DSK : la procédure pénale aux USA est close mais l’affaire n’est pas terminée pour autant

Depuis le 14 mai dernier, ce que l’on appelle « l’affaire DSK » a régulièrement fait la une, durant plusieurs semaines, des principaux médias français et américains.

Rarement une affaire judiciaire avait fait autant de bruit. Des grands tabloïds comme le New-York Post aux très sérieux New-York Times ou Washington Post, sans oublier les grandes chaines TV d’information en continue, le feuilleton DSK a fait le bonheur de nombreux journaux et magazines. La télévision a déployé des moyens considérables avec de longs directs depuis New-York pour entretenir le suspense sur une affaire qui ne méritait probablement que quelques secondes en fin de JT.

Il faut dire que la personnalité de Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur général du FMI (Fond monétaire international) et sa mise en cause dans une affaire de présumé viol, au détriment d’une modeste femme de ménage d’origine africaine de l’Hôtel Sofitel de New-York avait tout pour tenir le public en haleine. Eh oui, que ne ferait-on pas pour faire entretenir l’audience ! Que n’a-t-on pas entendu ici et là de la part de journalistes prétendument professionnels ? Tout y est passé et rares ont été les journaux ou chaînes de télévision ne sont pas tombés dans ce travers bien affligeant du misérabilisme et du voyeurisme.

On nous a raconté tout et n’importe quoi dans cette prétendue affaire, jusqu’à laisser entendre qu’il s’agissait ni plus ni moins d’une manipulation politique de la méchante droite qui avait pour but de discréditer et éliminer DSK de la course à la présidence de la République française. Avec le recul, c’est vrai que la campagne socialiste s’annonce bien terne et bien éloignée de l’image de rigueur et de compétence de DSK. Une chance pour Nicolas Sarkozy qui n’en demandait pas tant ?

Si pour certains la justice américaine s’est avérée brutale et quelque peu expéditive dans l’inculpation de DSK (on se rappelle les propos accusateurs et déterminée de Cyrus Vance, le procureur de l’Etat de New-York), c’est oublier qu’elle fonctionne selon le système accusatoire (contrairement à la justice française qui est sensée instruire à charge et à décharge). Les français ont cependant pu apprécier l’extrême rapidité et efficacité de la justice d’outre Atlantique. En contrepartie, ici plus qu’en France, pour assurer sa défense, mieux vaut avoir les moyens de se payer de bons avocats. Après un peu plus de 3 mois d’enquêtes et d’auditions, la justice américaine a finalement considéré que les accusations portées par la plaignante contre DSK n’étaient pas suffisamment établies et que de trop nombreux mensonges et contradictions étaient venus fragiliser l’accusation.

Conformément à la demande du procureur Cyrus Vance, le juge Michael Obus en charge du dossier a abandonné purement et simplement l’ensemble des charges pesant contre DSK. Ce non lieu résulte de l’impossibilité pour la justice américaine d’établir la réalité des faits reprochés en raison du manque de crédibilité de la présumée victime. A défaut d’être en mesure d’emporter la conviction de la culpabilité de DSK devant le jury, où l’unanimité des 12 membres est requise, la justice américaine a préféré ne pas aller au procès pénal. D’où la libération de DSK.

Cette décision ne constitue toutefois pas une reconnaissance de l’innocence de DSK dans cette affaire, comme l’ont trop souvent laissé entendre certains de ses amis politiques. Loin de là. Si DSK sort finalement libre de cette épreuve, c’est aussi parce qu’il a eu les meilleurs avocats et que sa défense a été très bien assurée. Heureusement pour lui, il avait les moyens de les régler. Benjamin Brafman est en effet considéré comme l’un des ténors du barreau de New-York ; il avait obtenu l’acquittement de Michaël Jackson lors de son procès en 2004. Son autre avocat, William Taylor, est l’un des dix meilleurs pénalistes américain. La présence de ces deux avocats rendait d’autant plus difficile la mise en accusation de DSK, fort bien conseillé, alors que la partie adverse a commis de nombreuses erreurs et maladresses, rendant l’accusation difficilement tenable.

Si cette décision clos définitivement le dossier pénal de DSK aux USA, rappelons qu’une plainte est actuellement en cours d’instruction en France à son encontre, à l’initiative de Tristane Banon. Par ailleurs, un procès aura bien lieu aux USA, mais au plan civil, puisque la présumée victime a engagé une procédure en ce sens en vue d’obtenir un dédommagement financier pour les préjudices subis ; à moins qu’un accord financier n’intervienne entre les parties au cours de cette procédure civile. Mais ne serait-ce pas, dans ce cas, un aveu de culpabilité ?

Si DSK est dorénavant libre et va pouvoir retrouver une vie normale dans son propre pays, le dossier est loin d’être clos même s’il est peu probable que l’on connaisse un jour la réalité des faits.

Au final, cette triste affaire laisse une impression de gâchis considérable pour les parties en présence. Nul doute que DSK va rester durablement marqué par cette affaire et qu’il n’est pas prêt de revenir au premier plan de la scène politique nationale après une telle épreuve. Compte tenu de ses compétences reconnues d’économiste, au vu de l’ampleur de la crise financière européenne actuelle, gageons qu’il parviendra d’une manière ou d’une autre, à mettre son expérience au service de son pays et de l’Europe en général.

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