Crise de la dette : l’heure est venue de construire une Europe fédérale…

Ce mercredi 10 août, la dégringolade des principales places boursières européennes et mondiales a atteint les -5% pour Milan, Madrid, Paris et Francfort notamment. Cette nouvelle chute est principalement imputable aux banques et autres établissements financiers, qui ont connu une baisse souvent supérieure à -10%, notamment à l’idée que  la part de la dette grecque qu’elles risquent de devoir prendre en charge soit plus importante que prévue.

Une nervosité extrême des marchés et des investisseurs qui repose davantage sur de simples rumeurs ou des spéculations dignes du café du commerce. Il est vrai que la récente dégradation de la dette souveraine des Etats-Unis à AA+ par S&P a constitué un accélérateur. Et pourtant, les milieux bien informés n’ignoraient pas que cette dégradation était devenue inéluctable. La récente décision de la FED (Réserve Fédérale) de maintenir des taux d’intérêts très bas jusqu’en 2013, confirme au besoin les mauvaises perspectives de l’économie américaine pour les deux années à venir.

Il ne s’agissait en l’espèce que d’un simple ajustement par rapport à la réalité de la situation américaine aujourd’hui. Pour autant, il n’y a là rien d’exceptionnel pour peu que le gouvernement américain prenne le problème des déficits et de la dette à bras le corps.

De son côté, il faut bien reconnaître que la France a fait des efforts notables ces dernières années (réformes de l’Etat, mise en place de la RGPP, réforme du régime des retraites…) pour réduire ses coûts structurels trop élevés qui permettront, à moyen terme, de réduire sensiblement et durablement la dette du pays. C’est d’ailleurs ce qui justifie que la France puisse conserver sa note AAA, avec perspective stable, attribuée par les 3 principales agences de notation Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch Rating. Elle est ainsi assurée de cette note tant que sa priorité restera la réduction des déficits.

Le gouvernement français semble décidé à profiter de cette alerte générale sur la dette mondiale pour aller de l’avant. En effet, peut-on croire que les décisions prises à ce jour sont suffisantes pour réduire la dette ? C’est la raison pour laquelle le président de la République a réuni ce mercredi 10 août, un conseil des Ministres restreint pour ajuster la politique de réduction des déficits publics, notamment au vu de la baisse de la croissance qui se dessine. Croissance ou pas, il est impératif que la France réduise ses déficits publics à 3% du PIB dés 2013. Reste à se donner les moyens de réussir en prenant les bonnes mesures : probablement une nouvelle réduction sensible des niches fiscales, voire une imposition supplémentaire pour les hauts salaires. La marge de manœuvre est cependant étroite car il faut veiller à ne pas pénaliser le peu de croissance prévue et, si possible, maintenir, le niveau d’aides sociales pour préserver les plus démunis.

Verdict fin août. Quelles que soient les décisions prises, elles impacteront directement la situation budgétaire de la France et de tous les français, au-delà, le crédit politique et les chances de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2012. Et si, au cœur de la plus grave crise financière qu’ait connu la planète depuis 1929, pour une fois, le courage politique était finalement au rendez-vous ?

S’agissant de l’Europe, et plus particulièrement des pays de la zone euro, les choses sont tout aussi claires. Les pays les plus touchés par la crise de la dette (l’Europe du sud pour l’essentiel) doivent prendre des mesures énergiques et concrètes pour contenir leurs déficits publics et améliorer la situation de leur dette.

Par ailleurs, les pays de la zone euros les plus vertueux, tels l’Allemagne, ne peuvent faire l’économie d’une aide massive aux pays les plus endettés, tels la Grèce. La solidarité européenne doit jouer à plein dans l’intérêt de l’ensemble des pays de la zone euros. Le seul moyen d’enrayer la crise actuelle de la dette en Europe, c’est de faire un nouveau pas vers l’intégration. En effet, la zone euro ne pourra subsister et se développer que si elle franchit une nouvelle étape politique majeure en instituant un véritable gouvernement européen, indépendant des Etats, et doté d’un budget propre. L’heure n’est plus à l’Europe des nations, et encore moins à un nationalisme dépassé et dangereux, mais à une Europe fédérale. C’est notre seule chance de sortir de la crise par le haut et de préserver nos idéaux communs.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’ont d’autres choix que d’œuvrer à la construction de cette Europe fédérale, qui seule, pourra assurer l’avenir de ses membres.

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