Syrie : quand le monde assiste impuissant au massacre de tout un peuple par le régime dictatorial de Bachar al Assad

En dépit des interdictions, des arrestations et des nombreux morts sous les balles des services de sécurité, depuis bientôt deux mois, le peuple syrien ne cesse de manifester massivement sa réprobation contre le régime dictatorial des Bachar al Assad pour exiger son départ immédiat. La ville de Derra est au centre de la contestation et le berceau de la révolution syrienne : plus de 3 000 personnes y ont récemment demandé la levée du siège. A Banias, des centaines de manifestants ont défié le régime en manifestant au cœur de la ville assiégée. Une nouvelle fois, ils ont scandé des slogans appelant à la chute du dictateur Assad.

Les nombreux militants opposés au régime syrien semblent plus déterminés que jamais malgré les promesses de libération du pouvoir et l’intensification des arrestations dont le nombre est évalué à plus de 1 000 pour les seuls premiers jours de mai, notamment à Deraa. Une organisation des droits de l’homme a publié le chiffre de 2 843 personnes arrêtées depuis un mois toujours détenues et de 632 morts. De son côté Amnesty International a évoqué le chiffre d’un millier de morts. L’ONG a dénoncé la torture subie par les manifestants arrêtés et déclaré : « Les informations sur les détenus qui ont été torturés soulignent encore plus la nécessité pour le président Bachar al Assad, de mettre fin aux violentes attaques des services de sécurité contre son propre peuple. »

La répression du gouvernement syrien face à ces manifestations est en effet totalement disproportionnée : intervention de chars, tir directs sur les manifestants, arrestations massives et arbitraires, torture… Depuis le début des manifestations, le monde entier peut enfin voir au grand jour le vrai visage de la Syrie de Bachar al Assad : un état policier hautement répressif qui impose une dictature implacable et terrible à sa population qui n’a aujourd’hui d’autre alternative que de se rebeller et risquer sa vie pour tenter d’échapper à l’étau de leur prison syrienne. Une résistance admirable de tout un peuple qui n’aspire qu’à une chose légitime : retrouver sa liberté.

Pourquoi si peu de réaction face aux agissements inadmissibles et criminels de la dictature syrienne ?

On est ici bien loin des gentilles révolutions tunisiennes et égyptiennes qui se sont terminées sans grands dégâts pour les populations. En Libye, face aux bombardements aériens des civils par les forces armées de Kadhafi, la communauté internationale avec l’aval des Nations Unies, a décidé d’intervenir pour éviter le massacre. En Syrie, l’attitude des forces de sécurité et de l’armée à l’encontre des manifestants sans armes est bien plus disproportionnée, comme en atteste les milliers de victimes et d’arrestations. Pourtant la communauté internationale paraît ici sourde et aveugle et tous les médias occidentaux sont interdits en Syrie. Pourquoi deux poids, deux mesures, entre la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Assad ?

Manifestement, contrairement à la Lybie, le non respect des droits de l’homme et le massacre de civils innocents en Syrie ne semblent pas à eux seuls une raison suffisante pour motiver une intervention militaire, alors même que ce pays est connu pour  soutenir activement de nombreux groupes terroristes. Ici, la géopolitique et les intérêts semblent guider l’action. La Syrie est en effet au cœur d’une zone géographique très sensible où se mêlent de nombreuses problématiques : ses relations avec ses voisins, l’Iran, le Liban et Israël, mais aussi la question kurde…

De plus, une intervention militaire, outre le fait qu’elle risque de ne jamais être autorisée par l’ONU en raison du véto de la Russie, allié traditionnel de la Syrie, paraît très délicate à mettre en œuvre au regard des moyens colossaux qu’elle requerrait, sans commune mesure avec ceux mobilisés pour l’intervention libyenne. En effet, la Syrie reste un pays extrêmement militarisé et structuré avec plus de 4 000 chars, 400 avions de combat et de 300 000 hommes bien entrainés !

Les Etats-Unis ont accusé Damas de barbarie et demandé à « M. Assad de cesser toute violence contre les manifestants innocents. Le président Nicolas Sarkozy a lui appelé à infliger « les sanctions les plus sévères pour punir la répression inacceptable. » En attendant, l’ambassadeur de Syrie en France a été convoqué le 27 avril au ministère des affaires étrangères pour se voir signifier la réprobation de la France. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont agi de manière semblable. Pas sûr que cela suffise.

Combien de temps va-t-on rester sans réagir face au massacre du peuple syrien par la dictature de Bachar al Assad ?

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