etat n’aient pas eu le courage de l’annoncer aux salariés et de proposer un véritable plan de reconversion du site plutôt que de gesticuler dans tous les sens, pour donner l’apparence d’avoir fait quelque chose.

Au passage, est-il du ressort du gouvernement d’essayer de régler le problème d’un site industriel malheureusement condamné pour sauver 630 emplois alors que, quotidiennement, plus de 1 000 salariés perdent actuellement leur emploi en France ? Le gouvernement va-t-il demain tenter de soutenir tous les vieux sites industriels en difficultés et économiquement condamnés, comme les sites de Pétroplus (cher à M. Fabius), du chantier naval de Saint Nazaire, de Rio Tinto dans les Alpes, d’Alcatel-Lucent à Vélizy, et c… ? Le gouvernement serait mieux inspiré de consacrer son énergie à favoriser durablement la compétitivité des entreprises françaises et encourager de nouvelles filières économiquement plus rentables et qui résistent à la concurrence mondiale.

Mais pour cela, encore faut-il avoir une vision économique réaliste et un véritable projet pour l’avenir de la France, en engageant les réformes nécessaires qui s’imposent au plus vite. Gouverner s’est prévoir, mais aussi assumer politiquement des choix clairs, quitte à déplaire à ses extrêmes. Depuis l’arrivée de François Hollande, beaucoup d’interrogations se font jour face à la cacophonie permanente et à l’absence de véritable gouvernance au plus haut niveau de l’Etat. Y-a-t-il encore un pilote dans l’avion France ? Dans ce contexte, l’année 2013 s’annonce extrêmement difficile pour la France.

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