Europe : le nouveau traité européen de Bruxelles consacre l’existence de deux Europe

La grave crise que traverse la zone euro n’en finit pas face à l’incapacité des 27 Etats membres de l’Union européenne à s’entendre. Le dernier sommet de Bruxelles des 8 et 9 décembre 2011 semble cependant avoir franchi un pas décisif dans la résolution de la crise. Après de nombreuses rencontres en tête à tête entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le couple franco-allemand a permis à l’Union de faire un grand pas. Pour autant, cet accord est loin d’être parfait et soulève nombre d’interrogations. Réussira-t-il à régler durablement la crise de l’euro ?

A l’exception du Royaume-Uni, à qui les membre de l’Union ont refusé les demandes formulées par le premier ministre David Cameron visant à préserver les petits avantages accordés aux établissements financiers de la City, les Etats membres ont décidé à la majorité de 26 sur 27, de proposer un projet de réforme des traités européens en vue notamment de renforcer la discipline budgétaire des Etats qui seront soumis à des sanctions en cas de non respect des critères définis.

Dans un entretien au quotidien le Monde, le président de la République Nicolas Sarkozy a précisé la teneur de cet accord et les conséquences pour l’Europe.

Pour le chef de l’Etat, il est clair que « si les économies de la zone ne convergent pas, elles ne peuvent pas conserver durablement la même monnaie ». Tout le monde est d’accord sur ce point. C’est l’avenir et la pérennité de la zone euro qui étaient en jeu lors de ce sommet mais pas uniquement. « L‘euro est le cœur de l’Europe. S’il explose, l’Europe n’y résistera pas ». Ce sommet aura malgré tout marqué « une étape décisive vers l’intégration européenne » et d’affirmer qu’ « une autre Europe qui est en train de naître : celle de la zone euro, où les maîtres mots seront la convergence des économies, des règles budgétaires, de la fiscalité ». On veut y croire.

Selon lui, ce sommet a du faire face à une crise sans précédent de la zone euro en raison même des insuffisances qui ont marqué la mise en place de la monnaie unique : « rien n’avait été prévu quant à la convergence des politiques économiques des pays membres de l’euro. Ensuite, certains pays ont été accueillis au sein de la zone alors qu’ils n’y étaient pas préparés », a rappelé le président de la République. Le sommet de Bruxelles permettra un véritable progrès démocratique, puisque « la responsabilité de la gouvernance reviendra désormais aux chefs d’Etat et de gouvernement ».

Le président de la République affirme que cet accord n’est pas un transfert de souveraineté et devrait permettre « un exercice partagé de la souveraineté par des gouvernements démocratiquement élus ». Un tel accord était le meilleur moyen pour notre pays de conforter « sa souveraineté et son indépendance en l’exerçant avec ses amis, ses alliés, ses partenaires ».

Nicolas Sarkozy est revenu sur ses relations avec Angela Merkel et l’importance de l’axe franco-allemand : « A ceux qui se plaignent et me reprochent l’axe franco-allemand, je demande ce qu’ils proposent comme stratégie alternative ». Pour ce qui est des accusations de capitulation de la France devant les exigences allemandes, il déclare : « Je me sens français au plus profond de moi-même, mais mon amour de la France ne m’a jamais conduit à accuser nos voisins, nos alliés, nos amis. Et ceux qui cherchent à nourrir la germanophobie se déconsidèrent », assène-t-il avec force, en faisant référence aux déclarations de certains membres du Parti socialiste.

Globalement, à l’exception de la presse britannique, la presse européenne s’est largement réjouie de l’accord qui a conclu le sommet européen du 9 décembre, estimant que le nouveau traité devrait permettre à l’Union européenne de sortir de la crise actuelle et de se trouver ainsi renforcée.

Cette unanimité politique à droite et à gauche, au sein de l’Union européenne, tranche singulièrement avec la décision de François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, qui a déclaré ce lundi 12 décembre que ce traité serait renégocié s’il était élu à la présidence de la République. Voilà une position pour le moins légère et irresponsable alors que 26 Etats sur 27, dont la France, ont validé la mise en place d’un nouveau traité pour mettre fin à la crise de l’euro. Quand on sait que M. Hollande s’est avéré incapable de s’imposer face à EELV et Eva Joly, on ne peut que sourire à l’idée saugrenue qu’il pourrait être en capacité de renégocier un traité européen signé par 26 membres.

Soit M. Hollande n’a pas compris la force et la portée d’un tel accord (s’il est élu il n’aura d’autre choix que de respecter le choix des autres Etat membres et les engagements de la France), soit il prend les électeurs pour ce qu’ils ne sont pas ! Si par hasard il devrait être élu, les français doivent savoir qu’il ne pourra que respecter le traité de Bruxelles et adopter la « règle d’or » qu’il refuse de signer pour des raisons strictement électoralistes. En d’autres termes, que cela lui plaise ou non, Hollande devra se résoudre à une politique de rigueur absolue durant de longues années ! Est-il prêt à affronter cette dure réalité et à en convaincre ses électeurs ?

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :