Alors que l’Allemagne stoppe son programme nucléaire, la France continue comme si de rien n’était…

Dans le présent contexte de révolution énergétique, la France peut-elle raisonnablement continuer à miser sur le tout nucléaire, comme si rien ne s’était passé en ce début 2011 ?  Le pays est champion du monde de l’atome avec 75% de son électricité d’origine nucléaire contre seulement 12% d’énergie renouvelable (10% pour l’hydraulique et seulement 2% pour l’éolien et le solaire), loin devant la Suède avec prés de 50% d’énergie nucléaire, la Suisse 40%, le Japon 30%, l’Allemagne 25%, les Etats-Unis 20% ou le Royaume-Uni 18%. Après la catastrophe de Fukushima, la part de l’énergie nucléaire dans ces pays devrait baisser considérablement et même disparaître pour ce qui concerne l’Allemagne, la Suisse et l’Italie.

Le temps n’est-il pas venu pour la France de revoir sa politique énergétique, en réduisant notablement la part de son énergie d’origine nucléaire ? Le pays peut-il durablement rester l’un des plus gros producteurs d’énergie nucléaire et continuer à tout miser sur le développement de ce type d’énergie, au détriment des énergies renouvelables et durables que sont l’éolien, le solaire ou la biomasse ? D’ici 10 ans, dans les grands pays industrialisés, l’énergie nucléaire ne devrait plus peser que 15% à 20% du total alors que les énergies renouvelables devraient représenter à elles-seules 30% à 50% selon les pays. Avant la décision allemande, la Suisse dont 40% de l’énergie est d’origine nucléaire, avait elle aussi décidé de sortir définitivement du nucléaire d’ici 2034, alors que nos voisins immédiats : la Belgique, l’Italie et l’Espagne ont stoppé leur programme nucléaire et sont en voie de se passer de ce type d’énergie.

Après les terribles catastrophes de Tchernobyl  et Fukushima (cette dernière ayant eu lieu dans un des pays les plus avancés technologiquement au monde), aucun argument valable ne saurait aujourd’hui justifier la poursuite d’une politique du tout nucléaire. Aucune centrale atomique au monde, même les mieux sécurisées, ne saurait garantir une totale sécurité face aux risques nucléaires planétaires. Même si la technologie est de plus en plus sûre, notamment la 3ème génération de réacteurs nucléaires développés par la France, cette énergie présente de graves risques pour l’humanité au regard de ses bien maigres avantages. La prudence et le respect des pays voisins imposent à la France de revoir sa politique du tout nucléaire.

Comment la France va-t-elle passer d’un niveau n’énergies renouvelable de 12% en 2011 (l’un des plus bas de tous les pays développés), à 22% en 2020, chiffre qu’elle s’est comme objectif à atteindre comme l’ensemble des pays de l’Union européenne ? La France doit à son tour engager une politique de diversification de ses énergies en favorisant, comme l’a si bien fait l’Allemagne, les énergies propres et renouvelables telles l’éolien et le solaire. Les projets d’importants champs éoliens offshores sur la Manche et l’océan Atlantique, soutenus par le gouvernement français, vont dans le bon sens. Mais il faut aller beaucoup plus loin et plus vite pour développer une industrie du durable, porteuse en terme de développement durable et d’emplois locaux.

La France doit revenir à une part d’énergie nucléaire nettement inférieure à 50% et porter rapidement ses énergies renouvelables de 12% à 30% et plus. C’est une question de survie, d’indépendance et de crédibilité de notre pays qui doit promouvoir une industrie sûre et propre qui contribuera à la une réduction massive du CO2. La France doit ainsi donner l’exemple pour éviter toute prolifération de centrales nucléaires à travers le monde, difficiles à contrôler et qui n’offriraient pas les meilleures garanties de sécurité.

Dans un premier temps, la France n’a donc d’autre choix que de fermer progressivement ses centrales nucléaires les plus anciennes et les moins sûres. L’avais favorable donné début juillet 2011 par l’ASN pour le prolongement de 10 ans de l’exploitation de la veille centrale de Fessenheim ne va pas dans le bon sens. Outre la révision de son mix-énergétique, la réussite française passe par une politique de réduction massive des consommations d’électricité, notamment en matière de chauffage, en finançant plus généreusement les économies d’énergies et les constructions à basses consommations. L’avenir est plus que jamais à la réduction des consommations et aux énergies propres et renouvelables. Il est temps que la France ouvre les yeux et change de cap énergétique.

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