France : des écarts de taux croissants avec l’Allemagne qui exigent encore plus de rigueur

Après l’Italie, l’étau se resserre aussi sur la France. Après avoir été longtemps considérée comme un actif refuge sur le marché obligataire, ces dernières semaines, la dette française voit ses taux de marché s’écarter dangereusement de ceux de l’Allemagne. Ce jeudi 10 novembre, l’écart entre les taux français et allemands (également appelé « spread »), a atteint un nouveau record, soit plus de 1.70 points de base alors qu’il était quasi négligeable avant la crise. Cela signifie que pour placer sa dette auprès des investisseurs, la France va devoir offrir 1.70% de plus.

Si pour l’heure, la deuxième économie de la zone euro conserve des conditions de financement proches à ceux du début d’année, l’écart croissant entre les taux des deux pays a atteint des sommets qui inquiètent les marchés. Le spread entre l’OAT française à 10 ans et son équivalent, le Bund allemand (la référence de la zone euro), a atteint un niveau record depuis que l’Italie est entrée dans l’oeil du cyclone. Le taux absolu de l’OAT à 10 ans s’est tendu jeudi à 3,45%, mais demeure 30 points de base en dessous de son plus haut de l’année (3,75% en avril).

Si le nouveau plan de rigueur dévoilé lundi 7 novembre a globalement rassuré les marchés en montrant la détermination du gouvernement français à combattre les déficits et réduire la dette, pour nombre de spécialistes, il faudra rapidement aller beaucoup plus loin dans la réduction de la dépenses publique, quitte à être beaucoup plus radical, à l’instar de ce qui a été pratiqué dans d’autres pays comme en Italie, en Espagne ou au Royaume-Uni.

Face à l’importance de la charge de la dette qui représente en 2011 plus de 50% des dépenses de l’Etat, il faudra très rapidement prendre des mesures plus conséquentes, probablement avant l’échéance présidentielle. Ce d’autant plus que le budget a été bâti sur une croissance de 1% qui risque de n’être que de 0.60% sachant que la précarité de la situation française ne résistera probablement pas à une récession que l’on peut aujourd’hui totalement exclure.

La seule planche de salut pour la France est de s’attaquer durablement à la réduction des dépenses publiques. Parallèlement, la France et l’Allemagne doivent accélérer la convergence de leurs politiques économiques, budgétaires et fiscales et aussi la gouvernance unique de la zone euro. C’est la seule issue possible pour la France et la zone euro toute entière.

Dans ce contexte, la prochaine élection présidentielle française ne facilite une solution rapide de la crise et notamment la confiance des marchés en la détermination de la France à s’inscrire dans une politique de rigueur sur le long terme. Si Nicolas Sarkozy, allié à Angela Merkel à laquelle il a emprunté ses bottes, a emporté une manche avec le dernier sommet européen, la présidence du G20 et la présentation du dernier plan d’austérité, il va lui falloir rapidement rassurer et confirmer dans la durée. Là est le plus grand défi auquel il aura à faire face.

Aura-t-il le courage et l’audace de se consacrer entièrement et exclusivement à la résorbstion de la grave crise actuelle dans les prochains mois plutôt que de se soucier de ses chances en mai 2012 ? Ce qui importe aux yeux des français et qui déterminera leur choix politique le moment venu, ce sera uniquement les résultats obtenus en vue de permettre au pays de sortir au plus vite et dans les meilleures conditions de la présente crise.

De son côté, François Hollande, candidat du Parti socialiste, plutôt que de se lancer dans la surenchère politique en proposant des mesures électoralistes et inadaptées, serait bien inspiré d’inscrire sa campagne dans une stricte rigueur à l’image des socialistes espagnols. Pour cela, il n’est que temps de rompre définitivement avec les démons du passé et s’engager énergiquement dans la lutte contre les déficits publics auxquels notre pays ne survivra pas au vu de l’ampleur de la dette actuelle qui représente aujourd’hui prés de 85% du PIB. Cela passe nécessairement par l’amplification de la réforme de l’Etat et une réduction de sa voilure. Y est-il politiquement prêt ?

Les électeurs ont bien compris les enjeux et les risques liés à la crise de la dette et ne se laisseront pas influencer par des promesses électoralistes qui mettraient la France en danger. En 2012 et durant quelques années, l’heure sera à l’austérité, à la cohérence et au pragmatisme quel que soit le candidat. Alors pourquoi attendre et tenter de laisser croire aux français qu’on pourra s’en sortir sans l’effort de tous ?

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