Europe : le « Nein » ferme d’Angela Merkel à la France de François Hollande

Ce mercredi 23 mai 2012 se tenait à Bruxelles le sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays de l’Union européenne.

Le thème en était notamment les moyens de relancer la croissance, les délicates questions des eurobonds ou euro-obligations ainsi que le maintien de la Grèce dans la zone euro. Cette réunion  visait à préparer l’important sommet qui aura lieu les 28 et 29 juin prochain à l’issue des élections législatives française. Coïncidence ? Toujours est-il que ce dernier sommet n’a débouché sur aucune décision formelle ; au contraire, il a fait apparaître au grand jour des divergences de fond entre l’Allemagne et la France. D’ailleurs, quelques heures encore avant le début du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel est revenue à la charge contre la mise en place d’eurobonds pour mutualiser la dette européenne ou soutenir la croissance.

Sur le fond, la chancelière allemande à toutes les raisons de rester ferme. Rappelons que la crise de l’euro est due au fait que les pays du sud de l’Europe, depuis la mise en place de l’euro, ne se sont pas conformés aux critères de Maastricht qui prévoyaient notamment une convergence des politiques budgétaires des pays membres, avec des déficits plafonnés à 3% du PIB et une dette inférieure à 60% de ce même PIB. Or, la plupart des pays du sud ont cédé à la facilité en laissant filer les dépenses publiques et en vivant largement à crédit, alors à des taux très bas, y compris pour les mauvais élèves de l’Europe. Ce qui a favorisé l’explosion de la dette de certains pays.

Le seul moyen de sauver la zone euro est aujourd’hui que ces pays retrouvent au plus vite l’équilibre des finances publiques. Tant que ces pays n’auront pas démontré qu’ils entendent contenir et réduire drastiquement leurs dépenses publiques, il est bien évident que la question de la mise en place de ces eurobonds ne peut être d’actualité. Ce d’autant plus que certains pays comme la France, ne semblent pas prêts à s’engager à respecter la fameuse règle d’or.

A ce stade, la mise en place d’eurobonds serait en effet un encouragement à la mauvaise gestion et conduirait immanquablement à la faillite de l’Union européenne à brève échéance, tout en faisant supporter à l’Allemagne et aux pays les plus vertueux, le coût de celle-ci. Preuve s’il en est de la solidité des finances allemandes et de la confiance des investisseurs dans ce pays, l’Allemagne a réussi ces derniers jours à lancer un important emprunt à court terme de 4.5 milliards d’euros au taux de zéro. Celui-ci a été souscrit sans la moindre difficulté pendant que d’autres pays, beaucoup moins vertueux, doivent le faire à deux taux bien plus élevés (4% à 7%) pour séduire les investisseurs de plus en plus réticents. Pourquoi demander à l’Allemagne et aux autres pays du nord de payer pour les pays « cigales » du sud de l’Europe ?

Dés lors que tous les pays de la zone euro se seront engagés à respecter la règle d’or et à gérer leurs finances avec la plus grande rigueur en s’attaquant aux dépenses publiques, nul ne doute que l’Allemagne verra moins d’obstacles à leur mise en place progressive. Mais nous n’en sommes pas là !

S’agissant de la croissance, il est bien évident que tous les pays y sont favorables car c’est un atout essentiel pour sortir de la crise et améliorer la situation des finances publiques. Mais n’oublions pas, comme cela semble être le cas de François Hollande, que la crise européenne actuelle trouve d’abord son origine dans la mauvaise gestion des finances publiques et notamment la dérive des dépenses publiques et de la dette de certains pays. La priorité doit donc rester au rétablissement des finances publiques, avec un volet « croissance » qui ne repose pas sur l’augmentation de la dette pour la financer.

Pas question de relancer la croissance par la dette car ce serait accélérer la crise de l’euro et engager une véritable descente aux enfers pour l’ensemble de l’Europe. Même si ce n’est pas ce à quoi pensent les socialistes français et François Hollande en particulier, la bonne manière de générer de la croissance, c’est de réduire progressivement les dépenses publiques en s’attaquant à la réforme de l’Etat et notamment aux fameuses réformes de structures entamées par Nicolas Sarkozy (RGPP, introduction de plus de souplesse sur le marché du travail, réforme des collectivités locales, …)

Lors de sa campagne, M. Hollande se faisait fort d’imposer ses vues et de changer le monde à lui tout seul. Quelques semaines après son élection et deux importants sommets plus tard, le G8 à Camp David aux USA et le sommet de l’Union européenne de Bruxelles, euh !… il faut bien l’avouer, le résultat est bien maigre, pour ne pas dire inexistant. Ces deux sommets ne débouchent sur strictement rien de concret et se contentent de quelques engagements. Au demeurant, on peut regretter la grande discrétion du nouveau président français. Peut-être était-il un peu intimidé ! Toujours est-il que cela devrait l’inciter à un peu plus de modestie et à concentrer ses efforts pour préparer la France à affronter la grave crise que traverse l’Europe.

La responsabilité de la France est engagée. Ce dernier sommet européen n’augure d’ailleurs rien de bon pour les relations franco-allemandes et par là-même, pour la stabilité de l’Union européenne. François Hollande par son attitude bornée et enfermée dans des positions idéologiques d’un autre âge,  mettra-t-il à mal plus de 40 ans d’entente cordiale entre la France et l’Allemagne ?

Fini les gesticulations électorales et les déclarations gratuites. La France ne saurait attendre les réformes courageuses qui s’imposent. Le changement dans le bon sens, on aimerait le voir maintenant, sans attendre !

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2 commentaires pour Europe : le « Nein » ferme d’Angela Merkel à la France de François Hollande

  1. > François Hollande par son attitude bornée et enfermée dans des positions idéologiques d’un autre âge

    Hu ?
    En vous lisant j’avais l’impression que vous préférez une bonne saignée à la médecine moderne…

    > mettra-t-il à mal plus de 40 ans d’entente cordiale entre la France et l’Allemagne ?

    L’entente entre Sarkozy et Merkel était cordiale (mais au début ce n’était pas du tout le cas…) car Sarkozy était devenu un « béni-oui-oui » de Merkel. Ce n’était plus une entente, c’était presque une soumission. Sûr que dans ce cas le couple était solide. Mais un couple de un (une pour être précis) finalement.

    > Lors de sa campagne, M. Hollande se faisait fort d’imposer ses vues et de changer le monde à lui tout seul.

    Ici vous démontrez que vous ne connaissez pas Hollande.
    Son meilleur atout est de savoir créer des synergies, il ne la joue pas solo comme Sarkozy (l’hyper président qui s’occupe de tout). Il est salué pour son sens du compromis et de savoir déléguer. On ne peut pas être premier secrétaire du PS (un parti assez turbulent comparé à la droite enracinée dans ses valeurs quasi chrétiennes de toujours) durant 10 ans sans un sérieux sens du compromis, beaucoup plus difficile à obtenir que de taper du poing sur la table.

    Vous trouvez Hollande, pour faire court, sans envergure. Mais la presse allemande estime qu’il a « volé » le dernier sommet européen en fixant l’agenda notamment. Elle notait que Merkel n’était pas le point central d’un sommet européen ce qui n’était pas arrivé depuis très longtemps. Pourquoi ? Car Hollande, en à peine 3 semaines, a changé la donne. Nombre de partenaires européens croit plus en lui qu’en Merkel pour nous sortir de la « galère » dans laquelle le merkozisme (mais surtout Merkel) nous a mis. Aujourd’hui Hollande a une position forte et Merkel est presque isolée. Donnons les crédits à qui de droit de l’opportunité qu’à Hollande pour changer les orientations de l’Europe, c’est-à-dire à l’échec du merkozisme, sinon Hollande n’aurait pas autant l’attention des autres européens. Les crises ont parfois du bon, mais mieux vaut s’en passer.

    > La France ne saurait attendre les réformes courageuses qui s’imposent.

    Réformes courageuses pour qui ?
    C’est facile pour un dirigeant politique de faire des coupes sombres (en ne faisant que suivre certains « dogmes », les mêmes recettes soit disant éprouvées) et de se draper de vertu pour avoir eu ce « courage » de … faire souffrir les autres. Est-ce efficace ? Manifestement pas toujours, il y a notamment la France qui en fait la démonstration. Attention, je ne suis pas contre la rigueur budgétaire (ce que Sarkozy ne sait pas faire vu les déficits records qu’il laisse et il parait qu’il a caché un « cadeau » de 20 milliards que la cour des comptes devrait nous révéler dans quelques semaines) ou les réformes, il en faut, c’est indispensable. Ces dernières années ont montrée que seulement le « serrage de vis » ne marche pas. En passant, on sort de 10 de droite et tous les indicateurs sont au rouge.

    Le courage, c’est par exemple prendre le risque de ne pas être à la botte de l’Allemagne, par facilité, seulement pour afficher la solidité du couple franco-allemand. Sûr que la partie de Hollande va être délicate, que c’est un gros défit (parait qu’il ne dors que 3 heures par jour actuellement alors que Sarkozy avait commencé son mandat par des vacances sur un « bateau »), mais l’Europe à la petite semaine, à coup de traité pour rassurer les marchés à chaque fois qu’ils voient rouge, ça suffit pour ma part.

    NB: je ne cherche pas à diaboliser Merkel, c’est une grande politicienne qui a défendu à la régulière ses intérêts. Trop égoïstement, mais c’est Sarkozy qui lui a parmi ce « luxe », elle aurait eu tort de s’en priver.

    • Rodez News dit :

      Ravi de constater que François Hollande dispose de supporters inconditionnels ! La réalité d’aujourd’hui est pourtant sensiblement moins rose que certains ne le pensent et le réveil risque d’être plus brutal que prévu.
      Effectivement, comme de nombreux français qui ne fréquentent pas la sphère médiatique parisienne, l’on ne connait M. Hollande que par ce qui l’on a pu apprendre ici et là lors de la campagne présidentielle (tout le moins lors des rares moments où il a pu se livrer) car jusqu’alors, il faut bien l’avouer, ce fût un parfait inconnu, bien qu’ancien apparatchik du parti socialiste. Alors que les français se sont prononcés sans connaître son véritable programme électoral, bien malin qui peut prétendre connaître le nouveau président et dire où va la France.
      Dans le contexte d’attente actuel, où le Gouvernement français se concentre sur le 2ème tour des élections législatives, comment ne pas s’inquiéter devant tant d’incertitudes et ne pas craindre que le nouveau président demeure l’otage d’une idéologie socialisante et dépassée du 19ème siècle alors que les graves problèmes d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec ceux d’hier. En d’autres termes, la France socialiste de 2012 choisira-t-elle enfin la social-démocratie, à l’instar des grandes nations européennes ou restera-t-elle prisonnière d’un socialisme à tendance marxiste ? M. Hollande aura-t-il les moyens et l’envergure de réussir ce virage social-démocrate tant attendu ?
      Même s’il n’a jamais occupé de postes d’envergure dans ce pays, probablement dispose-t-il de quelques qualités personnelles qui lui ont permis de s’imposer au sein de son parti et lors de l’élection présidentielle, même si cette dernière s’est principalement faite sur la base d’un anti-Sarkozysme bien orchestré au plan médiatique. Pas sûr que cela en fasse l’homme de la situation, d’autant qu’on est en droit de s’interroger sur ses capacités à appréhender l’ampleur de la crise que traverse la France et l’Europe aujourd’hui et les solutions à apporter.
      A cet égard, sa participation aux sommets européens et du G8 courant mai n’ont pas pleinement convaincu, loin s’en faut si l’on regarde l’absence de réelles avancées. Cela dit, est-ce bien le rôle de ces manifestations ? Ce n’est pas certain. Au mieux, on peut se rassurer en remarquant qu’au sommet européen, le nouveau président, à défaut d’avoir imposé ses vues, a obtenu un petit succès devant la presse européenne. Un succès de curiosité d’abord imputable au fait qu’il s’agissait du dernier petit nouveau entrant dans le cercle restreint des responsables européens que personne ne connaissait jusqu’alors. Pas sûr que cela dure !
      S’agissant des relations franco-allemandes, elles sont essentielles à la construction européenne. Bien que parfois difficiles, les rapports entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont permis d’avancer et de consolider la zone euro qui était au bord de l’éclatement ne l’oublions pas. Et si la zone euro connaît des difficultés, ce n’est certainement du fait de ces derniers, même si parfois, ils ont paru tarder dans certaines prises de décisions. La responsabilité incombe d’abord aux gouvernements signataires du Traité de Maastricht le 07 février 1992 (c’était alors un gouvernement et un président de gauche), puis à ceux qui ont accepté (toujours le même gouvernement de gauche) que les pays d’Europe du sud, parmi lesquels la Grèce, le Portugal et l’Espagne, intègrent la zone euro alors même qu’ils ne respectaient pas depuis plusieurs années les critères de convergence prévus par le traité de Maastricht.
      Si l’Europe traverse aujourd’hui une profonde crise, elle le doit avant tout à de nombreuses erreurs qui remontent à l’adoption de l’euro, mais aussi à l’absence d’évolution du statut de l’Europe qui est resté figé, avec une zone euro faite de pays aux économies disparates et divergentes (rigueur budgétaire au nord et laxisme au sud). Dans ce contexte, les marges de manœuvres de Sarkozy et Merkel étaient extrêmement réduites et les critiques à leur encontre apparaissent pour le moins infondées sur ce point. Le seul moyen d’atténuer la crise de la zone euro et de la résorber n’est autre que de s’engager vers plus de rigueur dans les dépenses publiques. Dans un pays normal, on appelle cela le courage et le pragmatisme ! Que cela plaise ou non, avec Hollande ou pas, les français ne pourront rétablir l’équilibre des finances publiques sans un petit effort de tous. C’est le prix à payer pour ne pas devenir un jour la Grèce et devoir tout perdre.
      L’autre raison du manque de compétitivité de la France par rapport à l’Allemagne, qui est aussi à l’origine du chômage important dans notre pays, c’est la généralisation des 35 heures imposée par le gouvernement socialiste de M. Jospin en 2002 alors que l’Allemagne s’engageait dans des réformes importantes relatives au droit du travail. N’oublions pas le coût colossal des 35 heures en perte de compétitivité, de destructions d’emplois et de stress généré auprès des salariés les plus modestes. Merci la gauche car 10 ans plus tard, les français en payent encore l’addition.
      Si les déficits ont cru et la dette creusée lourdement depuis 2008 en France, comme partout en Europe, ils sont la simple résultante de la crise financière de 2008 et non comme le prétend la gauche et certaines personnes de mauvaise foi, le résultat d’une mauvaise gestion et de prétendus cadeaux faits aux plus riches ! L’explosion des dépenses publiques et de la dette résultent à plus de 80% du fait que l’Etat a du voler au secours de nombreuses banques et entreprises au bord de la faillite en injectant plusieurs centaines de milliards d’euros alors que ses recettes fiscales chutaient de plus de 100 milliards. Là est la réalité.
      En cela, la position de Nicolas Sarkozy de s’aligner sur une certaine politique de rigueur budgétaire chère à l’Allemagne allait tout à fait dans le bon sens : faire en sorte que la France rentre dans le rang en respectant les critères de convergence édictés par le Traité de Maastricht (déficit inférieur à 3% du PIB et dette publique inférieure à 80% du PIB) et retrouve ainsi progressivement une situation budgétaire équilibrée (déficit de 3% du PIB en 2013 et équilibre budgétaire prévu en 2016). Le tout en donnant l’exemple aux pays de l’Europe du sud dont elle est très proche. Que peut-on redire à cela ? Doit-on laisser croire aux français que le pays pourra supporter indéfiniment de laisser filer ses déficits, sans véritable effort sur la réduction des dépenses ? Est-il responsable, comme l’a fait M. Hollande durant sa campagne, de laisser penser que la France pourra accroître ses dépenses publiques et s’opposer à la signature de la règle d’or budgétaire ? Clairement non !
      S’agissant des fameux eurobonds (euro-obligations), ils n’ont pas de sens dans l’Europe de 2012 qui n’est autre qu’une Union de pays avec des économies divergentes. Ce serait en revenir à faire payer les bons élèves de l’Europe pour les cancres du sud. Peut-on espérer une Union européenne construites sur ces bases, alors que ces pays du nord ont déjà engloutis des centaines de milliards pour venir en aide à ces mêmes pays du sud ? Ceci explique la fermeté, parfois excessive il est vrai, mais tout à fait compréhensible d’Angela Merkel et de bien d’autres pays.
      L’une de solutions pour sortir de la crise de l’euro, rarement évoquée, c’est de faire franchir un nouveau grand pas à l’Europe en optant pour une Union fédérale intégrant les pays de l’actuelle zone euro. Ainsi, on pourrait voir subsister des économies très différentes, comme cela est le cas aux USA, sans peser sur l’euro puisque la dette des pays serait alors mutualisée de fait. Nicolas Sarkozy était plutôt un partisan de cette évolution en douceur vers une Europe fédérale en sortant par le haut. Manifestement, à l’intérieur même de la France, y compris au sein du parti socialiste et dans de nombreux pays européens, les esprits ne sont pas encore mûr pour cette évolution majeure. Dommage car c’est probablement le moyen de construire d’Europe de demain et de nous sauver de la crise actuelle. M. Hollande aura-t-il le courage de soutenir la construction d’une Europe fédérale ?
      Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’Europe passe par la cohésion franco-allemande et M. Hollande devra s’adapter, y compris en avalant quelques couleuses et en faisant quelques entorse à l’idéologie socialiste avec laquelle il devra prendre ses distances. Il serait vain pour lui de croire qu’une alternative réside avec une tentative d’alliance avec l’Italie, et dans un degré moindre avec l’Espagne alors que ces pays ont, contrairement à la France, engagé de profondes réformes de structures et devraient dans les prochaines années retrouver dynamisme et croissance. Plutôt que de céder à la facilité de l’augmentation des impôts, le nouveau président aura-t-il le courage politique d’engager les réformes de structures indispensables, qui seules permettront la réduction durable des dépenses publiques, pour préparer la France aux défis de demain ?
      Les français aimeraient être rassurés rapidement

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