France : la cacophonie règne entre le président, son gouvernement et le PS

Après l’immobilisme, pour de nombreux observateurs de la politique française, c’est maintenant la confusion et la cacophonie qui règnent au sein du gouvernement et du Parti socialiste.

La cacophonieau sujet du nucléaire, après les déclarations d’Arnaud Montebourg sur cette « filière d’avenir ». Cette affirmation avait valu au ministre du « redressement productif » une réprimande  du Premier ministre. Son prédécesseur à Matignon, François Fillon, avait quant-à lui conseillé au chef de l’Etat, à « choisir clairement entre l’intérêt de la France, qui se confond avec le maintien de notre filière nucléaire, et les intérêts partisans de sa majorité ».

Même chose sur le traité budgétaire européen, dont la ratification par les députés socialistes s’est faite de justesse. Contrairement à ce qui était attendu par le gouvernement, pas moins de 20 députés socialistes ont voté contre ou ont préféré s’abstenir. Une attitude qui fragilise grandement la majorité gouvernementale et est de nature à provoquer une crise politique en son sein alors que celle-ci n’est au pouvoir que depuis moins de 6 mois.

Autre cacophonie initiée par le ministre de l’Education, Vincent Peillon, un représentant de la gauche du Parti socialiste. Il avait estimé dimanche dernier lors de l’émission « tous politiques » diffusée par France Inter – Le Monde et l’AFP que la dépénalisation du cannabis pourrait être un moyen de lutter contre le trafic de drogue qui gangrène nos banlieues. « La question est posée, et je souhaite qu’on puisse avancer sereinement », avait-il déclaré. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, l’a vertement désavoué dés le lendemain, excluant tout débat sur la dépénalisation du cannabis.

Concernant le projet de loi de finances pour 2013, les députés socialistes avaient préparé deux amendements : l’un pour étendre la redevance de télévision aux résidences secondaires ; l’autre portant l’augmentation de la redevance de 2 à 4 euros. Finalement, le gouvernement a rejeté la proposition d’établir une redevance pour les résidences secondaires. Selon un membre du gouvernement, quelque peu désolé et gêné aux entournures : « En fait, j’ai mal compris, il y a eu de la friture sur la ligne cette nuit. Finalement, ce sera une augmentation de 2 euros plus l’inflation. » Le 16 octobre au matin, plusieurs sources à l’Elysée et au gouvernement indiquent que la redevance TV sera augmentée de 4 euros, plus l’inflation, soit 6 euros en tout. Cela pour remplacer l’extension de la redevance aux résidences secondaires, qui était voulue par le groupe socialiste à l’Assemblée.

Cacophonie encore, la commission des Finances de l’Assemblée nationale avait adopté à une large majorité un amendement socialiste au projet de budget pour 2013 visant à inclure les oeuvres d’art d’une valeur de plus de 50.000 euros dans la base d’imposition à l’ISF. La ministre de la Culture Aurélie Filippetti avait exprimé son opposition à cette disposition qui avait aussitôt suscité un très vif émoi dans les milieux de l’art. Quelques jours plus tard, Matignon et l’Elysée indiquaient qu’ils s’opposaient à cet amendement pourtant soutenu par le PS et le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac lorsqu’il était dans l’opposition.

Le Premier ministre, M. Ayrault a qualifié « d’objectif impératif » le retour du déficit public à 3% du PIB (Produit intérieur brut) dés 2013, un chiffre remis en cause au sein même de sa propre majorité. « C’est un objectif impératif, c’est la souveraineté nationale qui est en jeu, c’est les marges de manoeuvre qu’il faut que l’on retrouve », a-t-il déclaré sur Europe 1 alors que de son côté, le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, a évoqué dimanche le « côté absurde » de cet objectif.

Comme on le voit, en quelques jours, gouvernement et Parti socialiste entretiennent une véritable cacophonie qui tend à démontrer qu’il n’a pas de véritable pilote dans l’avion France. De telles contradictions sur des sujets le plus souvent majeurs pour notre pays, risquent rapidement de tourner à l’épreuve de force entre le gouvernement et sa majorité. Rien de bien réjouissant pour la France au moment où elle traverse l’une des plus profondes crises de son histoire et que des décisions fortes et courageuses sont attendues d’autant que, n’en déplaise au président de la République, la zone euro et la France ne vont pas sortir de la crise avant de longues années.

« Le changement, c’est maintenant » était son slogan de campagne ! On attend toujours…

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :