France : pour Bruno Le Maire, nous sommes en guerre et il faut réinventer l’Europe

14 novembre 2011

« Il ne faut pas se le cacher, nous sommes en guerre : en guerre économique, en guerre financière, en guerre contre l’endettement des États pour retrouver la souveraineté des États européens« … C’est ce qu’à déclaré en substance ce dimanche 13 octobre, Bruno Le Maire, le ministre de l’Agriculture lors du Grand rendez-vous « Europe 1-iTélé-Le Parisien Aujourd’hui en France ».

Selon le ministre, le volontarisme politique est la seule solution à crise actuelle : « La volonté peut changer les choses, la politique peut changer les choses. J’essaye de convaincre et j’essaye de rassembler… C’est une première dans l’histoire européenne : les marchés décident de ce qui est bon et de ce qui n’est pas bon. La force des marchés vient de notre incapacité, depuis des années, à régler le problème de la dette. Si nous sortons de l’endettement des États, nous arriverons à reprendre la main sur les marchés » a affirmé avec force Bruno Le Maire.

Et d’ajouter : « En France il y a ceux qui ont compris cet enjeu-là, c’est le président de la République, c’est cette majorité … et puis il y a ceux qui continuent à penser qu’on peut dépenser toujours plus, alourdir la charge publique et qu’on continuera à s’en sortir comme cela« …

Bruno Le Maire n’a pas épargné François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle qui selon lui serait résigne à la défaite face à la crise : « Dans une guerre, il faut choisir son camp. Soit on est du côté de ceux qui se battent matin, midi et soir pour rétablir l’équilibre des finances publiques…, soit on fait le jeu de la spéculation, on est défaitiste, on fait comme François Hollande« . Combatif et déterminé, il assène : « La politique, pour moi, ce n’est pas se lever le matin, faire un petit discours devant je ne sais quel média, journal ou radio pour dire que tout est foutu. En ces temps de crise, il faut se battre« .

Face à la grave crise actuelle, point de salut aux yeux de Bruno Le Maire, hors le volontarisme politique et le renforcement de l’Union européenne. « Aucun Etat en Europe ne peut espérer s’en sortir seul. Nous sommes tous liés les uns aux autres, nous sommes tous solidaires« , a-t-il rappelé, en indiquant : « Ce qui se passe en Grèce, ce qui se passe en Italie a une incidence directe sur la vie quotidienne des Espagnols, des Allemands ou des Français. Par conséquent, nos décisions doivent être prises de manière collective« .

« L’Europe doit changer : le dogme qui consiste à dire que la concurrence est l’alpha et l’omega de l’Europe, cela ne marche pas« . Pour Bruno Le Maire, la force du couple franco-allemand est déterminant pour réinventer l’Europe, affirmant : « Aujourd’hui, les deux responsables politiques qui donnent le tempo à la vie politique européenne, ce sont Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et permettez moi de dire qu’ils le font bien« .

Voilà des déclarations déterminées d’un européen convaincu qui rappelle une fois de plus que seule l’Europe est la solution à nos problèmes, une Europe qu’il faut reconstruire et adapter aux défis d’aujourd’hui. Ces propos ont le mérite d’affirmer qu’il n’y a aucune issue dans l’isolationnisme, le nationalisme et le repli sur soi. L’avenir est à une convergence des politiques menées par les pays de l’Union afin de construire ensemble une Europe fédérale dotée d’un budget propre et d’une gouvernance unique. En cette période critique, il y a urgence à réduire la dette, qui par laxisme et facilité, à conduit certains Etats du sud de l’Europe dans l’impasse d’aujourd’hui.

On aimerait que le candidat socialiste à la présidentielle ait le courage d’affirmer haut et fort qu’il faudra aller beaucoup plus loin dans l’austérité et les coupes budgétaires pour rétablir durablement les finances publiques françaises. Par delà la droite et la gauche, les électeurs doivent savoir que pour sortir de cette crise profonde et préserver l’avenir, la France n’a aujourd’hui d’autres choix que d’accentuer la réforme de l’Etat. C’est vital pour la France et pour l’avenir de l’Union européenne. Pour ce faire, elle doit conduire une politique de rigueur budgétaire qui passe nécessairement par la maitrise du coût de l’Etat et donc une réduction globale des effectifs de la fonction publique en général. Le retour à la croissance et à la reprise de l’emploi tant attendus sont à ce prix.

La France doit en finir pour de bon avec les archaïsmes de toute sorte.


France : des écarts de taux croissants avec l’Allemagne qui exigent encore plus de rigueur

11 novembre 2011

Après l’Italie, l’étau se resserre aussi sur la France. Après avoir été longtemps considérée comme un actif refuge sur le marché obligataire, ces dernières semaines, la dette française voit ses taux de marché s’écarter dangereusement de ceux de l’Allemagne. Ce jeudi 10 novembre, l’écart entre les taux français et allemands (également appelé « spread »), a atteint un nouveau record, soit plus de 1.70 points de base alors qu’il était quasi négligeable avant la crise. Cela signifie que pour placer sa dette auprès des investisseurs, la France va devoir offrir 1.70% de plus.

Si pour l’heure, la deuxième économie de la zone euro conserve des conditions de financement proches à ceux du début d’année, l’écart croissant entre les taux des deux pays a atteint des sommets qui inquiètent les marchés. Le spread entre l’OAT française à 10 ans et son équivalent, le Bund allemand (la référence de la zone euro), a atteint un niveau record depuis que l’Italie est entrée dans l’oeil du cyclone. Le taux absolu de l’OAT à 10 ans s’est tendu jeudi à 3,45%, mais demeure 30 points de base en dessous de son plus haut de l’année (3,75% en avril).

Si le nouveau plan de rigueur dévoilé lundi 7 novembre a globalement rassuré les marchés en montrant la détermination du gouvernement français à combattre les déficits et réduire la dette, pour nombre de spécialistes, il faudra rapidement aller beaucoup plus loin dans la réduction de la dépenses publique, quitte à être beaucoup plus radical, à l’instar de ce qui a été pratiqué dans d’autres pays comme en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni.

Face à l’importance de la charge de la dette qui représente en 2011 plus de 50% des dépenses de l’Etat, il faudra très rapidement prendre des mesures plus conséquentes, probablement avant l’échéance présidentielle. Ce d’autant plus que le budget a été bâti sur une croissance de 1% qui risque de n’être que de 0.60% sachant que la précarité de la situation française ne résistera probablement pas à une récession que l’on peut aujourd’hui totalement exclure.

La seule planche de salut pour la France est de s’attaquer durablement à la réduction des dépenses publiques. Parallèlement, la France et l’Allemagne doivent accélérer la convergence de leurs politiques économiques, budgétaires et fiscales et aussi la gouvernance unique de la zone euro. C’est la seule issue possible pour la France et la zone euro toute entière.

Dans ce contexte, la prochaine élection présidentielle française ne facilite une solution rapide de la crise et notamment la confiance des marchés en la détermination de la France à s’inscrire dans une politique de rigueur sur le long terme. Si Nicolas Sarkozy, allié à Angela Merkel à laquelle il a emprunté ses bottes, a emporté une manche avec le dernier sommet européen, la présidence du G20 et la présentation du dernier plan d’austérité, il va lui falloir rapidement rassurer et confirmer dans la durée. Là est le plus grand défi auquel il aura à faire face.

Aura-t-il le courage et l’audace de se consacrer entièrement et exclusivement à la résorbstion de la grave crise actuelle dans les prochains mois plutôt que de se soucier de ses chances en mai 2012 ? Ce qui importe aux yeux des français et qui déterminera leur choix politique le moment venu, ce sera uniquement les résultats obtenus en vue de permettre au pays de sortir au plus vite et dans les meilleures conditions de la présente crise.

De son côté, François Hollande, candidat du Parti socialiste, plutôt que de se lancer dans la surenchère politique en proposant des mesures électoralistes et inadaptées, serait bien inspiré d’inscrire sa campagne dans une stricte rigueur à l’image des socialistes espagnols. Pour cela, il n’est que temps de rompre définitivement avec les démons du passé et s’engager énergiquement dans la lutte contre les déficits publics auxquels notre pays ne survivra pas au vu de l’ampleur de la dette actuelle qui représente aujourd’hui prés de 85% du PIB. Cela passe nécessairement par l’amplification de la réforme de l’Etat et une réduction de sa voilure. Y est-il politiquement prêt ?

Les électeurs ont bien compris les enjeux et les risques liés à la crise de la dette et ne se laisseront pas influencer par des promesses électoralistes qui mettraient la France en danger. En 2012 et durant quelques années, l’heure sera à l’austérité, à la cohérence et au pragmatisme quel que soit le candidat. Alors pourquoi attendre et tenter de laisser croire aux français qu’on pourra s’en sortir sans l’effort de tous ?


France : un nouveau plan de rigueur pour un retour à l’équilibre budgétaire

9 novembre 2011

François Fillon, Premier ministre, a annoncé lundi 7 novembre un nouveau plan anti-déficit de l’ordre de 7 milliards d’euros, marqué majoritairement par des recettes nouvelles : augmentations de l’impôt sur le revenu, de la TVA, de l’impôt sur les sociétés et la réduction des niches fiscales et plus marginalement par des mesures d’économies : relèvement à 62 ans de l’âge légal de la retraite, coupes budgétaires…

A terme, en 2016, ces mesures devraient générer au total 65 milliards de recettes nouvelles ou d’économies.

Selon le Premier ministre : « Notre souveraineté économique, financière et sociale exige des efforts collectifs et prolongés et même quelques sacrifices. Le mot de faillite n’est plus un mot abstrait…. C’est un signal très fort de la volonté de notre pays de maitriser ses dépenses publiques et d’équilibrer ses comptes sociaux.» Ce nouveau plan de rigueur français reste modeste et n’a cependant strictement rien à voir avec celui en vigueur en Grèce, ni même avec ceux imposés à l’Italie, en Espagne, au Royaume-Uni, en Irlande ou au Portugal.

Ce plan doit permettre à la France de respecter ses engagements de réduction des déficits, sans pour autant sacrifier le peu de croissance attendue pour 2012 (0.9% selon le consensus des experts). La plupart des économistes jugent que ces mesures vont dans le bon sens, en raison de leur faible effet récessif et d’une compétitivité préservée ; pour autant, ces derniers redoutent que ces mesures s’avèrent insuffisantes notamment pour endiguer l’écart de taux croissant entre la France et l’Allemagne.

Les principales mesures du nouveau plan de rigueur français :

Recettes nouvelles :

  • Désindexation en 2012 et 2013 du barème de l’impôt sur le revenu, de l’ISF et des droits de succession – Soit des recettes supplémentaires de 1.7 milliards dés 2012 et 3.4 milliards à partir de 2013.
  • Création d’un taux de TVA intermédiaire à 7% notamment pour les travaux de rénovation et la restauration – Soit des recettes supplémentaires de 1.8 milliards dés 2012.
  • Majoration de 5% du taux d’impôt sur les sociétés pour les grosses entreprises réalisant un chiffre d’affaires > 250 millions d’euros – Soit 1.1 milliards de recettes supplémentaires dés 2012.
  • Coup de rabot sur l’ensemble des niches fiscales porté de 10% à 15% – Soit 1.0 milliards d’euros supplémentaires à partir de 2013.
  • Hausse de 19% à 24% du prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et intérêts perçus – Soit 0.6 milliards d’euros supplémentaires dés 2012.
  • Suppression du régime spécifique Scellier en matière d’investissement locatif à partir de 2013.

Réduction des dépenses :

  • Relèvement à 62 ans de l’âge légal de la retraite dés 2017 au lieu de 2018 – Soit une économie de 0.1 milliards en 2012 et 0.5 milliards en 2013.
  • Suppression supplémentaire de 500 millions d’euros de crédits pour les ministères.
  • Economies supplémentaires de 500 millions d’euros sur les dépenses d’assurance- maladie.
  • Cessions immobilières de l’Etat portées à 500 millions d’euros par an au lieu de 400 millions et objectif de baisse de 5% des superficies occupées par l’administration.
  • Désindexation partielle (hausse limitée à 1% en 2012) des prestations familiales et des aides au logement.

Au final, même s’il peut paraître insuffisant, ce plan de rigueur est globalement cohérent et équilibré. Il veille à ne pas pénaliser la croissance et évite de porter atteinte aux foyers les plus modestes et aux petites entreprises. Au travers de ce plan, la stratégie de Nicolas Sarkozy visant à faire de la rigueur et de l’alignement de la politique fiscale et budgétaire sur l’Allemagne un axe fort de la campagne présidentielle semble se confirmer.

François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a dénoncé des « bricolages » et autres « rapiéçages » jugeant les mesures « injustes » sans pour autant avancer des propositions crédibles en rapport avec la crise européenne et l’urgence du rétablissement de l’équilibre des finances publiques en France. La critique semble d’autant plus délicate que certaines mesures proposées par le gouvernement prennent en compte plusieurs propositions socialistes : relèvement de la TVA au taux de 5.50%, suppression de la niche fiscale du dispositif Scellier, alignement de la taxation des dividendes sur les revenus du travail, taxation des grands groupes…

A ce rythme, que restera-t-il à François Hollande ? Voilà qui nous annonce une campagne présidentielle passionnante, en attendant les propositions du candidat socialiste, et notamment la teneur de sa réforme fiscale.


G20 France : le sommet plombé par la crise de l’euro se termine sur quelques avancées notables

7 novembre 2011

Crise de l’euro oblige, quelques jours après le blocage par la Grèce du plan adopté lors du sommet de la zone euro de Bruxelles le 27 octobre, le sommet du G20 s’est ouvert à Cannes les 3 et 4 novembre dans les pires conditions.

Au final, même si dans les derniers jours Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont repris le dossier en main et tout mis en œuvre pour éviter que la Grèce n’ait d’autre alternative que de quitter la zone euro, l’alerte a été très chaude. Reste maintenant à la zone euro de mettre en œuvre son plan d’aide à la Grèce en prenant mieux en compte les difficultés politiques auxquelles doit faire face ce pays. Cela passe aussi la recapitalisation rapide des banques et des avancées sensibles vers la convergence des politiques économiques, fiscales et sociales et une gouvernance unique des pays de la zone euro.

Même si rien n’est gagné, la résolution de cette grave crise semble en bonne voie grâce à l’impulsion du couple franco-allemand. Espérons que les engagements pris seront tenus et mis en œuvre rapidement pour rassurer et redonner confiance afin que la croissance puisse repartir au plus vite et accélérer la sortie de crise. Après plus de 10 ans de tergiversations et d’immobilisme coupable, encore faut-il que les pays de la zone euro comprennent que la seule alternative à la crise de l’euro, c’est le renforcement de la convergence entre les pays membres et une avancée rapide vers une Europe fédérale. A cet égard, la cohésion et les avancées du couple franco-allemand en matière de gouvernance sont exemplaires.

Les pays de l’Europe du sud ne peuvent s’exonérer des obligations qui s’imposent à tout membre de la zone euro. Celle-ci ne pourra se développer que si chaque pays respecte ses engagements notamment en matière de convergence économique, budgétaire, fiscale et sociale. Cela passe nécessairement par une rigueur stricte et une perte partielle de souveraineté nationale. C’est le prix à payer pour faire face à la mondialisation et préserver notre développement futur.

Dans ce conteste, le G20 de Cannes, placée sous présidence française, a quelques peu fait les frais de la crise européenne. D’autant que les dirigeants membres du G20, très inquiets par l’ampleur de la crise européenne, avaient besoin d’être rassurés. Au grand dam de Nicolas Sarkozy, ce sommet aura donc été largement consacré aux problèmes de la zone euro et aux risques liés à une chute durable de la croissance. N’oublions pas que la croissance et le développement des Etats-Unis, du Japon, de la Corée, de la Chine, du Brésil, de l’Inde et bien d’autres pays, repose en grande partie sur notre bonne vieille Europe qui reste leur principal marché.

La mondialisation est pour tout le monde et si les BRIC connaissent une forte croissance, c’est aussi en partie grâce à l’Europe. Si celle-ci devait entrer en récession, il est bien évident  que l’ensemble de la planète en subirait les conséquences. D’où l’intérêt pour les pays disposant d’importantes réserves financières de trouver les moyens de venir en aide à l’Europe. Simple question d’intérêts partagés.

Si le G20 2012 ne sera qu’un demi-succés, nous sommes bien loin de l’échec annoncé par certains et auquel on pouvait s’attendre au vu de l’ampleur de la crise européenne. Le pire aura été évité et quelques avancées, bien que modestes, sont incontestables. Elles concernent notamment la nécessité d’une plus grande convergence dans les décisions prises au niveau mondial. La Chine s’est ainsi engagée à faire des efforts sur sa monnaie, le yuan, qu’elle maintient artificiellement bas pour doper ses exportations. La présidence française a aussi obtenu, à l’arraché, que la taxe sur les transactions financières soutenue par 11 pays du G20, dont l’Allemagne, soit clairement mentionnée dans le communiqué final, alors que la situation paraissait bloquée. Elle pourrait être mise en œuvre dés 2012 par certains pays. Concernant les paradis fiscaux, le G20 a publié la liste de onze nouveaux pays en infraction ; ce qui n’a pas manqué d’irriter au plus haut point le gouvernement suisse. Il y a aussi eu quelques avancées vers une plus grande convergence des politiques sociales et un plus grand contrôle des banques. C’est certainement insuffisant mais fort utile pour l’avenir et c’est bien mieux que l’absence de véritables décisions.

N’oublions pas que les sommets du G20, comme du G8, sont rarement des succès et que peu de décisions importantes y sont prises. Et pour cause, si la mondialisation des échanges est une réalité, la gouvernance mondiale n’est pas pour demain puisque chaque Etat entend préserver sa souveraineté, à commencer par les USA, la Chine et la Russie. L’important dans ces sommets, c’est de pouvoir dialoguer et échanger ouvertement et régulièrement sur les problèmes du monde et progressivement, arriver à mettre le plus grand nombre de pays en cohérence pour aller un jour peut-être vers une gouvernance mondiale à minima.

A cet égard, les bonnes relations entre Nicolas Sarkozy et Barak Obama et les nombreux compliments adressés par ce dernier pour le travail de la présidence française démontrent la qualité du travail de la présidence française. Cela montre aussi combien il est aujourd’hui délicat de faire avancer les choses au niveau mondial, notamment au moment où l’Europe traverse la plus importante crise de son histoire.

Force est de reconnaître que l’Europe vient de sortir du gouffre in extrémis et espérons qu’elle n’y replongera pas de si tôt. Au risque d’en chagriner certains, il est probable que sans l’intervention déterminée de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, les choses seraient aujourd’hui bien pires. Ne feignons pas de laisser croire, probablement pour des raisons purement politiciennes que le responsable d’un Etat, quel qu’il soit, pourrait à lui seul imposer des décisions qui s’appliqueraient ipso-facto à tous. Le monde ne marche pas ainsi d’autant plus que le pouvoir des chefs d’Etat du monde n’est finalement pas si important face aux lobbies et autres intérêt financiers mondiaux.


France : Nicolas Sarkozy aligne la France sur l’Allemagne pour combattre la dette et sauver la zone euro (2)

3 novembre 2011

Les pays de l’Europe du sud, à commencer par la Grèce, n’ont fait preuve d’aucune rigueur fiscale et budgétaire au cours des dernières décennies. Face à un euro au plus haut face au dollar et des pays d’Europe du nord rigoureux et plutôt bien gérés, au fil des ans, le manque de convergence des politiques économiques et budgétaires n’a fait d’accentuer les tensions au sein de la zone euro et précipité les difficultés de certains pays de l’Europe du sud, aujourd’hui au bord du défaut de paiement.

A cet égard, les agences de notations critiquables pour leur laxisme passé, n’ont ici fait que leur travail et tiré le signal d’alarme en dégradant la note souveraine de certains pays, y compris les USA et en mettant en garde la France quant-à une perspective négative de sa dette, susceptible d’entrainer la perte de sa note AAA à défaut pour elle de prendre les mesures adéquates rapidement. Nul doute d’ailleurs, que la mise en garde récente par l’agence Moody’s, à 6 mois de l’élection présidentielle, ne doit rien au hasard et vise à maintenir la pression, d’une part, sur le gouvernement français pour que les mesures de réductions des dépenses publiques soient poursuivies, et d’autre part, sur le candidat désigné par le PS qui ne peut tenir un discours laxiste niant l’ampleur de la crise budgétaire et les efforts à réaliser.

Si les déficits publics et la dette se sont nettement aggravés depuis 2008, comme l’a justement rappelé Nicolas Sarkozy, c’est d’abord en raison de la grave crise financière venue des USA en 2008 qui a couté très cher aux économies européennes et aux finances publiques en particulier, et ensuite, en raison de la crise de la dette de la zone euro qui résulte de l’incapacité des pays de l’Europe du sud de faire face à leur importante dette. A cet égard, n’en déplaise à certains, Nicolas Sarkozy n’a que peu de responsabilité dans l’explosion de la dette française. Par ailleurs, il n’est pas contestable que son action en 2008 a permis de sauver l’Europe de la faillite financière et nul doute que, ces derniers mois, son action conjointe avec Angela Merkel aura largement contribué à sauver la zone euro d’un éclatement avec les terribles conséquences qui en auraient nécessairement découlé.

Que l’on aime ou pas Nicolas Sarkozy, il faut bien reconnaître qu’il a été à la hauteur à l’occasion de ce qui a été et est encore très probablement la plus grave crise que l’Europe n’ait eu à traverser depuis 1929. Le couple franco-allemand a tenu bon alors que la situation budgétaire de la France reste fragile et doit être consolidée pour rejoindre au plus vite la rigueur et la solidité de l’Allemagne. C’est le prix à payer pour sauver l’euro, mais aussi pour sauver la France, son industrie, ses emplois et préserver son système social généraux. Nul doute que la majorité des français a bien compris le message très clair du président de la République.

Présidentielle ou pas, la France n’a aujourd’hui d’autre choix que de converger au plus vite avec l’Allemagne, tant au plan budgétaire et fiscal, qu’au plan économique et social. C’est ce qu’a courageusement annoncé Nicolas Sarkozy et il ne fait aucun doute que des mesures en ce sens seront prises dans les prochains mois, à commencer par de nouvelles économies budgétaires pour aligner les prévisions de croissance du budget 2012 sur le taux attendu de 1% comme l’a fait l’Allemagne il y a quelques semaines.

La seule manière pour l’Europe de s’en sortir, c’est d’aller vers plus de convergence, de fédéralisme et une gouvernance unique. Nicolas Sarkozy et Angela Merckel l’ont bien compris et tentent d’y rallier les pays de la zone euro.

Espérons que le PS et son candidat François Hollande prennent enfin conscience de l’ampleur de la crise actuelle et de la nécessite d’une politique de rigueur pour les années à venir. La récente prise de position de Jérôme Cahuzac, député PS du Lot-et-Garonne et président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, par ailleurs proche de François Hollande, reconnaissant que toutes les mesures du programme du candidat socialiste ne pourraient être appliquées est plutôt rassurante. Selon lui, le candidat socialiste « puisera dans ce programme mais ne pourra réaliser la totalité de ce programme car tout simplement les moyens du pays ne le permettent pas« . A suivre !


France : Nicolas Sarkozy aligne la France sur l’Allemagne pour combattre la dette et sauver la zone euro (1)

1 novembre 2011

Lors de son intervention télévisée du 27 octobre, consacrée à la crise de la dette publique de la zone euro (la première après huit mois de silence), Nicolas Sarkozy, le président de la République s’est montré déterminé, clair et convaincant pour décrire la gravité et l’ampleur de la profonde crise que traverse la zone euro.

Il s’est attaché à démontrer combien la crise actuelle était profonde et grave et imposait des mesures énergiques pour réduire au plus vite les déficits publics et par voie de conséquence la dette, tout en veillant à ne pas trop pénaliser la croissance et la consommation qui sont déterminant pour espérer sortir au plus vite de la situation actuelle. Pour autant, il a rappelé les responsabilités de chacun et notamment des gouvernements successifs qui se sont succédés durant plus de 30 ans et qui ont laissé progressivement la dette prendre de l’ampleur pour atteindre aujourd’hui un niveau insupportable, plutôt que de prendre des mesures de rigueur visant à maitriser celle-ci.

Preuve de l’attente des français, l’audience cumulée de TF1 et France2 a atteint le record de 44%, soit prés de 12 millions de téléspectateurs. C’est dire combien les français sont conscients des enjeux et de ce qui se joue en direct sous nos yeux ces dernières semaines. Selon l’enquête OpinionWay publiée par Le Figaro quelques jours plus tard, 55% des français ont été convaincus par les propos du chef de l’Etat et 69% en ce qui concerne les relations franco-allemandes.

Au cours de ces 20 dernières années, notre principal partenaire européen, l’Allemagne, en dépit du coût extrêmement élevé de l’intégration de l’Allemagne de l’Est, se porte aujourd’hui bien mieux que la France et ses déficits et dettes publiques restent parfaitement maitrisés. Il n’y là aucun secret. Contrairement à la France, l’Allemagne sous les gouvernements successifs d’Helmut Kohl, puis de Gerhard Schröder, a mené une politique continue de rigueur exemplaire pendant que la France refusait le moindre effort budgétaire et laissait filer ses déficits publics. Pour autant, avec plus de 82 millions d’habitants contre 64 pour la France, l’Allemagne n’est certainement pas plus mal administrée que la France qui compte prés de deux fois plus de fonctionnaires.

Plus grave, la création de la zone euro s’est faite dans la précipitation en accueillant l’intégralité des pays de l’Union européenne désireux d’en faire partie, sans se soucier de leur situation financière et de leur capacité à faire converger leur politique budgétaire et fiscale comme l’imposait dés 1993 le traité de Maastricht en vue du passage à la monnaie unique (inflation < 1.5%, déficit budgétaire < 3% du PIB et dette publique < 60% du PIB). Ceux qui gouvernaient alors sont pleinement responsables de la crise actuelle d’autant qu’ils n’ignoraient pas que certains pays de l’Europe du sud, à commencer par la Grèce et le Portugal, avaient peu de chance de remplir à terme, les conditions exigées pour entrer dans la zone euro.

La monnaie unique est pourtant entrée en vigueur en 2002. L’Europe paie aujourd’hui cash le prix des erreurs d’il y a plus de 10 ans. Là est la véritable raison.