France : l’abstention a été la grande gagnante du 1er tour des élections cantonales 2011

Les résultats du 1er tour des élections cantonales du dimanche 20 mars ont marqué un nouveau record historique du niveau d’abstention qui s’est établi à 55,60 % des inscrits. Dans un pays de râleurs et autres mécontents permanents, ce refus de participer à la vie démocratique ne peut que surprendre. Comment peut-on critiquer la classe politique et la manière dont sont conduites les affaires du pays si l’on refuse de s’exprimer le moment venu ? Bien curieuse attitude des abstentionnistes alors que tant de pays à travers le monde rêvent de pourvoir exercer ce droit démocratique élémentaire ! D’autant que les Conseils généraux exercent des missions qui touchent à la vie de tous les jours (solidarité, aide aux personnes âgées, collèges, transports, infrastructures routières, économie…).

Même si les élections cantonales n’ont qu’un enjeu local, cette faible participation des électeurs n’est pas très rassurante pour la vitalité de notre démocratie et notre capacité à affronter la difficile période qui est la nôtre. Manifestement la peur de l’avenir et le repli sur soi semblent avoir pris le dessus sur la confiance et l’espoir.  Pourtant, à y regarder de plus prés, la France n’est-elle pas l’un des pays de la vieille Europe qui s’en sort pas si mal et qui a su, jusqu’à aujourd’hui, conserver son avantageux système social et de solidarité qui coûte pourtant si cher à la collectivité ? Les français se comporteraient-ils comme des enfants gâtés ?

Le taux élevé d’abstentionnisme présente deux inconvénients majeurs. D’une part, il discrédite les formations politiques traditionnelles et nuit gravement à la vie politique nationale et, d’autre part, il favorise l’émergence de partis extrémistes qui ne font que surfer sur la vague de mécontentement du moment. Avec 25% pour le PS et 18% seulement pour l’UMP, les résultats 2011 marquent un des plus bas niveaux des partis de gouvernement. Même s’il faut atténuer le faible score de l’UMP du fait que de nombreux candidats ont préféré l’être sous la rubrique des  « divers-droite » ou autres « sans-étiquette », les résultats demeurent très inférieurs au score habituel de ces partis, généralement entre 28% et 35%.

Le plus inquiétant ce n’est pas que de nombreux électeurs appartenant aux classes dites « populaires » aient déserté l’UMP pour rejoindre le FN, parti d’extrême droite qui ne propose pourtant aucune alternative aux problèmes des français et se contente de moissonner les mécontents. C’est plutôt que le PS ne soit pas en mesure de récupérer une partie de ces électeurs dont un certain nombre se situent à gauche. Les raisons de ce mécontentement sont pourtant bien connus : problèmes liés à l’augmentation de l’immigration, insécurité croissante, problèmes de chômage et de précarité en général… Le message est clair : ces votes protestataires visent à interpeler les partis politiques traditionnels pour leur faire savoir leur mécontentement au vu des maigres résultats obtenus dans ces domaines par le gouvernement et du manque de projet clair et lisible du parti socialiste sur ces sujets.

Car si la droite ne paraît pas convaincante aux yeux d’un grand nombre d’électeurs, à leurs yeux, le PS ne fait finalement guère mieux. C’est la raison pour laquelle cet électorat fluctuant échappe à l’un et à l’autre pour se reporter majoritairement sur le parti d’extrême droite. Il est donc vital pour les formations traditionnelles de retrouver leur attractivité afin de réintégrer ces électeurs en leur sein. Plus qe des discours, les électeurs attendent des actes concrets.

Dans ce contexte, la question de savoir si les partis traditionnels éliminés du 2ème tour des élections cantonales par le FN, doivent ou non donner des consignes de vote en faveur du candidat PS ou UMP restant en lisse, paraît dépassé et manifestement contre productif. Il n’est d’ailelurs pas certain que ce type d’alliance contre nature, soit vraiment efficace pour lutter contre l’extrême droite. Au contraire, elle risque de favoriser un peu plus le vote protestataire. Au final, n’est-ce pas d’abord aux électeurs de décider eux-mêmes de leur vote en toute âme et conscience et non aux politiques de leur dicter le bon choix ?

Le meilleur moyen de lutter contre la montée des extrêmes exige par ailleurs que les élus de la nation soient exemplaires. Le débat actuel sur les consignes de vote au second tour des cantonales n’est que gesticulation politicienne et médiatique stérile et trahi le désarroi actuel des forces démocratiques.

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