Europe : le fédéralisme pour sauver durablement la zone euro

A la veille du sommet de crise de la zone euro qui avait lieu à Bruxelles, le président français et la chancelière allemande se sont longuement entretenus à Berlin le mercredi 20 juillet 2011. Après sept heures de discussions, les deux leaders européens sont parvenus à un accord qui devrait permettre de faire face à la grave crise de la dette qui met en péril l’euro, et partant, l’ensemble des pays de la zone euro. Au final, face à une crise de la dette sans précédent en Europe, le couple franco-allemand a fini par se montrer à la hauteur des enjeux et de l’histoire. Selon le compromis trouvé, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont accepté le principe d’un plan de rachat de la dette grecque avec une participation du secteur privé, c’est à dire des banques. Ouf !

Les 17 chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro réunis en sommet à Bruxelles le lendemain, jeudi 21 juillet, ont entériné le plan adopté par le couple franco-allemand la veille.

Selon Nicolas Sarkozy, la Grèce paiera bien sa dette, dont le montant sera réduit de 24 points de PIB grâce à de nouveaux prêts de l’UE et du FMI et à une participation volontaire du secteur privé à un nouveau plan de soutien. Le président de la République a par ailleurs précisé que le Fonds européen de stabilité financière (FESF), dont la durée des prêts sera allongée et les taux sensiblement réduits, pourra désormais agir de manière préventive et intervenir sur les marchés secondaires de la dette publique, amorçant ainsi la création d’un véritable « Fonds monétaire européen ».
Il a tenu à rappeler que ce plan était spécifique à la Grèce et ne pourrait être mis en œuvre dans ces mêmes conditions au profit d’un autre Etat.

En fin de journée, les principaux marchés d’actions européens étaient en nette hausse, contrastant avec la forte baisse des jours précédents. De son côté, l’euro franchissait l’un de ses records historiques à 1.44 euros pour un dollar. Ce qui, au premier abord, laisse augurer d’un accueil favorable du plan de sauvetage de la Grèce.

Après cette grave crise, une chose est maintenant acquise.  La zone euro ne pourra durablement résister à la crise de la dette des états membres que si des avancées importantes voient le jour dans les prochains mois, conduisant rapidement à une véritable gouvernance européenne unique. Cela passe par une fédéralisation progressive de la zone euro qui permette, à l’instar des Etats-Unis, de mettre en place des mécanismes de solidarité entre les pays forts et les pays les plus faibles. La seule solution de renforcer et d’assurer l’avenir de l’Europe, c’est encore plus d’Europe.

C’est manifestement la voie choisie et la volonté affichée par la France et l’Allemagne à l’issue du sommet de la zone euro. Comme l’a affirmé le Président de la République française, les deux pays devraient, d’ici la fin août 2011, faire des propositions visant à favoriser la convergence des économies de la zone euro en vue d’en accélérer l’intégration économique. Voilà qui est de bon augure et devrait convaincre les marchés de la volonté des pays de la zone euro de régler durablement la crise de la dette des pays membres.

L’Europe, et la zone euro en particulier, auront peut-être franchi un pas décisif vers l’intégration.

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :