France : quand une juge colporte des ragots accusant le chef de l’Etat

Voici plus d’un an, l’affaire Bettencourt avait fait la une des médias français durant de longs mois. Isabelle Prévost-Desprez, juge d’instruction à Nanterre avait été dessaisie à l’automne 2010 de ce dossier au profit du tribunal correctionnel de Bordeaux qui a aujourd’hui la charge de l’instruction.

En cette rentrée 2011, veille de l’élection présidentielle française, cette même juge publie un pamphlet intitulé « Sarko m’a tuer », écrit par deux journalistes du journal Le Monde. Elle y affirme notamment que : « l’ex-infirmière de Mme BETTENCOURT aurait confié à une greffière du tribunal de Nanterre que Nicolas Sarkozy, alors président de l’UMP, avait reçu de l’argent liquide en mains propres de la milliardaire avant son élection en 2007. »

Bien que ces allégations pour le moins fantaisistes ne reposent sur aucun élément concret et vérifiable, la juge n’hésite pas à les reprendre à son compte pour accuser le chef de l’Etat. En réalité, il s’agirait de déclarations faites en « off » à une greffière, d’après des propos rapportés par un tiers. Comment une juge peut-elle colporter de tels propos, directement issus des caniveaux parisiens ? Pourquoi ne pas avoir consignés de telles affirmations, si elles lui paraissaient crédibles ? A défaut, pourquoi la juge n’a-t-elle pas transmis ces éléments au Procureur comme l’exige la déontologie ? Pourquoi avoir attendu plus d’un an pour diffuser une telle information dans un livre ?

Manifestement, tout cela ne sent pas très bon et permet de douter sérieusement des réelles intentions de la juge et plus généralement de la neutralité de la justice qui intervient de plus en plus ouvertement sur le terrain politique et médiatique au mépris du secret de l’instruction et de la sérénité qu’exige son exercice.

L’Elysée, on peut s’en douter, a aussitôt démenti dès les allégations rapportées par le journal Libération, les jugeant « scandaleuses, infondées et mensongères« .

Dans un communiqué, le Premier ministre, François Fillon a regretté « qu’au mépris de toute règle déontologique, de telles allégations visant le président de la République, à l’évidence dénuées de tout fondement, viennent nourrir la rumeur dans ce qu’elle a de plus détestable et de plus insidieux » et souhaité « que les procédures en cours viennent rapidement et en toute indépendance mettre un terme aux manipulations que la période préélectorale paraît seule de nature à expliquer ».

Voilà une « affaire » qui fait pschitt, à moins que la juge n’ait voulu faire pression sur ses collègues juges du tribunal correctionnel de Bordeaux en charge de l’affaire.

Le lendemain de la sortie du livre de Mme Prévost-Desprez, dans les colonnes du magazine Marianne, l’ex-infirmière ni catégoriquement avoir tenu de tels propos et affirme : « Je n’ai pas parlé de Sarkozy ». « Lorsque j’ai été auditionnée par la juge Prévost-Desprez, je ne lui ai pas parlé de remise d’enveloppes à Nicolas Sarkozy, ni à personne d’autre. Je n’en ai parlé ni à la juge, ni à sa greffière », raconte l’infirmière. Concernant cette audition et la question de remises d’enveloppes, l’infirmière précise, dans cet entretien à paraître samedi : « C’était en juillet 2010. Avant que l’audition formelle ne commence, elle m’a dit que nous n’étions pas là pour aborder ce sujet. Mais, de mémoire, pendant quelques instants, nous avons échangé ensemble sur d’autres témoins qui auraient évoqué de tels faits. Mais moi, je ne lui ai rien dit ». Et d’ajouter : « Je n’ai rien à cacher, je suis une femme honnête, mais je ne veux pas que mes propos se retournent contre moi. Cette affaire m’a déjà causé assez d’ennuis comme ça ! »

Voilà une « nouvelle affaire » qui a tout d’une affaire politique destinée à nuire à Nicolas Sarkozy, et qui augure mal de la campagne présidentielle de 2012. Comment une juge et des journalistes peuvent-ils colporter de telles allégations ? Imagine-t-on un instant Nicolas Sarkozy, à quelques mois de l’élection présidentielle, allant régulièrement rendre visite à Mme Bettencourt et repartir avec une enveloppe d’espèces sous le bras, au vu de tout le monde ? Tout cela est grotesque et répugnant, venant de la part d’une magistrate.

Calomniez, il en restera toujours quelques chose ! La campagne pour l’élection présidentielle ne s’annonce pas sous les meilleurs hospices !

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