Aéroport de Rodez-Aveyron : 500 000 passagers transportés par Ryanair

7 juillet 2011

Depuis l’arrivée de la compagnie low-cost irlandaise Ryanair (1) fin 2003, le trafic annuel de l’aéroport de Rodez-Aveyron s’est stabilisé aux alentours de 150 000 passagers par an. Ce qui est qui n’est pas si mal pour un aéroport régional, en dépit de la récente crise du transport aérien. Ce succès est principalement du à Ryanair qui transporte environ la moitié des passagers, via ses destinations de  Rodez-Londres, Rodez-Porto et Rodez-Dublin.

Début mai 2011, la compagnie à la harpe, dirigée de main de maître par Mikael Oleary, a transporté son 500 000 ème passager sur ses destinations vers Rodez. A cette occasion, John Brisy, le responsable marketing pour la France est venu à Rodez pour fêter l’évènement, aux côtés de Tom Roberts, le directeur de l’aéroport.

Ryanair semble satisfaite de l’évolution de la ligne Rodez-Londres/Stanted depuis sa création. La principale ligne de Ryanair vers Rodez assure quatre allers-retours hebdomadaires en été et deux en hiver. Depuis 2008, la liaison vers Dublin a été ouverte, puis vers Porto en 2010, à raison de deux aller-retour hebdomadaires chacune. La fréquentation de ses dernières destinations serait également conforme aux prévisions de la compagnie. Côté tarif, nous sommes ici bien loin de ceux pratiqués par Brit-Air (Air-France) sur Paris-Rodez. En moyenne, l’aller-retour via Ryanair revient de l’ordre de 60 à 80 euros, taxes comprises, avec des promotions régulières pouvant atteindre 10 euros l’aller. Qui dit mieux ?

L’aéroport de Rodez-Aveyron, soutenu en cela par le Conseil général de l’Aveyron, notamment depuis sa prise de contrôle majoritaire de la SAEML Air 12, entend développer une politique visant à l’ouverture de nouvelles lignes à destination de l’Europe. En effet, pour pérenniser cet équipement aujourd’hui dimensionné pour accueillir 300 000 passagers par an et désenclaver le département, il est vital pour Rodez de proposer des destinations régulières vers le plus grand nombre de villes européennes. On peut ainsi espérer dans les années à venir, pourquoi pas, quelques destinations vers Barcelone, Milan, Berlin, Bruxelles…

En attendant, après les péripéties des derniers vols Rodez-Paris par Brit-Air (Air-France), vols supprimés au dernier moment au profit de Barcelone par manque d’avions disponibles, il faut espérer que dans les prochains mois la ligne verra des améliorations sensibles, tant au niveau de la régularité des vols sur Paris que dans les tarifs pratiqués qui s’avèrent pour le moins prohibitifs. Gageons que le Conseil général, qui a récemment pris les reines de l’aéroport, saura rapidement trouver une solution plus satisfaisante pour les usagers. Peut-on accepter encore longtemps de voir les conditions de transport se dégrader sur la ligne Rodez-Paris ; la seule qui perde régulièrement des passagers depuis des années ?

(1)  Comme toutes les lignes Ryanair en Europe, les exploitants des aéroports sont mis à contribution par la compagnie low-cost qui exige le versement d’une redevance annuelle plus ou moins importante pour assurer la desserte de chaque destination. Son modèle économique à bas coût repose en partie sur ces subventions et la compagnie irlandaise n’accepte d’ouvrir des lignes à partir d’une ville que si l’aéroport la cofinance. Les sommes ainsi versées sont loin d’être négligeables mais restent généralement dans le domaine du secret. Si pour certains Ryanair fait pression sur les collectivités qui se verraient ainsi contraintes de verser une redevance pour maintenir les lignes en exploitation, il faut bien reconnaître qu’au final, l’opération semble plutôt profitable aux villes et départements qui participent. Pour preuve, de nombreuses villes européennes se pressent pour voir débarquer Ryanair chez elles, malgré les contraintes financières.  Bien que la rentabilité soit difficile à établir, les études menées ici et là semblent confirmer que le retour sur investissement n’est pas négligeable. Ainsi à Rodez, pour une subvention d’un euro, entre 5 et 7 euros seraient dépensés localement par les passagers. Ces chiffres doivent cependant être atténués par le fait que nombre de passagers britanniques ne fréquentent l’aéroport de Rodez-Aveyron que pour se rendre dans un département voisin, notamment le Lot, qui profite ainsi des subventions aveyronnaises. Il n’est reste pas moins que plus de 6 ans après l’arrivée de Ryanair à Rodez, il paraît difficile de contester les retombées économiques et touristiques qui en résultent.


Alors que l’Allemagne stoppe son programme nucléaire, la France continue comme si de rien n’était…

4 juillet 2011

Dans le présent contexte de révolution énergétique, la France peut-elle raisonnablement continuer à miser sur le tout nucléaire, comme si rien ne s’était passé en ce début 2011 ?  Le pays est champion du monde de l’atome avec 75% de son électricité d’origine nucléaire contre seulement 12% d’énergie renouvelable (10% pour l’hydraulique et seulement 2% pour l’éolien et le solaire), loin devant la Suède avec prés de 50% d’énergie nucléaire, la Suisse 40%, le Japon 30%, l’Allemagne 25%, les Etats-Unis 20% ou le Royaume-Uni 18%. Après la catastrophe de Fukushima, la part de l’énergie nucléaire dans ces pays devrait baisser considérablement et même disparaître pour ce qui concerne l’Allemagne, la Suisse et l’Italie.

Le temps n’est-il pas venu pour la France de revoir sa politique énergétique, en réduisant notablement la part de son énergie d’origine nucléaire ? Le pays peut-il durablement rester l’un des plus gros producteurs d’énergie nucléaire et continuer à tout miser sur le développement de ce type d’énergie, au détriment des énergies renouvelables et durables que sont l’éolien, le solaire ou la biomasse ? D’ici 10 ans, dans les grands pays industrialisés, l’énergie nucléaire ne devrait plus peser que 15% à 20% du total alors que les énergies renouvelables devraient représenter à elles-seules 30% à 50% selon les pays. Avant la décision allemande, la Suisse dont 40% de l’énergie est d’origine nucléaire, avait elle aussi décidé de sortir définitivement du nucléaire d’ici 2034, alors que nos voisins immédiats : la Belgique, l’Italie et l’Espagne ont stoppé leur programme nucléaire et sont en voie de se passer de ce type d’énergie.

Après les terribles catastrophes de Tchernobyl  et Fukushima (cette dernière ayant eu lieu dans un des pays les plus avancés technologiquement au monde), aucun argument valable ne saurait aujourd’hui justifier la poursuite d’une politique du tout nucléaire. Aucune centrale atomique au monde, même les mieux sécurisées, ne saurait garantir une totale sécurité face aux risques nucléaires planétaires. Même si la technologie est de plus en plus sûre, notamment la 3ème génération de réacteurs nucléaires développés par la France, cette énergie présente de graves risques pour l’humanité au regard de ses bien maigres avantages. La prudence et le respect des pays voisins imposent à la France de revoir sa politique du tout nucléaire.

Comment la France va-t-elle passer d’un niveau n’énergies renouvelable de 12% en 2011 (l’un des plus bas de tous les pays développés), à 22% en 2020, chiffre qu’elle s’est comme objectif à atteindre comme l’ensemble des pays de l’Union européenne ? La France doit à son tour engager une politique de diversification de ses énergies en favorisant, comme l’a si bien fait l’Allemagne, les énergies propres et renouvelables telles l’éolien et le solaire. Les projets d’importants champs éoliens offshores sur la Manche et l’océan Atlantique, soutenus par le gouvernement français, vont dans le bon sens. Mais il faut aller beaucoup plus loin et plus vite pour développer une industrie du durable, porteuse en terme de développement durable et d’emplois locaux.

La France doit revenir à une part d’énergie nucléaire nettement inférieure à 50% et porter rapidement ses énergies renouvelables de 12% à 30% et plus. C’est une question de survie, d’indépendance et de crédibilité de notre pays qui doit promouvoir une industrie sûre et propre qui contribuera à la une réduction massive du CO2. La France doit ainsi donner l’exemple pour éviter toute prolifération de centrales nucléaires à travers le monde, difficiles à contrôler et qui n’offriraient pas les meilleures garanties de sécurité.

Dans un premier temps, la France n’a donc d’autre choix que de fermer progressivement ses centrales nucléaires les plus anciennes et les moins sûres. L’avais favorable donné début juillet 2011 par l’ASN pour le prolongement de 10 ans de l’exploitation de la veille centrale de Fessenheim ne va pas dans le bon sens. Outre la révision de son mix-énergétique, la réussite française passe par une politique de réduction massive des consommations d’électricité, notamment en matière de chauffage, en finançant plus généreusement les économies d’énergies et les constructions à basses consommations. L’avenir est plus que jamais à la réduction des consommations et aux énergies propres et renouvelables. Il est temps que la France ouvre les yeux et change de cap énergétique.