Présidentielle 2012 : comment le candidat socialiste dupe les français en proposant de taxer les plus riches à 75%

C’est la proposition surprise qui en a surpris plus d’un, y compris probablement au sein du PS, ce lundi 27 février 2012 !

François Hollande a tout simplement proposé de créer une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu à 75% pour les rémunérations dépassant le million d’euros annuel. Au total, seraient concernées par cette mesure un peu plus de 3 000 personnes, pour la quote-part de leurs revenus dépassant ce seuil. Selon les spécialistes, la mesure rapporterait seulement 200 millions d’euros seulement. Une goutte d’eau dans les recettes fiscales de l’Etat.

Le candidat a expliqué lors de sa visite au Salon de l’Agriculture : « C’est un signal qui est envoyé, un message de cohésion sociale, il y a un effort à faire …. C’est du patriotisme d’accepter de payer un impôt supplémentaire pour redresser le pays« . Ah si les choses étaient si simples !

Si certains, à droite, sont aussitôt montés au créneau pour critiquer une mesure confiscatoire, en contradiction totale avec la politique de convergence des politiques fiscales au sein des pays de la zone euro, nombre d’économistes, de leaders économiques (qui gagnent habituellement bien moins de 1 million d’euros) et d’avocats d’affaires se sont montrés beaucoup plus virulents à l’encontre d’une décision pour le moins irréfléchie et suicidaire à bien des égards. De son côté, François Bayrou a eu une jolie formule qui résume bien les choses : « Le déconnomètre fonctione à plein tube... »

Sur un plan politique, s’il ne fait aucun doute que cette décision marque un coup de barre à gauche du candidat socialiste pour rassurer les extrêmes et faciliter les accords de deuxième tour. Mais pas si sûr que cela conforte l’image et la crédibilité du candidat socialiste auprès de l’électorat modéré et les classes moyennes que François Hollande entend séduire. De plus, cette décision fait ressurgir le malaise de la gauche avec les classes les plus riches qu’elle désigne comme les coupables de la crise. Ce qui n’est guère favorable pour attirer et conserver les entrepreneurs performants en France.

Plus grave, une telle décision sur le plan des rentrées fiscales, serait catastrophique. Elle conduirait immanquablement à l’exil fiscal d’un certain nombre de ces français vers la Suisse ou la Belgique où ils ont tendance à se réfugier ces derniers mois. Ce qui se traduirait selon les experts par des pertes de recettes fiscales de plusieurs milliards d’euros par an au minimum.

A ce tarif, la création d’un taux d’impôt sur le revenu de 75% pourrait finalement coûter très cher à l’Etat français en générant ainsi une perte fiscale nette liée à cette seule mesure de plusieurs milliards d’euros. Dans cette hypothèse, c’est encore les contribuables français et plus particulièrement les classes moyennes (qui n’ont pas les moyens de se délocaliser ou de faire de l’optimisation fiscale) qui seront mis à contribution pour compenser ces pertes fiscales. Cette réalité semble avoir totalement échappé aux idéologues de la gauche.

En attendant, les avocats fiscalistes se réjouissent : ils vont pouvoir se faire beaucoup d’argent en proposer leurs services à ces quelques riches pour les aider à se délocaliser afin d’échapper au taux d’imposition de 75%. Bravo M. Hollande, les riches y trouveront là leur compte et la France s’appauvrira un peu plus !

Qu’est-ce donc qui a poussé François Hollande à lancer cette proposition aussi farfelue, et en tout cas peu crédible et réaliste dans la France de 2012 qui fait partie de la zone euro ? N’est-ce pas là prendre un risque quant-à la crédibilité de sa candidature, notamment à l’international où il a tant de mal à s’imposer ? Manifestement, les idéologies gauchisantes du siècle dernier sont toujours là. Finalement, Hollande n’a su moderniser la gauche et l’amener à plus de réalisme, de pragmatisme et tout simplement à la social-démocratie chère à nos voisins européens. La grande désillusion !

Une fois encore, l’augmentation des impôts apparaît comme la seule variable possible pour le candidat socialiste pour ajuster les finances publiques. Cette annonce n’est rien d’autre qu’une duperie à des fins électorales.

Compte-tenu de l’ampleur des déficits publics et des engagements pris par la France en tant que membre de la zone euro, la seule alternative réaliste sur laquelle doit s’appuyer la France pour équilibrer ses finances publiques réside, comme l’ont fait la plupart des autres pays de l’Union, dans la réduction massive des dépenses publiques et non dans l’augmentation des impôts. La décision politique de François Hollande risque donc de peser lourd pour la suite de la compagne électorale car elle démontre que ce dernier n’est pas disposé à s’attaquer aux problèmes de la France : la dérive des dépenses publiques à l’origine de l’explosion de notre dette.

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