France : Le non à Montebourg du commissariat européen au Commerce

Voici quelques mois, notre cher ministre  du « redressement productif » était parti en guerre contre les constructeurs automobiles coréens Hyundai. Selon lui, ces derniers mettaient en péril l’industriel automobile française en pratiquant le dumping social via l’importation massive de véhicules fabriqués en Corée du sud à moindre coût, du fait notamment de rémunérations beaucoup plus basses et d’horaires de travail prés du double de chez nous.

Le ministre avait dénoncé les menaces que faisait ainsi peser l’accord de libre échange conclu courant 2011 entre la Corée du Sud et l’UE sur l’industrie automobile européenne qui aurait conduit à une augmentation importante des importations de véhicules en provenance de Hyundai et Kia. La France avait saisi la Commission européenne en demandant la mise sous surveillance des importations de voitures sud-coréennes.

La décision du commissariat au Commerce a été claire et cinglante : « Les conditions requises pour l’introduction d’un mécanisme de surveillance ne sont pas remplies ». En fait, la Commission estime que la France a artificiellement gonflé les importations européennes en se basant une période de référence erronée. En réalité, si les chiffres montrent une sensible augmentation des importations sud-coréennes sur les 12 derniers mois vers l’Europe, l’augmentation est deux fois moindre en France. En outre, plus de 55% de ces véhicules Hyundai et Kia  proviennent de l’Union européenne, 15% d’autres pays et seulement 30% de Corée du sud.

La Commission européenne rappelle par ailleurs des réalités qui ont manifestement échappé à M. Montebourg : « Nous ne pouvons pas nous réjouir de l’augmentation des exportations de l’UE vers la Corée, et dans le même temps, déplorer que les importations de ce même pays vers l’UE ont aussi augmenté ». Il est en effet bon de préciser que les échanges avec la Corée du sud se sont beaucoup développés depuis cet accord, et ce, très largement au profit de l’UE, y compris en France et au détriment de la Corée du sud.

Tous les autres arguments avancés par la France ont été balayés d’un revers de main par la Commission européenne. S’agissant notamment des accusations de concurrence déloyale, tant au plan social qu’environnemental « elles ne sont pas fondées ». C’est le cas des conditions salariales et des horaires de travail qui sont, y compris en Corée du sud, proches de ceux pratiqués en Europe.

Une fois encore, plutôt que de gesticuler à tous propos et de surfer sur les difficultés des entreprises confrontées à une profonde crise et à une rude concurrence, le ministre du « redressement productif » serait bien inspiré de concentrer son énergie à créer un climat économique, fiscal et social plus favorable à la compétitivité et au développement pour les accompagner dans l’âpre bataille de la mondialisation à laquelle elles doivent faire face au quotidien.

Cessons de tromper les français. Ce n’est certainement pas en s’opposant aux licenciements que la France va préserver ses entreprises et ses emplois ! Bien au contraire. La compétitivité est la règle pour survivre aujourd’hui.

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