France : Christine Lagarde élue directrice générale du FMI

Le 28 juin 2011, Christine Lagarde, la ministre de l’Economie française, a été choisie par le Conseil d’administration du Fonds Monétaire International (FMI) pour être sa directrice générale et présidente du Conseil d’administration. Elle succédera à un autre français Dominique Strauss-Kahn qui avait démissionné courant mai.

C’est indiscutablement une belle victoire personnelle pour Christiane Lagarde. Durant ces cinq années passées à la tête du ministère des Finances, au fil des rencontres et autres sommets, elle avait fait la démonstration de ses compétences et de sa rigueur en matière économique et financière. Ce qui lui avait d’ailleurs permis d’emporter en 2009 le titre de meilleure ministre de l’Economie du monde décerné par le prestigieux magazine The Economist.

Plus encore, elle avait su séduire ses interlocuteurs et s’imposer au sein du monde très masculin des ministres de l’Economie et des Finances de l’Union européenne. En France, où elle avait été très critiquée la première année, elle s’était très largement imposée, tant au niveau du Gouvernement que du Parlement où elle était une ministre très écoutée et respectée. A tel point qu’aujourd’hui, son départ a créé un vide difficile à combler.

Christine Lagarde s’est forgée une solide réputation à l’international

Polyglotte, elle parle de nombreuses langues, à commencer par l’anglais qu’elle maîtrise à la perfection ; au point qu’elle semble plus à l’aise dans la langue de Shakespeare que de Voltaire.

Maitrisant parfaitement les codes anglo-saxons, c’est aux USA qu’elle a réalisé une bonne partie de sa carrière au sein du premier cabinet d’avocats au monde : Baker & McKenzie. Elle en a assumé avec brio la présidence de son comité exécutif mondial dont le siège est à Chicago, en doublant le chiffre d’affaires.

Christine Lagarde est membre du conseil de surveillance de la multinationale néerlandaise ING Group, une des principales sociétés financières au monde. Elle a récemment été classée douzième femme la plus puissante au monde par le magazine américain Forbes et cinquième femme d’affaires européenne par le Wall Street Journal Europe.

Un large consensus autour de son élection

Soutenue par la France, mais aussi par les grandes nations du monde : l’Europe, la Chine, le Brésil, la Russie et les Etats-Unis, mais aussi de nombreux pays émergeants, elle est la première femme jamais élue à ce poste au sein de l’économie mondiale. Élue pour un mandat de cinq ans à la tête du FMI, elle devra affronter la grave crise financière et budgétaire qui sévit en Europe, notamment en Grèce, au Portugal et en Irlande. Ses qualités ne seront pas de trop.

«Le talent exceptionnel de la ministre Lagarde et sa grande expérience seront des atouts incalculables pour cette institution indispensable en un moment critique pour l’économie mondiale»,  a réagi le secrétaire au Trésor des Etats-Unis Timothy Geithner.

Cette élection, elle la doit à la France et à Nicolas Sarkozy en particulier, mais aussi à sa personnalité et ses qualités personnelles. En cette année de présidence du G8 et du G20 par la France, gageons que cette élection permettra de stabiliser la crise de la dette et faire avancer l’idée d’un gouvernement économique mondial.

La parité perdante au sein du Gouvernement

La France donne une directrice générale du FMI, unanimement reconnue mais perd une excellente ministre de l’Economie que beaucoup de pays nous enviaient. Il n’est pas certain que le nouveau ministre, François Baroin ait l’envergure et le talent de son illustre prédécesseur. Au plan politique, ce départ du gouvernement est d’autant plus dommageable que les tensions entre les prétendants risquent de laisser des traces. La cohésion gouvernementale ne va-t-elle pas en pâtir ?

Si Valérie Pécresse hérite finalement du ministère du Budget, elle n’a pas réussi à succéder à Mme Lagarde. Elle met cependant un pied dans la forteresse de Bercy. La grande perdante du dernier remaniement ministériel n’est autre que la parité. Indiscutablement, force est de constater que la place des femmes au sein du nouveau Gouvernement a sensiblement régressé.

Si l’élection de Christine Lagarde est une excellent nouvelle pour le FMI, il n’est pas certain que son départ soit un avantage pour la France, tant au plan intérieur qu’à l’international. Espérons qu’il n’en sera rien et que la rigueur et la cohérence économique et financière seront au rendez-vous dans les prochains mois.

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