Grand Rodez : l’avenir de l’agglomération compromis par l’incapacité des élus à impulser et poursuivre son développement

Plus de trois ans après l’élection du nouveau Conseil d’agglomération du Grand Rodez, en avril 2008, il faut bien avouer qu’il ne s’est pas passé grand-chose, à part la poursuite de quelques projets lancés par l’équipe précédente. Son nouveau président, M. Ludovic Mouly  reste extrêmement discret sur les dossiers en cours, en supposant qu’il en existe, et plus généralement sur la politique suivie par l’agglomération. Tout laisse d’ailleurs à penser qu’il n’y a pas de véritable projet et que le pilotage se fait à vue, au gré des vents et de l’influence des uns et des autres.

L’impuissance et la paralysie de l’agglomération du Grand Rodez depuis 3 ans tranchent singulièrement avec le dynamisme et les importantes avancées de celle-ci au cours des vingt dernières années qui avaient largement contribué au développement et l’expansion du Grand Rodez. Il est vrai que, jusqu’en 2008, la communauté d’agglomération travaillait dans une ambiance sereine avec l’ensemble des élus de toutes les communes, petites et grandes et de tous bords politiques, dans un esprit positif au profit d’un projet de développement global et cohérent de l’agglomération.

Depuis 2008, tout cela semble bien loin et l’agglomération, autrefois lieu de dialogue et de rassemblement, est devenu un lieu d’affrontement où quelques communes, notamment les plus importantes telle Rodez, n’ont de cesse de vouloir imposer leurs vues aux autres. Inutile de revenir ici sur les tiraillements et autres règlements de comptes politiques au sein de la gauche pour le contrôle de l’agglomération. Les équilibres entre les communes, pourtant souvent du même bord politique, sont aujourd’hui rompus et les tensions persistent au sein de la communauté d’agglomération. Dans ces conditions, difficile de construire des projets consensuels et porteurs de développement pour la collectivité toute entière.

Très récemment pourtant, Ludovic Mouly, le président de l’agglomération et Christian Teyssedre, le maire de Rodez, ont fait la paix le temps d’une intervention publique pour dénoncer le projet résultant de la réforme territoriale en cours, tel que proposé récemment par les autorités préfectorales de l’Aveyron. A les entendre, les travaux issus de la commission départementale de coopération intercommunale, présidée par la préfète de l’Aveyron, ignoreraient purement et simplement l’agglomération du Grand Rodez. En effet, contrairement à ce qui se passe un peu partout en France et dans la région, dans le projet actuel, aucune nouvelle commune ne prévoit d’intégrer l’agglomération du Grand Rodez.

Une exception aveyronnaise que l’on ne retrouve pas ailleurs où la réforme territoriale prévoit le plus souvent, au contraire, de renforcer le poids des agglomérations existantes en encourageant les communes plus ou moins proches à intégrer la communauté d’agglomération. Ces dernières se verraient ainsi confortées et étendues, portant souvent le nombre de communes membres de l’intercommunalité à plus de 30, voire même plus de 60. Ce serait le cas de la plupart des zones urbaines voisines telles Albi, Montauban et Castres qui verraient leur population approcher ou même franchir la barre des 100 000 habitants.

Dans le projet actuel de réforme territoriale, la communauté d’agglomération du Grand Rodez, forte de 8 communes représentant 56 000 habitants, resterait figée dans sa configuration initiale alors que sa zone d’influence urbaine s’étend pourtant à prés de 100 000 habitants, si l’on prend en compte les cantons satellites de Bozouls, Marcillac-Vallon, Baraqueville, Pont-de-Salars… En l’état, voilà effectivement une situation pour le moins inquiétante pour l’avenir de l’agglomération ruthénoise. Mais plutôt que de gesticuler à tort et à travers et d’accuser la préfète de l’Aveyron, le président de l’agglomération et le maire de Rodez qui n’ignoraient rien de la mise en place de la réforme territoriale et de ses enjeux depuis plus d’un an, auraient été mieux inspirés de travailler à renforcer l’unité et l’attractivité de l’agglomération. Aujourd’hui, il est un peu tard pour pleurnicher.

Qu’ont fait les élus du Grand Rodez pour favoriser l’extension de l’agglomération depuis 2008 ? Strictement rien hélas ! Au contraire, ils ont largement participé à sa division qui pourrait, à terme, conduire à son implosion. Beau travail messieurs les élus du Grand Rodez ! Il eut en effet été difficile de faire pire. Et dire qu’un certain Christian Teyssedre, durant la campagne municipale de 2008, se faisait fort d’étendre le périmètre de l’agglomération du Grand Rodez à un grand nombre de communes voisines…. A l’en croire, l’extension de l’agglomération s’était chose acquise d’avance. Trois ans plus tard, force est de constater que voilà encore un dossier qui a fait  pschitt… ! Plutôt que d’accuser une fois encore les autres de tous les problèmes, M. Teyssedre serait mieux inspiré de balayer devant sa porte et de faire son mea-culpa. Les seuls responsables de cette situation, ce sont les élus de l’agglomération du Grand Rodez, à commencer par son président et lui-même.

Devant l’incapacité de l’agglomération à conduire une véritable politique territoriale dans le respect de l’intérêt et de la diversité des communes qui la compose, et face aux conflits entre certains élus ces derniers mois, comment peut-on imaginer un seul instant que des communes voisines aient envie de sceller leur avenir à celui du Grand Rodez ? Manifestement, aucune collectivité, même de gauche, n’a souhaité rejoindre la pétaudière du Grand Rodez. On ne peut hélas que les comprendre au vu de la situation actuelle. En aucun cas, , ni la préfète de l’Aveyron, ni l’Etat, ne sauraient être responsables du manque d’attractivité du Grand Rodez vis-à-vis des communes voisines car la réforme territoriale, sauf cas très particulier, ne saurait imposer à des communes de rejoindre une structure intercommunale contre son avis.

Dans ce contexte, on voit mal comment la réforme territoriale pourrait profiter à l’agglomération du Grand Rodez. Encore une situation qui lui échappe et qui risque de lui coûter fort cher pour son développement futur. Par incompétence et mauvaise gouvernance, les élus de l’agglomération conduisent la communauté d’agglomération du Grand Rodez à l’isolement et à l’échec. C’est tout simplement dramatique.

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