France : L’Allemagne s’interroge et s’inquiète de la politique économique suivie par le gouvernement socialiste

6 novembre 2012

Le quotidien Les Echos, dans son édition du 2 novembre dernier titrait : « La politique économique française inquiète Berlin »

Le journal rappelait la récente une du célèbre tabloïd conservateur allemand Bild Zeitung : « La France est-elle la nouvelle Grèce ? ». Mettant le doigt sur les faiblesses de la France, le journal poursuivait : « Le président François Hollande doit enfin imposer des réformes impopulaires et enterrer ses chères promesses de campagne : le désir et la réalité sont trop éloignés l’un de l’autre en France »

Même si le « Bild » est coutumier de la provocation, sa proximité politique avec la chancelière Angela Merkel laisse à penser que le journal affirme tout haut ce que cette dernière et l’ensemble de la classe politique allemande pensent tout bas. En effet, qu’ils appartiennent à la CDU-CSU ou au SPD, les politiques allemands partagent aujourd’hui sensiblement la même position sur les moyens de sortir de la crise de la zone euro. Celle-ci est en totale contradiction avec la politique suivie en France pour le gouvernement socialiste qui continue à faire cavalier seul, quitte à foncer dans le mur.

L’avertissement faisait suite à une déclaration Gerhard Schröder faite la semaine dernière. L’ancien chancelier à l’origine des réformes courageuses de 2003, dénommées « Agenda 2010 » avait déclaré craindre que la France ne finisse par avoir autant de difficultés à ce financer que l’Italie ou l’Espagne. En effet, pour celui qui soutien aujourd’hui le candidat SPD, Peer Steinbrück face à Angela Merkel, les gros défis au sein de la zone euro ne sont pas seulement à Rome et à Madrid, mais aussi à Paris. Voilà qui est dit !

Berlin s’inquiéterait de la paralysie progressive de la construction européenne du fait des déséquilibres croissants entre l’Allemagne et la France. Ce constat serait conforté par les diverses tentatives protectionnistes du nouveau gouvernement socialiste qui entend défendre un Etat omniprésent, combiné à l’absence de véritables réformes structurelles en vue de doper la compétitivité du pays.

Selon un diplomate allemand, « l’Allemagne a besoin d’un partenaire solide et stable pour gérer la crise de la zone euro. Et il y a un doute profond sur la capacité de la France à endosser ce rôle là ». Angela Merkel serait très attentive sur la suite donnée au rapport Gallois sur la compétitivité, sur l’évolution de l’économie française et plus généralement sur les décalages importants entre les réformes structurelles menées en Italie, en Espagne et au Portugal au regard du retard pris par la France.

Pour les dirigeants politiques allemands, François Hollande est au pied du mur et doit se retrousser les manches quitte à affronter la colère de la rue, rappelant au passage que les réformes en Allemagne s’étaient faites dans la douleur en 2003 et 2004, malgré les manifestations. Finalement, le courage politique de Gerhard Schroder avait fini par payer (même s’il avait été battu aux élections qui ont suivi) puisque aujourd’hui l’Allemagne a retrouvé les chemins de la compétitivité, de la croissance, de l’exportation et de l’emploi, avec des augmentations sensibles de salaires en 2012.

Pendant ce temps, en France, contrairement à l’Italie et à l’Espagne qui ont pris des mesures courageuses qui sont aujourd’hui en train de porter leurs fruits, le gouvernement socialiste persiste dans l’immobiliste, refusant de prendre les mesures qui s’imposent pour retrouver la compétitivité, à commencer par la réduction drastiques des dépenses publiques et la mise en place de profondes réformes de structures.

Jusqu’à quand la France va-t-elle nier l’ampleur de la  crise et aller à contre courant de l’Europe ?

La gouvernement va-t-il longtemps continuer à tromper les français en niant la nécessité d’une politique de réduction des dépenses publiques et des charges qui pèsent sur les entreprises ?

Il y a urgence pour la France à agir, sous peine de se trouver rapidement dans un scénario à la grecque. Espérons que le rapport Gallois sera l’occasion d’un véritable changement dans la politique suivie par le gouvernement.


France : le pays champion du monde de la consommation de médicaments est aussi le 3ème marché mondial que se disputent les grands laboratoires (2)

5 novembre 2012

« Le guide des 4 000 médicaments, utiles, inutiles ou dangereux » publié à l’initiative des professeurs Philippe Even et Bernard Debré, est paru début octobre aux éditions Cherche Midi. Il figure d’ores et déjà parmi les meilleures ventes en librairie de France, preuve que le livre répond à certaines interrogations du grand-public.

Ces personnalités reconnues du monde médical (le premier est l’ancien doyen de la faculté de médecine  Necker et président de l’institut du même nom, tandis que le second est vice-président de l’institut Necker et membre du Comité national d’éthique pour la recherche et les sciences de la vie), tirent le signal d’alarme sur la prescription excessive, pour ne pas dire abusive, de médicaments en France, les risques que cela entraîne pour la santé, l’énorme pression des laboratoires pharmaceutiques et le surcoût généré pour la collectivité toute entière.

Avec seulement 65 millions d’habitants, la France est le 3ème marché mondial du médicament avec 5.9% du marché, derrière les USA (44%) et le Japon (11.60%), a égalité avec l’Allemagne (85 millions d’habitants), mais très loin devant la Chine 3.7%, l’Italie 3.20%, l’Espagne 3% et le Royaume-Uni 2.90%. Pour autant, des pays comme le Royaume-Uni, l’Italie ou l’Espagne ne sont pas plus mal soignés que la France qui consacre un budget de 35 milliards d’euros aux médicaments, contre moins de 20 milliards pour chacun de ces derniers pays.

Le marché français du médicament est largement dominé par les laboratoires étrangers. Les laboratoires français contrôlent 38% du marché local, dont 26% pour Sanofi. Les laboratoires américains représentent 25% (9% pour Pfizer-Wyeth ; 7% pour MSD-Shering ; 5% pour Janssen-Cilag et 4% pour Eli Lilly, BMS, Abbott) ; les anglais 12% (6% pour Astra-Zeneca et 6% pour GSK Glaxo-SmithKline), les suisses 11% avec Roche, Novartis, Sandoz, Ciba-Geigy) et les allemands 8% (Bayer, Boehringer, Merck).

Les principaux laboratoires mondiaux sont (CA en milliards de dollars): Pfizer (58 G$), Novartis (50 G$), Roche (39 G$), MSD (46 G$), GSK (40 G$), Astra-Zeneca (33 G$), Sanofi (30 G$), Eli Lilly (23 D$)…  Malgré les profits en forte hausse, depuis 20 ans, les laboratoires ont découvert l’un des plus faibles nombres de nouvelles molécules ; preuve que les profits ont été privilégiés aux investissements. Par contre, les prix des médicaments en France, y compris les génériques, ont connus une très forte augmentation alors que leur efficacité était parfois nulle et qu’ils continuaient à être remboursés à 100%.

La surconsommation de médicaments est une réalité bien française, même si la consommation tend à se stabiliser ces dernières années. En moyenne, les français consomment 3.7 comprimés par jour, soit 48 boîtes par an (prés d’une par semaine). Selon la classe de médicaments, la France est par habitant, championne d’Europe entre 2003 et 2011 dans toutes les catégories.

Les médicaments les plus vendus en France en 2010 : n° 1 : Tahor (Pfizer) cholestérol avec 485 M€, n° 2 : Avastin (Roche) cancer avec 390 M€, Inexium (Astra-Zeneca) reflux pour 330 M€, Seritide (GSK) asthme pour 305 M€, Crestor (Astra-Zeneca) anti-cholestérol pour 285 M€, Humira (Abbott) polyarthrite avec 270 M€, Enbrel (Wyeth) polyarthrite pour 260 M€, Herceptine  (Roche) cancer du sein pour 240 M€, Remicade (Shering) polyathrite pour 230 M€, Mabthera (Roche) lymphomes pour 220 M€, Taxotère (Sanofi) cancers pour 210 M€, Doliprane  (Sanofi) analgésique pour 205 M€, Plavix  (Sanofi) antiagrégant pour 205 M€, Glivec (Novartis) leucémie pour 190 M€, Lovenox (Sanofi) anti-thrombose pour 185 M€….

Parmi ces derniers, nombre parmi les plus importants sont prescrits alors qu’aucune indication médicale ne le recommande, bien au contraire.

  • IMPORTANT : Les présentes données sont communiquées à titre d’information et ne peuvent en aucun cas constituer des recommandations médicales. Elles sont extraites du « guide des 4 000 médicaments » des professeurs Philippe Even et Bernard Debré paru en octobre 2012 aux éditions Cherche Midi. Il est rappelé que toute prescription de médicament  doit être impérativement réalisée par un professionnel de santé.