Europe : avis de tempête sur la zone euro

L’Europe et la zone euro en particulier, traversent la plus grave crise de leur histoire.

Les pays de la zone euro payent aujourd’hui au prix fort une Europe qui a été conçue dans la précipitation et qui a cru que l’union à celle seule suffirait à faire converger des pays disposant d’une histoire très différente et surtout de systèmes économiques, budgétaires et sociaux tout aussi différents. En 2011, les divergences apparaissent au grand jour entre les pays du nord, rigoureux et aux finances saines (Allemagne, Autriche, Pays-Bas…) et l’Europe du Sud aux économies fragiles et aux finances budgétaires exsangues (Grèce, Portugal, Espagne, Italie…). La France se situant entre les deux.

Sans une Europe fédérale qui seule permettrait de gommer ces écarts entre les pays du nord et du sud, l’euro tiré vers le haut par les économies fortes menées par l’Allemagne, ne pouvait que mettre en difficulté les économies de l’Europe du sud. Pour faire face à la dette colossale des pays du sud, dont certains sont en défaut de paiement, l’Europe n’a d’autre solution que de mutualiser les dettes des pays de la zone euro pour éviter l’implosion de celle-ci permettre à ces pays de s’en sortir au mieux.

Encore faut-il que l’Allemagne accepte de contribuer à l’effort commun pour financer la dette de pays qui n’ont aucune chance de rembourser un jour. Manifestement, la rigoureuse Allemagne qui a déjà demandé beaucoup d’effort aux allemands pour financer la réunification, ne semble pas prête à payer pour les cigales du sud de l’Europe. D’où les grandes difficultés pour le président français Nicolas Sarkozy de faire accepter le plan visant notamment à la mise en place du FESF (Fond européen de stabilité financière) permettant de mutualiser la dette pour venir en aide aux pays en difficulté et au renforcement du rôle de la BCE (Banque centrale européenne).

Les nombreux allers-retours entre Paris et Berlin pour préparer le sommet européen, finalement reporté au 26 octobre, suffiront-ils à trouver un terrain d’entente entre les deux pays pour sauver la zone euro ? Rien n’est acquis mais il faut espérer des avancées importantes lors de ce sommet car il y a urgence. Verdict le 26 octobre prochain.

De son côté, la France va devoir ajuster son budget 2012 à une croissance qui ne devrait pas dépasser 0.9 % l’an prochain alors que ses prévisions étaient basées sur 1.75%. Il vaut donc falloir trouver 10 milliards supplémentaires d’économies ou de recettes nouvelles. La France ne pourra échapper elle aussi à une véritable politique de rigueur budgétaire dans les prochains mois si elle ne veut pas voir la note de sa dette AAA dégradée, comme l’a laissé entendre récemment l’agence Moddy’s.

D’ici le 15 novembre, la France et l’Europe vont vivre  une période capitale de leur histoire. Une fois encore, face à l’ampleur de la crise financière et institutionnelle, il faut espérer que l’Europe saura faire bloc et éviter un éclatement de la zone euro qui serait catastrophique pour les pays du sud de l’Europe.

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