Rodez : les dossiers à « emmerdement maximum » ou l’aveu d’impuissance

Le 8 mars 2011, se tenait une réunion du Conseil municipal de Rodez. En guise d’introduction de séance, une motion a été soumise en soutien aux sinistrés du Japon et pour demander un grand débat national sur l’avenir de l’énergie en France, suite à la catastrophe nucléaire à laquelle doit faire face ce pays.

Une motion qui ne pouvait qu’avoir l’assentiment des membres du conseil municipal. Si le maire a apporté son soutien à cette motion, une fois de plus, il n’a pu s’empêcher d’en rajouter une couche en se lançant dans un discours pro-nucléaire, allant jusqu’à affirmer que les risques nucléaires en France n’étaient pas comparables avec ceux du Japon. On entend là le discours bien rodé et cher au syndicaliste d’EDF qu’il a été. Probablement un vieux réflexe, mais que connaît-il de ce dossier, comme d’autres ? Les écologistes qui siègent au conseil municipal à ses côtés, ont du particulièrement apprécier de telles affirmations, eux qui militent ni plus ni moins, pour la sortie immédiate du tout nucléaire ! Après Fukushima, et tous les autres accidents, comment peut-on oser affirmer que les risques nucléaires en France sont faibles ? Voilà encore un sujet sur lequel M. Teyssedre aurait gagné à rester silencieux !

Après avoir félicité Bernard Saules pour son élection au Conseil général du canton de Rodez-Est, M. Teyssedre s’est empressé de faire remarquer son absence à la séance du Conseil municipal, oubliant au passage que ce dernier s’était excusé pour raisons professionnelles et avait donné procuration à sa collègue Régine Taussat. C’est aussi oublier que les élus de droite exercent habituellement une activité professionnelle, par toujours facile à concilier avec un mandat politique, contrairement aux élus de gauche qui sont habituellement des professionnels de la politique. Voilà qui est de bonne guerre en ces temps de tensions à gauche : un peu de diversion ne fait pas de mal, après l’échec du candidat socialiste sur ce même canton.

Deux sujets ont concentré l’attention de l’assistance. La future école de Bourran et le fameux dossier de l’îlot Balard : le serpent de mer de la municipalité.

Concernant la nouvelle école de Bourran que la municipalité s’est engagée à construire pour remplacer celle de Calcomier,  le maire a reconnu qu’il devait faire face à des contre-temps et que les choses n’avançaient pas comme il l’entendait. Après l’acquisition des terrains le long du mail, voici plus d’un an, pour la coquette somme de 1.5 millions d’euros, voilà maintenant que l’on découvre que le dossier est bloqué parce qu’il reste une bande de terre de quelques mètres carrés qui n’ont pas été acquis et qui partagent la parcelle en deux. La mairie reconnaît ne posséder que 98% de la superficie mais n’entend pas perdre le bénéfice de cet investissement pour le moins couteux.

On se rappelle que la municipalité avait préféré s’engager dans la réalisation de deux écoles au lieu d’une seule prévue, initialement au milieu de l’avenue Boscary Monsservin, entre les quartiers de Saint Félix et de Bourran. Outre le coût très élevé de l’acquisition des terrains à Bourran, le nouvel emplacement parait fort mal indiqué pour une école primaire, en bordure d’un mail à double voie de circulation et très fréquenté, avec des difficultés de stationnement et une pollution intense qui ne va que s’amplifier. Qu’à cela ne tienne, si M. Teyssedre reconnaît des difficultés dans la gestion du dossier, il persiste contre vents et marées. Quoi qu’il arrive et même si au final, l’école doit être confinée sur une petite parcelle, elle sera bien construite d’ici la fin du mandat quoi qu’il en coûte. Peu lui importe le résultat final et l’intérêt des enfants, pourvu que sa promesse électorale soit respectée !

L’Îlot Balard, ce long fleuve tranquille qui alimente les conversations des ruthénois et les débats du conseil municipal depuis 3 ans, n’en finit pas d’être reporté et de subir des modifications incessantes.  Un dossier avec des « emmerdements maximum » pour la municipalité qu’il faut malgré tout gérer, tellement les habitants du quartier n’en peuvent plus des voltes-faces successives et autres reculades de la mairie. M. Teyssedre a confirmé qu’il n’y aurait pas de halle couverte puisque aucun commerçant, sédentaire ou non, ne semble en vouloir. Après l’étrange exploration d’une piste de skate voici quelques mois, il évoque maintenant l’idée d’y réaliser un espace dédié aux artisans de l’art de Rodez ! En demain ?

Pour le reste, le dossier semble bel et bien  bloqué et les travaux d’aménagement de l’îlot Balard ne sont pas pour demain. Après avoir renoncé à poursuivre le projet « Cité, cœur de ville » finalisé par l’équipe précédente, qui selon elle était définitivement ficelé et prêt à démarrer dés 2008, l’équipe Teyssedre n’en finit pas de s’embourber dans ce dossier sans fond en accusant son prédécesseur d’être à l’origine des difficultés actuelles. Selon le maire, certains immeubles n’ayant pas été acquis dans le cadre de la déclaration d’utilité publique, ne peuvent plus l’être aujourd’hui dés lors que celle-ci a pris fin. 3 ans après, la ficelle est un peu grosse à avaler et les ruthénois s’impatientent de ne rien voir venir pour remplace le projet « Cité cœur de ville » et revitaliser le centre-ville.

Plus étonnant, encore voilà maintenant que les Bâtiments de France s’opposeraient à la destruction de l’immeuble Balard, qui devait permettre d’ouvrir l’espace Balard sur la place de la cité. Bien étrange alors que jusque là, personne ne s’était jamais opposé à cette destruction. Voilà, en tout cas, qui arrive à temps pour justifier le blocage du dossier de réaménagement du quartier. Plus amusant, on affirme dorénavant que ce bâtiment datant du début du 20ème siècle, sans aucun intérêt architectural, s’inscrirait dans un projet de préservation du patrimoine du centre-ville. Manifestement, tous les moyens sont permis pour expliquer l’impuissance de la mairie à conduire ce projet majeur de réaménagement du centre-ville.

Voilà qui en dit long sur l’incapacité de la municipalité socialiste à faire avancer les dossiers majeurs pour le développement du centre et de la ville de Rodez en général. On n’a pas fini de faire avaler des couleuvres aux ruthénois !

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