Présidentielle 2012 : Hollande succède à Sarkozy à l’Elysée

8 mai 2012

Finalement, sans grande surprise, François Hollande a emporté la présidentielle 2012 avec 51.3% des voix.

Disposant d’une avance substantielle depuis le lancement de sa campagne en fin d’année 2011, largement favori des instituts de sondage qui lui avaient donné une avance allant jusqu’à 20 points par rapport à Nicolas Sarkozy, le nouveau président ne l’a finalement devancé que d’un plus de 3 points. Autant dire qu’au fil des semaines, son avance a sensiblement fondu. Mais l’essentiel n’était-il pas de gagner le scrutin le 6 mai ? Voilà qui est fait pour Hollande.

Au final, ce dernier remporte l’élection sans panache, avec un score relativement modeste et un taux de participation en baisse à 81%. Rappelons qu’en 2007, Nicolas Sarlozy avait été élu avec plus de 53% des voix avec une participation de prés de 86%. Voilà qui en dit long sur le faible intérêt des français pour la campagne et leur peu de motivation à aller voter, après une morne campagne marquée par la quasi-absence de propositions pour sortir de la crise et surtout l’alliance des 9 candidats contre le président sortant, en lui faisant porter le chapeau de tous les maux du pays. C’était effectivement plus facile que de parler des solutions à la crise !

Face un président sortant affaibli par la crise et au plus bas dans les sondages depuis plusieurs années, force est constater qu’avec seulement 51.3% des voix, François Hollande est loin d’avoir convaincu. Et pour cause, il n’a pas apporté de réponse claire aux problèmes liés à la grave crise actuelle, ni su galvaniser les français sur un véritable projet fédérateur pour préserver l’avenir de la France. S’il l’emporte, c’est davantage par la relative faiblesse de Nicolas Sarkozy et surtout l’anti-Sarkozysme qu’il a habilement distillé tout à long de cette campagne que par l’adhésion à sa personne.

Elu principalement par rejet du sortant, le nouveau président de la République n’a qu’une légitimité limitée. Il devra au plus vite rassurer les français quant-à sa capacité à assumer les plus hautes fonctions en ces temps de crise et surtout prendre rapidement les bonnes décisions, à commencer par la réduction des dépenses publiques. Il n’y aura guère d’état de grâce d’autant que le nouveau président doit maintenant emporter les élections législatives ; un résultat qui n’est pas acquis même si habituellement, les français ont donné une majorité aux élections législatives qui ont suivi l’élection de ce dernier.

De son côté, parti de très loin et au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy a réalisé une lente mais belle remontée pour terminer à 48.37% des voix. Malgré la position difficile du sortant, qui a du traverser la crise financière de 2008, puis celle de la dette de la zone euro en 2010 à 2012, il a mené une campagne de terrain courte mais courageuse pour tenter d’expliquer sa gestion et proposer son programme. Hélas, il est souvent apparu un peu seul dans cette campagne, parfois basée sur des thématiques marginales, qui ont probablement nuit à la lisibilité et à la cohérence de son projet.

Comme au cours des diverses crises qu’il a du affronter, Nicolas Sarkozy s’est battu jusqu’au bout face à une coalition sans précédent, unie comme lui, avec l’énergie hors de commun qu’on lui connaît. Dommage que cette énergie et cette expérience précieuse ne reste pas au service de la France.

Quoi qu’il en soit, le nouveau président devrait entrer en fonction dés le 15 mais prochain et désigner rapidement son gouvernement en vue d’affronter les élections législatives des 10 et 17 juillet prochains. Gageons que ces dernières nous réserveront quelques surprises, tant à gauche qu’à droite, où l’UMP devra faire face à un Front national sorti renforcé de la dernière présidentielle.

Quel que soit le résultat, qu’ils le veillent ou non, les français vont devoir passer à la caisse. Espérons que ce ne sera pas pour rien ! Cette fin d’année 2012 risque de se révéler politiquement et socialement très chaude et délicate pour le nouveau pouvoir. Un test grandeur nature pour Hollande et son équipe.


France : la mort annoncé du centre incarné par le Modem

3 mai 2012

Comme il l’avait annoncé, François Bayrou qui avait obtenu 9.13% des voix au 1er tour de l’élection présidentielle, s’est prononcé ce jeudi 03 mai pour le second tour de scrutin.

Alors qu’il a toujours appartenu à des formations politiques de centre droit et participé à de nombreux gouvernement de la même couleur politique ces dernières décennies, à titre personnel, il a indiqué qu’il voterait pour François Hollande au deuxième tour. Pour autant, il a tenu à rappeler que son parti le Modem ne donnait aucune consigne de vote.

Voilà une décision qui constitue une première pour une formation politique de centre droit : rallier la gauche pour l’élection présidentielle. Il faut croire que les amicales pressions et autres propositions de François Hollande n’y sont pas étrangères. Car au final, quels peuvent être  les points communs entre une formation politique du centre et la gauche la plus radicale ? Comment ce même François Bayrou qui s’était fait le chantre de la lutte contre les déficits publics et la dette, peut-il rallier la gauche et Hollande qui refusent de mettre en œuvre la règle d’or et de réduire durablement les dépenses publiques ? N’y a-t-il pas là une imposture de la part de M. Bayrou ?

Pour justifier cet appel du pied à la gauche et à l’extrême gauche, M. Bayrou s’est dit offusqué par les prises de position de Nicolas Sarkozy en matière d’immigration et vis-à-vis du Front national qu’il ne saurait appuyer de quelques manières que ce soit. N’est-ce pas là une argumentation un peu simpliste et erronée ? En tout cas, l’immense majorité de ses anciens amis centristes de toujours restent fidèles à Nicolas Sarkozy et ne semblent pas heurtés par les discours de ce dernier. Ils sont pourtant au moins aussi centristes que lui, si ce n’est plus.

On le sait, M. Bayrou apprécie davantage Hollande que Sarkozy qu’il déteste. Et puis M. Bayrou, dont le parti végète régulièrement à moins de 5% aux élections, sait être opportuniste. Il ne lui a pas échappé que les instituts de sondages donnent M. Hollande comme favori du second tour. Après tout, pourquoi ne pas tenter de faire un bout de chemin avec la gauche puisque le vent semble souffler dans ce sens, quitte à s’allier avec le diable et à renier ses propres engagements et convictions. Et si au final Nicolas Sarkozy l’emportait contre tous ?

Une chose est sûre, pas sûr que les électeurs du Modem qui votent à prés de 50% pour Nicolas Sarkozy, apprécient une telle manœuvre politicienne et tellement opportune pour lui-même ; lui qui par le passé s’est si souvent montré virulent envers les deux grandes formations politiques traditionnelles.

Une chose est sûre, en ralliant sans conditions M. Hollande, François Bayrou signe sa mort politique à court terme. Jamais son électorat traditionnel et plus encore ses nombreux amis politiques ayant rejoint Nicolas Sarkozy ne lui pardonneront cet écart. D’ores et déjà, les personnalités politiques du centre vont monter à la manœuvre pour faire renaître dans les prochains mois cette formation politique au centre de l’échiquier politique français, comme le fut jadis l’UDF.

Le centre devrait ainsi renaître sans Bayrou. Après tout, l’abandon d’un centre mou au profit d’un centre droit pro-européen et représentatif devrait grandement contribuer à régénérer et redynamiser la vie politique française qui en a tant besoin. Le suicide de Bayrou aura peut-être du bon !


Présidentielle 2012 : le débat télévisé entre Nicolas Sarkozy et François Hollande

3 mai 2012

Finalement, le débat de deuxième tour de l’élection présidentielle entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, n’aura attiré que 18 millions de téléspectateurs, contre prés de 20 millions en 2007. Un débat de prés de 3 heures qui n’a finalement pas apporté d’éléments nouveaux au fond.

Nicolas Sarkozy s’est montré calme et convaincant sur son programme, son bilan et dans ses attaques. A l’inverse, et ce fut probablement la surprise, François Hollande est apparu plutôt agressif, pour ne pas dire arrogant, plus habile à critiquer le bilan de son adversaire qu’à détailler et argumenter ses propositions. Il a ainsi confirmé une fois de plus son art de l’esquive.

Après ce débat où les français souhaitaient connaître un peu mieux le candidat François Hollande et mesurer ses capacités à assumer la fonction présidentielle, beaucoup de français ont du rester sur leur faim. Globalement, Nicolas Sarkozy par sa relative sérénité et son argumentation plutôt précise, a donné l’impression d’un président pausé et prêt à conduire la France à bon port, dans les conditions difficiles qui sont les siennes aujourd’hui.

Les réactions à gauche :

Laurent Fabius sur Europe 1 a déclaré : « Vous aviez d’un côté un président sortant, j’allais dire finissant, et de l’autre un président entrant« . Selon lui, « au fond, il (Nicolas Sarkozy) n’a pas grand-chose à dire sur le futur, et il est en voie de finir son mandat. » Au contraire, « on a vu hier et de loin que François Hollande avait la carrure« .

Pour Martine Aubry, le candidat socialiste a montré qu’il avait bien « l’étoffe présidentielle« , face à un « Nicolas Sarkozy (qui) n’assume pas son bilan« . A propos des accusations de mensonge que se sont adressées les deux débatteurs d’hier soir, la patronne du PS souligne que de son point de vue, « il y a faillite morale de la part du président sortant. Il a menti aux Français. François Hollande, lui, a été extrêmement clair et précis. » Hier soir, Martine Aubry a affirmé avoir trouvé François Hollande exceptionnel face à un Nicolas Sarkozy « sur la défensive« . Pour elle, le débat a illustré ce que serait sa présidence : « un cap clair et des valeurs de la France retrouvées« .

« Face à un adversaire sans idées et sans autre projet que celui de sa réélection, spécialiste des contre-vérités et des approximations, François Hollande  a démontré sa connaissance des dossiers. C’est le Président qu’il faut à la France« , a jubilé par communiqué, François Rebsamen, le M. Sécurité du PS. Ségolène Royal, a estimé sur son compte Twitter : « François a dominé le débat avec force et vérité. Le changement est en marche. L’espoir est là. »

Les réactions à droite :

« François Hollande fuit, il esquive les questions depuis des semaines. Nicolas Sarkozy était précis, c’est sa façon de respecter les Français« , a déclaré sur I-Télé Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy. Sur France Inter, elle s’est déclarée « étonnée » par le « côté agressif » de François Hollande lors du débat, qui tranche selon elle, avec son attitude « placide » en dehors des plateaux.

Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, a affirmé que « ce débat a permis à notre candidat d’atteindre tous les objectifs. C’était le moment de confrontation qui devait montrer de manière éclairante d’un côté la force d’un projet, celui de Nicolas Sarkozy, la détermination, la solidité d’un homme, et face à cela un François Hollande en retrait, en hésitation, en hyper agressivité sur la totalité des thèmes. »

Sur BFM TV, Henri Guaino, conseiller de Nicolas Sarkozy, a jugé que « finalement il y a un président sortant et il y a quelqu’un qui n’a jamais exercé de responsabilités donc il n’a pas de bilan, donc c’est facile de critiquer le bilan du sortant surtout quand il est passé à travers quatre années de crise terrible ».

« Après le débat de ce soir, les Français peuvent juger, face aux imprécisions, à l’arrogance et à l’agressivité du candidat socialiste, de la solidité, de la force de l’expérience et du sérieux des propositions de Nicolas Sarkozy nécessaires au redressement de notre pays« , écrit le ministre du Travail Xavier Bertrand.

Jeannette Bougrab, secrétaire d’Etat à la Jeunesse a estimé : « Nicolas Sarkozy par sa compétence, son volontarisme, et sa connaissance des dossiers a mis en exergue l’inexpérience gouvernementale de François Hollande, et l’imprécision de ses propositions….  Le candidat socialiste a pour seul bilan d’avoir coulé son département pour des décennies. »

Au final, ce sont les électeurs qui désigneront le vainqueur dimanche 6 mai.


Présidentielle 2012 : un 1er mai un peu moins rouge que d’habitude grâce à Nicolas Sarkozy

1 mai 2012

A la veille du second tour de l’élection présidentielle, les syndicats français avaient appelés massivement leurs adhérents à manifester ce 1er mai 2012.

Avec un peu moins de 10% de l’ensemble des salariés, dont prés des ¾ issus de la fonction publique, les syndicats sont peu représentatifs en France. C’est d’ailleurs le principal handicap des syndicats français contrairement aux pays européens du nord où les salariés sont fortement syndiqués. De fait, le dialogue social y est permanent grâce à la responsabilité des syndicats beaucoup plus ouverts et tournés vers l’avenir que chez nous. C’est ce manque de représentativité qui contribue au blocage de la société française et aux faibles avancées sociales.

Malgré une participation en hausse sensible par rapport aux autres années, épaulés par de nombreux responsables et militants en provenance du front de gauche, d’Europe écologie Les Verts et du parti socialiste avec à leur tête Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Martien Aubry et bien d’autres, les syndicats n’ont que  partiellement réussi leur démonstration. Prés de 50 000 personnes à Paris et 320 000 en France selon la Police, trois fois plus selon la CGT. Dans les défilés, beaucoup de drapeaux rouges comme au bon vieux temps, avec de nombreux slogans anti-Sarkozy et d’autres en faveur de Hollande. Au final, un défilé bien politique et très peu syndical comme c’est souvent le cas en France.

De son côté, Nicolas Sarkozy avait profité de ce 1er mai pour appeler ses supporters à le rejoindre pour un grand meeting de campagne du côté de la place du Trocadéro à Paris. Après tout, rien d’anormal d’organiser un 1er mai un grand  meeting à quelques jours d’un second tour important pour le pays. Prés de 200 000 personnes ont répondu présentes pour soutenir leur candidat et faire entendre, une fois n’est pas coutume, un autre son de cloche face aux syndicats. Une manifestation aux couleurs tricolores qui tranchait singulièrement de vivacité face à un morne défilé syndical tout de rouge.

Nicolas Sarkozy en a profité pour regretter l’attitude irresponsable des syndicats français trop retranchés sur des combats d’arrière-garde, totalement dépassés par les enjeux, plutôt que de défendre les intérêts des salariés qui doivent aujourd’hui faire face à une mondialisation des échanges qui fragilise bien des entreprises et pénalise l’emploi local. Et d’appeler les syndicats à faire preuve d’ouverture et d’un esprit de dialogue constructif, plutôt que de brandir systématiquement les drapeaux rouge.

N’est-ce pas hélas la réalité de la France aujourd’hui bloquée du fait de quelques syndicats qui regardent plus leurs petits intérêts que celui de leurs adhérents et de l’avenir du pays en général ?

Pendant ce temps, où était l’autre candidat à la présidentielle ? A Nevers, bien loin des tensions parisiennes, pour une prétendue commémoration. Une fois de plus François Hollande apparaît comme de roi de l’esquive, incapable d’affronter directement les évènements. Est-ce bien là une attitude responsable et crédible de la part de quelqu’un qui aspire à gouverner le pays ? Une fois de plus, il est permis de douter de ses capacités à faire face à la situation présente.

Par contre, une chose est sûre, Nicolas Sarkozy que ce soit en tant que président de la République ou simple candidat, fait régulièrement montre d’une grande capacité à affronter les situations de crise et d’une détermination peu courante qui semble faire défaut à son challenger du deuxième tour. Le choix du futur président sera fondamental pour l’avenir du pays car il faudra rapidement prendre des décisions très importantes, impopulaires et courageuses.