Abbaye de Sylvanés 2011 : 34ème festival international de musiques sacrées et du monde

9 juin 2011

Pour sa 34 ème édition, le Festival international de l’Abbaye de Sylvanés vient de dévoiler son programme 2011. Intitulé « Chants du Ciel et de la Terre », cette nouvelle édition se déroulera du 10 juillet au 28 août 2011.

En ces périodes troubles et incertaines, l’Abbaye de Sylvanés se démarque par une programmation culturelle originale, favorisant la diversité au niveau de la musique, de la poésie et de la danse, mais aussi les rencontres et le dialogue entre les cultures et les religions du monde. A l’initiative de son fondateur et directeur artistique, Michel Wolkowitsky, le Festival de l’Abbaye de Sylvanés est aujourd’hui devenu un haut lieu culturel et artistique du sud de la France. L’édition 2011 se veut d’abord une invitation au voyage et à la découverte des styles nouveaux, tout en mettant à l’honneur, les grands classiques de la musique sacrée.

Le meilleur de la programmation 2011 à Sylvanés :

  • 14 juillet : « Stabat Mater de Pergolèse » ; suite en si pour flûte et orchestre de J.S. Bach ; Emilie Boudeau, soprano ; Bertrand Dazin, alto avec l’ensemble baroque de Toulouse
  • 16 juillet : « Nuit de la Danse, Rêves en Evolution » ; création chorégraphique de Michel Hallet Eghayan ; avec les danseurs de la compagnie de danse Hallet Eghayan
  • 17 juillet : « Nuit de la Danse Sacrée » ; danses sacrées, mythiques et royales de la tradition Khmère ; avec les Etoiles du ballet royal du Cambodge
  • 24 juillet : « Voix de Géorgie » ; chants sacrés anciens et chants polyphoniques Géorgiens ; avec L’Ensemble géorgien de voix d’Hommes Basiani
  • 24 juillet : « Nuit Slave » ; danses, musiques et chants de Russie et d’ailleurs ; par les Ballets Russes Alexandrov et l’Ensemble Russaki
  • 31 juillet : « Orféo ed Euridice de Gluck » ; opéra mythique en 3 actes ; par l’Ensemble baroque de Toulouse et le Chœur baroque de Toulouse
  • 6 août : «Maayan, de l’Andalousie à l’Orient » ; chants des Femmes Séfarades, berceuses, romances, chants de noces, chants d’un peuple déraciné ; avec Naïma Chemoul, chant ; Samir Hammouch, qânoun et Bonaventure Akoto, percussions
  • 7 août : « Le Messie de G.F. Haëndel » ; oratorio en 3 parties ; avec Nicki Kennedy : soprano, Bertrand Dazin : alto et Gilles Ragon : ténor ; par le Chœur de l’académie baroque du Festival
  • 12 août : « Sept portraits de la Femme de l’ancienne Hespéria – Lucx Feminae 900-1600 » par Hesperion XXI ; avec Montserrat Figueras : voix et cithara, Pierre Hamon : ney, aita et flûtes, Dimitris Psonis : oud, santur et morisca et al direction musicale de Jordi Savall : rebab et lira da gamba
  • 14 août : « Vêpres de S. Rachmaninov et polyphonies sacrées, chants populaires » ; avec le Chœur de Crimée
  • 16 août : « Stabat Mater de Anton Dvorak » avec Sandrine Eyglier : soprano, Clémentine Margaine : mezzo-soprano et Gilles Ragon : ténor ; par le Grand chœur de Festival :  l’Ensemble instrumental Contrepoint, direction musicale : Michel Piquemal
  • 19 août : « Richard Galliano de Bach à Piazzolla » avec Richard Galliano : accordéon, Nicolas Dautricourt et Bertrand Cervera : violons, Jean-Marc Apap : alto, Eric Levionnois : violoncelle, Stéphane Logerot : contrebasse
  • 28 août : « Oh Happy Days » Negro spirituals, gospel et blues ; avec The Golden Gate Quartet

Un programme d’exception qui ne manquera pas, une fois de plus, d’attirer la foule des grands jours à Sylvanés. Le programme complet : 34ème Festival international de musique de Sylvanés 2011

Face au succès du festival, la réservation est fortement recommandée pour ne pas s’exposer à trouver porte close le jour du spectacle. Certains spectacles étant en effet complets plusieurs semaines avant la date.

Pour plus d’informations :

Abbaye de Sylvanés 12360 Sylvanés Tél : 05 65 98 20 20 – e-mail : abbaye@sylvanes.com – internet : www.sylvanes.com


Al Jezeera : chaîne d’information indépendante ou voix de l’intégrisme islamique ?

6 juin 2011

Fondée en 1996 par l’émir du Qatar, Hamad bin Khalifa Al-Thani, la chaîne Al Jezeera dont le siège est à Doha, est financée pour partie par son gouvernement. Wadah Khanfar, le directeur général de la chaîne, ne manque pas de rappeler l’engagement d’Al Jazeera dans le monde arabe : « Plus informés, nous pensons que les peuples de cette région et d’ailleurs pourront faire de meilleurs choix pour mener leur vie et pour se diriger vers un avenir plus pacifique et démocratique, peu importe où ils vivent. »

La liberté apparente affichée par la chaîne et la place donnée des opposants à certains régimes inquiète les chefs d’Etat du monde arabe, mais aussi nombre de pays occidentaux. Al Jazeera joue un rôle important dans les révolutions du monde arabe. Elle avait largement couvert les prémices de la révolution tunisienne, dés décembre 2010. Comme en Tunisie et en Egypte hier, la chaîne est interdite à Bahrein, en Algérie, en Lybie et en Irak. Aux Etats-Unis, elle n’est pas diffusée via les réseaux câblés nationaux. C’est dire la réserve des autorités américaines concernant ce média très controversé, réputé ouvert aux courants islamiques les plus extrémistes, proche des frères musulmans, des salafistes (courant sunnite revendiquant un retour à l’islam original)  et même des talibans selon certains.

Al Jazeera ne traite pas l’information de la même manière selon le pays. Depuis février 2011, après la chute d’Hosni Moubarak en Egypte contre lequel elle s’était déchaînée, la chaîne d’information a mis le paquet sur la Libye pour relayer la révolution contre Kadhafi.  Malgré son prétendu professionnalisme, à y regarder de plus prés, Al Jazeera n’apparait pas comme un média impartial et indépendant ; tout au moins comme on l’entend dans le monde libre. Ainsi, la chaîne apparaît très arrangeante, pour ne pas dire complaisante lorsqu’il s’agit du Qatar et de ses intérêts, mais aussi de l’Arabie Saoudite et même de l’Iran dont la chaîne a fort peu relayé la révolution et les manifestations qui s’y déroulent régulièrement. De la même manière, aujourd’hui Al Jezeera reste relativement sobre sur les révolutions en cours en Syrie et au Yémen alors que ces dictatures massacrent quotidiennement des dizaines d’innocents, contrairement aux révolutions pacifiques en Tunisie et Egypte.

Des choix qui ne doivent probablement rien au hasard. Le militantisme et la défense de la cause islamique ont tendance à prendre le dessus sur la liberté et l’indépendance de l’information. Son revirement à l’égard de l’Arabie saoudite est symptomatique. Très critique à ses débuts, Al Jazeera s’est progressivement montrée plus complaisante vis-à-vis du royaume wahhabite, qui est aujourd’hui un ami du Qatar d’où elle émet et qui la finance. Toutefois très méfiante vis-à-vis de la chaîne du Qatar, l’Arabie Saoudite a elle-même lancé sa propre chaîne concurrente d’information en continue en langue arabe : Al Arabiya.

Il subsiste de grandes différences entre les deux chaînes d’information arabes. Sur Al Arabiya, deux courants contrôlent la chaîne : l’un rassemble les libéraux saoudiens, proches des Etats-Unis qui prônent une forme de modernité, l’autre, représenté par les libanais et les anti-Hezbollah favorables au renforcement des Etats-Unis dans la région.  Selon de nombreux spécialistes, sur la Tunisie, l’Egypte et la Lybie, Al Arabia aurait aussi bien couvert les évènements qu’Al Jazeera. Pour autant, du fait de la peur d’une contagion des Saoudiens, elle s’est montrée sensiblement moins enthousiaste et moins militante.

En dépit des nombreuses controverses la concernant, Al Jazeera conserve sa place de première chaîne arabe et a même vu son audience augmenter avec les révolutions arabes. Egalement diffusée en langue anglaise, à destination du monde occidental, la chaîne du Qatar n’entend pas en rester là et souhaite profiter des révolutions arabes pour accroître son audience planétaire. Ainsi, elle pourrait prochainement émettre en français, afin de mieux couvrir le Magreb et l’Afrique francophone. C’est vrai qu’il y a encore beaucoup de révolutions à venir dans le monde… De quoi diffuser plus largement une vision islamique à travers le monde …


France : Fitch confirme la notation AAA mais met en garde contre un dérapage budgétaire à l’approche des élections

1 juin 2011

Voici quelques jours, l’agence de notation financière Fitch Ratings a annoncé que la France allait dans la bonne direction, mais qu’elle devait impérativement poursuivre ses efforts. Elle a confirmé la note de la dette souveraine «AAA» avec une perspective stable. Une bonne nouvelle pour la France. Selon l’agence,  « le gouvernement français a pris une série de mesures qui ont amélioré les perspectives des finances publiques». Et d’évoquer la réforme des retraites, le non remplacement «d’un fonctionnaire sur deux, le gel de salaires… Le maintien de la note « AAA » assure à notre pays des conditions optimales pour financer sa dette sur des marchés financiers internationaux particulièrement sensibles à toute menace potentielle depuis le déclenchement de la crise de la dette.

Selon Fitch, ces efforts doivent cependant être maintenus pour stabiliser, puis réduire le niveau d’endettement de la France qui s’élevait fin 2010 à 81,7% du PIB (prés de 1.600 milliards d’euros). Parmi les risques auxquels devra faire face la France, il y a l’échéance électorale majeure de 2012. Elle devra notamment éviter tout dérapage budgétaire à des fins électorales, d’autant que les prévisions de croissance à moyen terme ne dépassent guère un modeste 2%.

Si le budget 2011 paraît en mesure de respecter l’objectif d’un déficit de 5,7% du PIB, des efforts supplémentaires seront toutefois nécessaires pour ramener le déficit à 3% du PIB en 2013, comme convenu. Pour autant, le niveau d’endettement devrait se stabiliser à un niveau supérieur à celui d’avant crise, réduisant d’autant la marge de manœuvre pour faire face aux crises futures. Selon les prévisions, la dette publique française devrait atteindre 84,6% du PIB fin 2011 puis 86,0% en 2012, avant de refluer à 85,6% en 2013 et 84,1% fin 2014 si les déficits sont contenus aux niveaux prévus.

Fitch met cependant en garde contre « un écart important par rapport à ces objectifs qui mettrait la note AAA de la France sous pression baissière ». Cette note pourrait également être révisée à la baisse « si la compétitivité de la France se détériorait encore et si sa position extérieure s’affaiblissait ». L’agence prévoit que « la balance des comptes courants restera négative en 2011 et 2012, à environ 2% du PIB et encourage la France à réduire davantage ses «rigidités structurelles ». Au final, quel que soit le gagnant des élections en 2012, la rigueur dans la gestion des finances publiques devra être maintenue de longues années encore.

Voilà qui a le mérite de la clarté, à l’aube d’une élection majeure. Les candidats devront avoir le courage de dire, qu’après les échéances de 2012, la France n’aura d’autre choix que de poursuivre une politique de rigueur budgétaire et de réformes structurelles, voire même de les amplifier pour conforter la réduction des déficits publics et la dette à des niveaux qui n’obèrent pas l’avenir du pays et son développement futur. Que cela plaise ou non, le gouvernement d’aujourd’hui, comme celui de  demain, n’aura d’autre choix que de poursuivre la réduction de la voilure de l’Etat qui passe par le gel des salaires des fonctionnaires et de certaines prestations.

Une rigueur somme toute modérée pour les français et qui devrait suffire pour traverser cette délicate période sans trop de mal et éviter ainsi une situation à la grecque ou à la portugaise et les lourds sacrifices demandés à la population. Encore faudrait-il que les plus hauts revenus du pays, largement épargnés par les efforts demandés au plus grand nombre, soient également mis à contribution au travers d’un impôt en rapport avec l’importance de leurs revenus.