France : le gouvernement de M. Hollande au pied du mur. Réduction des dépenses publiques ou augmentations d’impôts ?

La participation de François Hollande aux sommets européens et du G8 courant mai 2012 n’ont pas pleinement convaincu les observateurs, loin s’en faut au regard de l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un succès de curiosité. Pas sûr que cela dure !

S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Si la zone euro connaît aujourd’hui des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité.

Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées à bien des égards. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre, pour la France comme pour d’autres, que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.

L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.

Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, c’est la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.

En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ?

S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe du nord pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.

L’une des solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir cohabiter des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuvres et en faisant quelques entorses à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside dans une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?

Les français aimeraient être rassurés rapidement et si possible avant les législatives, histoire de faire leur choix en toute connaissance de cause.

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