Cantonales 2011 : le parti socialiste aveyronnais atomisé par Jean-Claude Luche

Le 2ème tour des élections cantonales en Aveyron a confirmé les résultats du 1er tour, à savoir, la nette victoire de la majorité départementale du Conseil général, conduite par Jean-Claude Luche. Avec 10 élus dés le 1er tour, y compris dans les cantons réputés « délicats » de Pont-de-Salars, Montbazens, Campagnac ou Laissac et 5 sièges au second tour, y compris Bozouls, Nant et Rodez-Est (ce dernier étant pris à la gauche), la droite sort renforcée de ce scrutin avec 26 sièges contre 20 pour la gauche.  Ce succès qui n’était pas assuré est incontestablement une victoire pour Jean-Claude Luche, réélu dans un fauteuil à la présidence du Conseil général. Il apparaît aujourd’hui comme l’homme fort de la droite dans le département.

Dans cette élection, la gauche a perdu ses illusions et rapidement reconnu sa défaite. Pourtant, à quelques semaines du 1er tour, elle n’avait cessé de pilonner Jean-Claude Luche, le président du Conseil général sortant l’accusant de tous les maux. Elle affirmait haut et fort à qui voulait l’entendre que le département de l’Aveyron allait basculer à gauche et rejoindre ainsi les 7 autres départements de la région Midi-Pyrénées. Les candidats de gauche rivalisaient d’ailleurs pour annoncer leur candidature à l’élection de la présidence ; de Guy Durand, le maire de Millau en passant par Anne-Marie Escoffier, la sénatrice qui voulait ratisser plus large. Sans porter de véritable projet, ils se voyaient déjà à la tête du Conseil général,

Il faut dire qu’après les multiples déroutes subies par la droite et le centre dans ce département depuis 2008 (la gauche avait emporté les mairies de Rodez et Millau et deux sénateurs, après élimination des ténors de la droite locales : Jean-Puech, Jacques Godfrain et Marc Censi), elle pensait probablement poursuivre sur sa lancée et arracher ainsi le grand chelem politique sur l’un des départements français habituellement classé à droite. C’était aller un peu vite en besogne et sous-estimer les électeurs qui sont seuls maîtres de leur vote et qui ne se prononcent pas uniquement en fonction de leurs préférences politiques. Manifestement, les aveyronnais n’ont pas voulu mettre leurs œufs dans le même panier, d’autant que depuis l’élection de Christian Teyssedre et de Guy Durand aux mairies de Rodez et Millau, à mi-mandat, les résultats sont loin d’être satisfaisants.

Manifestement, ces derniers ont semble-t-il oublié qu’ils devaient davantage leur élection à l’usure, aux divisions et à l’éclatement de la droite aveyronnaise qu’à leurs propres qualités. Plus grave aux yeux des aveyronnais, les querelles et autres règlements de comptes au sein de la majorité de gauche de ces derniers mois, notamment à la mairie de Rodez et à l’agglomération du Grand Rodez, ont passablement terni l’image de celle-ci et réveillé les ardeurs de certains électeurs de gauche passablement écœurés par la tournure des évènements. Pas sûr que les choses se calment dans les mois à venir ! Comment peut-on valablement travailler et préparer l’avenir dans une telle ambiance ?  Les électeurs ont répondu par la négative.

Pour ces raisons, pour la première fois depuis 2008, ces élections cantonales 2011 ont marqué un sensible recul de la gauche en Aveyron. La reconquête politique à gauche paraît aujourd’hui stoppée alors que la droite est encore convalescente et se cherche toujours. Cette dernière ne doit d’avoir conservé le Conseil général dans son camp politique qu’à la ténacité et au bon bilan de son président sortant Jean-Claude Luche.

L’échec de la gauche aveyronnaise repose sur une abstention relativement importante de son électorat, déçu par l’attitude du parti socialiste, notamment à Rodez et Millau. D’ailleurs la perte du canton de Rodez-Est par Stéphane Bultel (PS) au profit de Bernard Saules (DVD), ne doit pas grand-chose aux candidats, mais davantage au ressentiment d’une partie des électeurs de la gauche modérée envers le maire de Rodez, Christian Teyssedre. La droite ruthénoise peut lui dire un grand merci car il a été un excellent allié. Saura-t-elle en profiter ? A Millau, le mécontentement à l’encontre de son maire Guy Durand a été mis en évidence par la réélection, de justesse et au 2ème tour seulement, du candidat PS face à un candidat peu connu à droite. Le PS a évité de justesse la correction.

Lors de ces élections cantonales, les électeurs ont sorti le carton rouge aux maires des deux principales villes ; sauront-il en tirer toutes les conséquences d’ici 2014. A défaut, le parti-socialiste aveyronnais à quelques soucis à ce faire.

Prochainement : Cantonales 2011, quels enseignements pour la droite et le centre en Aveyron

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