Présidentielle 2012 : la crédibilité des candidats ne peut se mesurer qu’à leur capacité à réduire drastiquement les dépenses de l’Etat

La semaine dernière, le grand hebdomadaire économique anglo-saxon The Economist consacrait sa une à notre pays en titrant : «The french election :an inconvenient truthLa France du déni ».

Vu de l’étranger, la campagne électorale française semble ignorer les vrais sujets qui se posent à notre pays : déficits publics et dette en augmentation depuis 25 ans, non respect des critères de Maastricht nécessaires pour soutenir l’euro, manque de compétitivité de notre économie, réformes de structures insuffisances, chômage… et bien plus encore. Il faut bien avouer que jusqu’à ces derniers jours, ces sujets n’étaient pas au centre des discours des candidats à la présidentielle, et pour cause : dire la vérité aux français c’est leur promettre, à l’issue de l’élection en mai prochain, un plan de rigueur comme jamais il n’y en a eu en France. A l’image de ce que propose Mario Monti en Italie ou Mariano Rajoy en Espagne !

Manifestement, les français feignent d’ignorer l’ampleur de la crise actuelle à laquelle la France est elle aussi confrontée et ne veulent pas entendre parler d’effort. Et pourtant, il faudra bien puisque c’est inévitablement ce qui nous attend après les élections, et ce, quel que soit le président élu. Nicolas Sarkozy au début de sa campagne avait tenté d’évoquer les sujets économiques et la nécessité de s’inspirer de la rigueur allemande pour sortir de la profonde crise budgétaire et économique actuelle. Résultat, il a rapidement baissé dans les sondages et a renoncé au discours de vérité.

Il faut avouer qu’aucun autre candidat, et surtout pas François Hollande, ne s’est aventurés sur ce terrain mouvant. Bien au contraire, c’est le discours de la facilité et du déni de la crise qui l’emporte partout. Quant à François Bayrou, lui qui dénonce la dette et les déficits publics depuis des années, il se garde bien d’avancer de réelles propositions pour s’attaquer durablement à ce fléau français qui mine notre pays depuis des décennies. Tenir le discours de la réalité, c’est quelque part promettre du sang et des larmes aux français pour les années à venir ; et là, peu de candidats ont le courage de l’avouer aux français, de peur de perdre leurs suffrages.

L’exemple de Gerhard Schröder, Chancelier social-démocrate allemand reste dans toutes les mémoires. Pour faire face aux difficultés de l’Allemagne, il mit en place en 2005 un paquet de réformes libérales mettant en cause l’Etat providence et le gel des salaires pendant plusieurs années. Ce qui provoqua la colère de son électorat et la lourde défaite de la coalition conduite par le SPD aux élections législatives de la même année. Si ce fût une défaite électorale, c’est pourtant tout à l’honneur de Gerhard Shröder qui a probablement sauvé l’Allemagne d’une crise profonde et qui lui permet aujourd’hui d’être une économie dynamique et compétitive, avec un chômage au plus bas et des salaires en augmentation.

Pour en arriver, les allemands ont payé le prix fort durant plus de 5 ans, avec des économies sur de nombreux postes publics et des salaires gelés ou en baisse pendant que français refusaient de modestes mesures de rigueur, profitaient des 35 heures et obtenaient des augmentations de salaires… Le moment est venu pour les cigales françaises de prendre conscience que le temps des discours touche à sa fin et qu’il va falloir passer à la caisse. Reste à répartir les efforts le plus équitablement entre les français.

Quoi qu’on pense de la présidence de Nicolas Sarkozy, il faut bien reconnaître qu’elle a préservé l’essentiel en dépit de l’ampleur de la crise par un certain nombre de réformes courageuses, même si l’on peut regretter un manque de réduction des dépenses publiques, probablement en raison des échéances électorales. Ses dernières propositions ont au moins le mérite de rappeler que la politique qu’il mènera dés son élection aura pour priorité le retour à l’équilibre budgétaire dés 2016, et si possible un excédent de 0.5% dés 2017. Voilà enfin un cap précis et ambitieux pour un pays habitué à 30 ans de déficits et qui devrait convaincre l’Union européenne et les marchés financiers. L’autre vertu du projet de Nicolas Sarkozy, c’est de privilégier une bonne fois pour toute la baisse des dépenses publiques à la hausse des impôts. C’est la seule alternative possible raisonnable.

Un projet pour le moins ambitieux et courageux qui a le mérite, à défaut d’être électoralement séduisant, de préserver l’avenir de la France et des français à moindres frais. Face à la relative inconsistance du projet de François Hollande qui privilégie l’augmentation des dépenses et des impôts, sans oublier les promesses démagogiques et ahurissantes de candidats des extrêmes tels Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen, le projet de Nicolas Sarkozy apparaît comme le plus réaliste et crédible. C’est l’avis de nombreux économistes français et étrangers.

Gageons que les français auront le courage de regarder la réalité en face avant de faire leur choix ; à défaut, le prix à payer, à commencer par les plus modestes, risque d’être très élevé.

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