Présidentielle 2012 : les effets néfastes d’une campagne officielle qui impose l’égalité entre les candidats

Depuis le 09 avril et jusqu’au 1er tour du 22 avril prochain, la campagne pour la présidentielle 2012 est entrée dans sa phase officielle. Conséquences, dans les médias audiovisuels, chaque candidat doit obligatoirement bénéficier d’une égalité totale de temps d’antenne, qu’il soit à moins de 1% ou à 30% d’intentions de vote. Quel mépris pour les électeurs !

Une spécificité bien française héritée de l’ancienne ORTF, à un moment où il n’y avait que 3 chaînes de télévisions publiques contrôlées pour le gouvernement en place. En 2012, rien ne justifie cette égalité de traitement des candidats. Du fait de la loi actuelle, les journaux télévisés brident ou passent sous silence les interventions des principaux candidats pour consacrer l’équilibre absolu avec les « petits » candidats que les intentions de vote placent pourtant à des scores prés de 30 fois moindre. Conséquence de ces contraintes, les chaines d’informations n’ont jamais si peu parlé de la présidentielle.

Quel peut-être l’intérêt d’un débat public tronqué qui prive les français, dans la dernière ligne droite avant le 1er tour, d’un véritable débat public entre les principaux candidats ?  Pourquoi freiner le débat démocratique au nom d’un égalitarisme dépassé, au détriment de l’équité la plus élémentaire ? A un moment où tout le monde s’accorde à reconnaître le bas niveau du débat public lors de cette campagne présidentielle de 2012, le fait que les médias radios et TV ne puissent accorder aux principaux candidats et, notamment à Nicolas Sarkozy et François Hollande, le temps nécessaire à la couverture de leur campagne, nuit considérablement à la démocratie.

Pendant ce temps, la presse écrite n’est pas soumise aux mêmes contraintes et reste libre de traiter les divers candidats comme bon lui semble. Et elle ne se gène pas, car ce qui intéresse d’abord les français et ses lecteurs, c’est la couverture de la campagne des principaux candidats. S’agissant des « petits » candidats à moins de 1% dans les sondages, ils sont traités pour ce qu’ils sont, à savoir des candidats marginaux qui ne présentent pas grand intérêt au plan électoral et que rien ne justifie le temps d’antenne accordé. Et ne parlons pas d’internet où la liberté est totale.

Voilà probablement encore un domaine où notre pays pourrait faire de substantielles économies, sans pour autant nuire à l’équité de traitement des candidats et donc à l’élection, bien au contraire. A quoi bon 10 candidats à une élection dont tout le monde s’accorde à dire que 5 candidats suffiraient amplement. Les règles actuelles sont pour le moins désuètes et dépassées.

France, où est ta chère liberté de la presse dans tout çà ?

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