G20 France : le sommet plombé par la crise de l’euro se termine sur quelques avancées notables

Crise de l’euro oblige, quelques jours après le blocage par la Grèce du plan adopté lors du sommet de la zone euro de Bruxelles le 27 octobre, le sommet du G20 s’est ouvert à Cannes les 3 et 4 novembre dans les pires conditions.

Au final, même si dans les derniers jours Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont repris le dossier en main et tout mis en œuvre pour éviter que la Grèce n’ait d’autre alternative que de quitter la zone euro, l’alerte a été très chaude. Reste maintenant à la zone euro de mettre en œuvre son plan d’aide à la Grèce en prenant mieux en compte les difficultés politiques auxquelles doit faire face ce pays. Cela passe aussi la recapitalisation rapide des banques et des avancées sensibles vers la convergence des politiques économiques, fiscales et sociales et une gouvernance unique des pays de la zone euro.

Même si rien n’est gagné, la résolution de cette grave crise semble en bonne voie grâce à l’impulsion du couple franco-allemand. Espérons que les engagements pris seront tenus et mis en œuvre rapidement pour rassurer et redonner confiance afin que la croissance puisse repartir au plus vite et accélérer la sortie de crise. Après plus de 10 ans de tergiversations et d’immobilisme coupable, encore faut-il que les pays de la zone euro comprennent que la seule alternative à la crise de l’euro, c’est le renforcement de la convergence entre les pays membres et une avancée rapide vers une Europe fédérale. A cet égard, la cohésion et les avancées du couple franco-allemand en matière de gouvernance sont exemplaires.

Les pays de l’Europe du sud ne peuvent s’exonérer des obligations qui s’imposent à tout membre de la zone euro. Celle-ci ne pourra se développer que si chaque pays respecte ses engagements notamment en matière de convergence économique, budgétaire, fiscale et sociale. Cela passe nécessairement par une rigueur stricte et une perte partielle de souveraineté nationale. C’est le prix à payer pour faire face à la mondialisation et préserver notre développement futur.

Dans ce conteste, le G20 de Cannes, placée sous présidence française, a quelques peu fait les frais de la crise européenne. D’autant que les dirigeants membres du G20, très inquiets par l’ampleur de la crise européenne, avaient besoin d’être rassurés. Au grand dam de Nicolas Sarkozy, ce sommet aura donc été largement consacré aux problèmes de la zone euro et aux risques liés à une chute durable de la croissance. N’oublions pas que la croissance et le développement des Etats-Unis, du Japon, de la Corée, de la Chine, du Brésil, de l’Inde et bien d’autres pays, repose en grande partie sur notre bonne vieille Europe qui reste leur principal marché.

La mondialisation est pour tout le monde et si les BRIC connaissent une forte croissance, c’est aussi en partie grâce à l’Europe. Si celle-ci devait entrer en récession, il est bien évident  que l’ensemble de la planète en subirait les conséquences. D’où l’intérêt pour les pays disposant d’importantes réserves financières de trouver les moyens de venir en aide à l’Europe. Simple question d’intérêts partagés.

Si le G20 2012 ne sera qu’un demi-succés, nous sommes bien loin de l’échec annoncé par certains et auquel on pouvait s’attendre au vu de l’ampleur de la crise européenne. Le pire aura été évité et quelques avancées, bien que modestes, sont incontestables. Elles concernent notamment la nécessité d’une plus grande convergence dans les décisions prises au niveau mondial. La Chine s’est ainsi engagée à faire des efforts sur sa monnaie, le yuan, qu’elle maintient artificiellement bas pour doper ses exportations. La présidence française a aussi obtenu, à l’arraché, que la taxe sur les transactions financières soutenue par 11 pays du G20, dont l’Allemagne, soit clairement mentionnée dans le communiqué final, alors que la situation paraissait bloquée. Elle pourrait être mise en œuvre dés 2012 par certains pays. Concernant les paradis fiscaux, le G20 a publié la liste de onze nouveaux pays en infraction ; ce qui n’a pas manqué d’irriter au plus haut point le gouvernement suisse. Il y a aussi eu quelques avancées vers une plus grande convergence des politiques sociales et un plus grand contrôle des banques. C’est certainement insuffisant mais fort utile pour l’avenir et c’est bien mieux que l’absence de véritables décisions.

N’oublions pas que les sommets du G20, comme du G8, sont rarement des succès et que peu de décisions importantes y sont prises. Et pour cause, si la mondialisation des échanges est une réalité, la gouvernance mondiale n’est pas pour demain puisque chaque Etat entend préserver sa souveraineté, à commencer par les USA, la Chine et la Russie. L’important dans ces sommets, c’est de pouvoir dialoguer et échanger ouvertement et régulièrement sur les problèmes du monde et progressivement, arriver à mettre le plus grand nombre de pays en cohérence pour aller un jour peut-être vers une gouvernance mondiale à minima.

A cet égard, les bonnes relations entre Nicolas Sarkozy et Barak Obama et les nombreux compliments adressés par ce dernier pour le travail de la présidence française démontrent la qualité du travail de la présidence française. Cela montre aussi combien il est aujourd’hui délicat de faire avancer les choses au niveau mondial, notamment au moment où l’Europe traverse la plus importante crise de son histoire.

Force est de reconnaître que l’Europe vient de sortir du gouffre in extrémis et espérons qu’elle n’y replongera pas de si tôt. Au risque d’en chagriner certains, il est probable que sans l’intervention déterminée de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, les choses seraient aujourd’hui bien pires. Ne feignons pas de laisser croire, probablement pour des raisons purement politiciennes que le responsable d’un Etat, quel qu’il soit, pourrait à lui seul imposer des décisions qui s’appliqueraient ipso-facto à tous. Le monde ne marche pas ainsi d’autant plus que le pouvoir des chefs d’Etat du monde n’est finalement pas si important face aux lobbies et autres intérêt financiers mondiaux.

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